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 Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours

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Valmont
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Mar 29 Mar - 11:36

Citation:
pour vous livrer la suite comme promis a Valmont, j'espere pouvoir poster plus souvent la suite des aventures des mes perso preferes

Merci Raf !!!!!!!!!!! Si tu avais entendu le cris de joi en me rendant compte que apres deux mois d'attente j'avais la suite ! Tu me fera plus attendre deux mois dis ? EN tout cas j'aime toujours autant pauvre Raf......
cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers
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Lady Heather
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 9 Avr - 22:27

un petit passage ultra rapide pour vous donner la suite des evenements
enjoy the ride
bisous
Raf
************************************************************
***

Raf était allongée, le dos tourné à la porte. Elle ignorait totalement le personnel de l’hôpital qui allait et venait et avait à peine touché à son petit déjeuner. Le regard rivé sur la fenêtre, elle essayait de comprendre comment sa vie avait pu basculer de la joie la plus totale au désespoir le plus complet. Daniel allait partir sans se retourner et Valérie allait s’en aller aussi. Les deux piliers sur lesquels elle avait basée sa vie l’abandonnaient. Elle se sentait tour à tour en colère, frustrée et au bord du gouffre. Elle avait été blessée d’apprendre le départ de Val par hasard, elle lui en voulait de son silence. Elle pensait pouvoir lui faire confiance, elle pensait que quoi qu’il puisse se passer, Val serait toujours honnête avec elle mais elle avait préféré se taire et ne rien dire jusqu'à que plus rien ne puisse faire changer les choses. Il était sûr que si Raf avait su, elle aurait peut-être essayé de raisonner son amie, elle l’aurait peut-être dissuadée de commettre cette folie. Mais on ne lui avait pas laissé le choix et on la mettait devant le fait accompli, si c’était cela faire partie d’une famille comme le lui avait assuré tant de fois Ilia, elle n’en voulait pas. Pour elle qui avait été rejetée tour à tour par son frère et sa sœur aînée, ou sa famille de sang se réduisait à un membre, sa mère, le dialogue constituait une chose essentielle tout comme les marques d’affection qu’elles soient petites ou grande. Le fil de ses pensée fut interrompu par le médecin.

— Bonjour, fit-il avec un léger sourire, je vois que vous avez meilleure mine que quand on vous a amené hier soir. Comment vous sentez-vous ?
— Mieux je suppose. Quand est-ce que je pourrais rentrer chez moi ?
— Aujourd’hui même si vous me promettez de vous ménager et de prendre soin de vous. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup que vous ne restiez pas seule, du moins pendant quelques jours.
— Je vais aller rendre visite à ma mère dès que je sortirais d’ici
— C’est une bonne idée, rien ne vaut la chaleur des bras d’une mère. J’ai reçu les résultats de vos examens sanguin.
— Et ?
— Votre taux de sucre est un peu bas… Est-ce que vous vous nourrissez correctement ?
— Pas vraiment, reconnu Raf. En ce moment la seule vue de la nourriture suffit à me donner des nausées.
— Vous avez des vertiges aussi ?
— Oui, comment le savez vous ?
— Ce n’est pas étonnant dans votre état.
— Mon état ? De quoi parlez vous docteur ?
— Vous êtes enceinte mademoiselle. Vous en êtes à six semaines
— Enceinte ? ? Murmura Rafaela abasourdie. Ce n’est pas possible , je prend la pilule et nous faisons toujours très attention.
— Cela n’a pas l’air de vous réjouir ?
— Vous m’auriez dit cela il y a un mois, vous auriez fait de moi la plus heureuse des femmes, mais là… Je ne peux pas le garder, je ne veux pas avoir un enfant sans père, je sais ce que cela fait de ne pas avoir une figure paternelle à ses cotés. Et puis comment je ferais toute seule ? Non, non, ce n’est pas possible.
— Ne hâtez pas votre décision, laissez vous le temps de réfléchir.
— Non, après il sera trop tard, est-ce que vous pourriez arranger un rendez vous pour…
— Une IVG ?
— Oui, s’il vous plaît. Je vous promet d’y réfléchir, j’annulerais même le rendez-vous si je change d’avis mais je vous en prie, supplia-t-elle, je ne peux pas garder cet enfant et je sais que si je le mets au monde, jamais je ne pourrais m’en séparer.
— D’accord, je vais voir ce que je peux faire, mais calmez-vous et reposez-vous. Je repasserais tout à l’heure, si vous avez besoin de quoi que ce soit appuyez sur le bouton.
— Docteur ?
— Oui ?
— Je vous en prie, ne parlez de ma grossesse à personne. Je veux pouvoir penser tranquillement sans que tout le monde ne chercher à « m’aider ».
— D’accord, si c’est ce que vous voulez.

Le médecin sortit de la chambre en secouant la tête. Comment pouvait-on être désespérée au point de ne pas vouloir d’un enfant qui, en temps normal, aurait été désiré ? Raf se tourna de nouveau vers la fenêtre. Elle avait toujours espéré avoir un enfant mais pas comme cela, pas seule. Le médecin revint deux heures plus tard avec tous les papiers pour lui rendre sa liberté. Elle s’habilla avec l’aide d’une infirmière, la paume de sa main étant un peu douloureuse, puis prit un taxi pour rentrer chez elle. Elle était assez contente de n’avoir vu ni Valérie, ni Daniel. Elle ne souhaitait pas les voir en ce moment. Elle prépara un petit sac de voyage et se rendit à la gare. Elle appela son patron et lui expliqua la situation. Celui-ci n’était pas enchanté qu’elle s’en aille comme cela, en plein milieu du bilan, mais il pouvait comprendre que sa santé passait avant tout, puisque avec sa main droite bandée, elle était incapable de tenir un stylo. Elle avait devant elle quinze jours d’arrêt maladie. Elle avait décidé de passer au moins une bonne semaine chez sa mère pour se faire dorloter, même si les questions ne manqueraient pas de pleuvoir.

*** Fin chapitre 17

Quand Val vint rendre visite à son amie dans l’après-midi, elle trouva la chambre vide. Paniquée, elle alla voir une infirmière qui lui affirma que son amie avait quitté l’hôpital. Simon arriva devant la chambre, accompagné de Largo, quand il vit Valérie revenir du bureau des infirmières.

— Ce n’est pas la peine de te fatiguer, elle est partie.
— Comment cela partie ?
— Le médecin l’a laissée rentrer chez elle ce midi.
— Et tu n’étais pas au courant ?
— Non, elle ne m’a rien dit. Mais qu’est-ce qu’elle a dans la tête, bon sang ! S’énerva Val.
— Eh si elle est rentrée, c’est qu’elle va mieux, non ? Intervint Largo. Elle a peut être juste eue envie d’être un peu seule. Le médecin vient de relâcher Simon, si nous allions lui rendre une petite visite chez elle ?

Tous deux acquiescèrent. Ils montèrent dans le 4X4 de Largo. Dans un silence pesant, ils se dirigèrent vers Bois Colombes où ils espéraient bien raisonner et sermonner Raf. Le milliardaire gara sa voiture sur la place de l’hôtel de ville où, par miracle, il y avait une place de libre. D’un pas pressé, ils passèrent devant la boutique d’électroménager, le petit square et la Poste avant d’arriver devant la porte de l’immeuble nouvellement repeinte en vert foncé. Simon fit le code et ils entrèrent, traversèrent la cour où des ouvriers aménageaient une sorte de local à poubelle, et montèrent directement au deuxième. Val sonna mais personne ne répondit, elle insista et comme elle n’obtenait toujours aucune réponse, elle sortit son trousseau de clés. Quand ils entrèrent Simon et Valérie surent qu’elle était passé par-là, une veste traînait sur le canapé, un sac à main vide reposait abandonné sur le lit et sur le haut de l’armoire, il manquait la petite valise à roulettes qu’elle emportait quand elle voulait voyager léger.

— A tous les coups, elle est allée se réfugier chez sa mère, murmura Val.
— Pourquoi se réfugier ? Et pourquoi elle a l’air de se cacher ?
— Simon, si on continuait cette conversation chez toi ? Dit Largo en voyant son ami pâlir.
— Oui, c’est une bonne idée, j’ai besoin d’un bon café.

Val referma la porte à clé, non sans avoir auparavant jeté un coup d’œil aux messages sur le répondeur mais il n’en affichait aucun. Elle rejoignit les deux hommes et se laissa tomber sur le fauteuil à coté du lit tandis que le milliardaire prenait place sur celui d’en face. Simon revint avec un plateau que Val reconnu comme appartenant à Raf chargé de tasses pleines de café. Il posa le tout sur la table basse.

— Tu n’as pas répondu à ma question Val, pourquoi Raf a l’air de nous fuir ? En ce qui me concerne, je la comprends tout à fait, mais toi ?
— Il se trouve que, soupira la jeune femme, je lui ai caché quelque chose et qu’elle l’a appris par le plus grand des hasards. Autant te dire qu’elle n’est pas contente du tout.
— Et qu’a-t-elle appris de si grave que cela provoque une telle crise ? Parce qu’il en faut quand même beaucoup pour vous fâcher. Depuis que je vous connais, cela n’est jamais arrivé.
— C’est vrai…. C’est la première fois qu’elle est à ce point en colère contre moi.
— Pourquoi ? Qu’est-ce qui peut être aussi grave pour qu’elle s’enfuie comme ca ! Je pensais qu’elle allait habiter chez vous pendant sa convalescence.
— Oui, et c’est ce qui aurait dû se passer si…
— Valérie ?
— Ok. Ilia a reçu une offre qu’il ne peut pas refuser. Son cabinet d’architecte s’est vu proposer une association avec un cabinet basé à New York, afin de développer une filiale commune qui se spécialiserait dans les bâtiments publics.
— Et vous n’avez rien dit à Raf ?
— Non, on s’est dit qu’il valait mieux attendre que cela soit sûr.
— Mauvais calcul, murmura Largo.
— Vous ne pensez pas si bien dire. Même si elle n’a rien dit, mis à part les quelques mots murmurés hier soir dans la chambre d’hôpital, je crains le pire.
— C’est pour cela qu’elle a dit que nous allions tous l’abandonner, ce qui veut dire que…, réalisa Simon.
— Que ?
— Qu’elle sait que Largo m’a demandé de revenir à New York et que j’ai accepté avec une condition.
— Comment le saurait-elle ? Demanda le milliardaire.
— Je suppose qu’elle a dû vous entendre parler, expliqua Val.
— Quand ? Elle n’est jamais venue à l’hôpital depuis que je suis sorti du coma.
— Si, elle devait y passer hier après son travail.
— Et tu crois que…
— Qu’elle vous a entendu ? Avec la chance que l’on a ? Oui, c’est certain.
— Alors elle a dû aussi entendre que je refusais de partir sans elle.
— Pas forcément, objecta Largo. Si elle t’a entendu dire que tu revenais, elle n’a peut-être pas voulu écouter la suite, se disant que cela ne servait à rien. J’imagine aisément le choc que cela a dû lui causer.
— Seigneur…. Je comprends maintenant son attitude quand elle est rentrée hier, on aurait dit qu’elle avait reçu un coup sur la tête, et je ne parle pas seulement de la nouvelle de notre déménagement.
— Pas étonnant qu’elle vous ait fui tous les deux, murmura Largo.
— Tu crois que si j’allais la voir et que je lui expliquais tout, cela changerait quelque chose, demanda Simon plein d’espoir.
— Je ne crois pas. A mon avis sa mère ne te laissera même pas entrer dans l’appartement, ni moi d’ailleurs. Il faut attendre qu’elle revienne, elle ne peut pas rester là-bas éternellement.
— Non, mais à mon avis, tête de mule comme elle est, cela ne va pas être facile de lui parler.

Largo regard tour à tour son meilleur ami et Valérie, ils semblaient tous deux perdus. Il commençait à comprendre pourquoi Simon était aussi réticent à repartir. Celui-ci se sentait déchiré entre l’Intel Unit, qui avait tenu une grande place dans vie, et sa nouvelle famille avec des gens simples et sans problèmes, mais peut-être que s’ils réussissaient à convaincre Raf, Simon et Val auraient leur famille au grand complet dans la grande pomme.

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 9 Avr - 22:28

Dans le train, Raf regardait le paysage sans vraiment le voir. Les mots du médecin se mélangeaient avec ceux de Daniel et des parents de Val. Pourquoi fallait-il toujours que tous ceux qui l’aiment l’abandonnent un jour ? Elle avait presque 34 ans, n’avait jamais vraiment eu d’histoires sérieuses, ou si peu, des histoires qui n’avaient duré que le temps d’un rêve et qui, tôt ou tard, se transformaient en cauchemars. Le contrôleur annonça Strasbourg et la jeune femme se prépara à descendre. Une fois n’était pas coutume, sa mère venait la chercher à la gare, elle devait avoir senti la détresse de sa fille. Etrangement elle ne dit rien, elle se contenta de prendre Rafaela dans ses bras et de la serrer très fort. Pendant toute cette semaine là, elle ne desserra pas les dents, ne répondant pas aux questions insistantes de sa mère. Elle passa son temps seule, à se balader dans la forêt ou à regarder les enfants jouer au bord de la gravière. Elle alla visiter la tombe de son père, mort quand elle était enfant. Elle y cherchait des réponses aux questions qui ne cessaient de la tourmenter et qui ne lui laissaient aucun repos. Le reste du temps, elle s’enfermait dans sa chambre, elle ne voulait voir personne. Valérie et Simon avaient tenté tous deux de la joindre par téléphone mais ils s’étaient vertement fait éconduire par la mère de la jeune femme qui les considérait comme responsable de l’état dépressif de sa fille. Finalement, Raf prit le combiné et leur demanda de la laisser tranquille et surtout de ne plus l’appeler. De plus, elle ajouta à l’intention de Daniel qu’elle ne comptait de toute manière plus le revoir, quoiqu’il arrive et que rien de ce qu’il pourrait dire, ou faire, ne changerait cet état de fait.

***

Simon ne se faisait plus d’illusions. Raf ne changerait pas d’avis, elle n’accordait que très peu sa confiance et une fois celle-ci rompue, il était plus qu’improbable qu’elle la lui redonne un jour. Elle avait été très claire avec lui, disant les choses avec autant de force qu’elle le pouvait, le blessant avec ses paroles aussi froides que de la glace, effaçant d’un coup dix-huit mois de bonheur. Ce fut dans un état proche de la désespérance qu’il prit le jet qui le ramena à New York. Il se raccrochait à la vague promesse de Val de tenter de raisonner celle qui avait été sa fiancée. S’il y avait un espoir pour si ténu qu’il fut, il s’y accrochait comme à un canot de sauvetage. A son arrivée au groupe W, il s’installa dans ses anciens appartements à coté du penthouse. Appartement dans lequel rien n’avait bougé depuis son départ, toutes ses affaires étaient à l’endroit où il les avait laissées. Seul le ménage avait été fait sans rien déranger du joyeux désordre qui y régnait. Après avoir dormi tout son saoul, il entreprit de remettre de l’ordre dans sa vie. Il commença par ranger et nettoyer son appartement à fond. Il fit le tri dans ses affaires, empaqueta les vêtements trop voyant pour les donner à une association de bienfaisance, fit une liste de tout ce dont il avait besoin. Puis il prit l’une des voitures du groupe pour se rendre à une réunion des Alcooliques Anonymes. Il savait qu’il avait tout à refaire mais il s’en sentait le courage. Il le devait à Raf, pour lui prouver qu’elle n’avait pas fait confiance à un vaurien. Il le devait à ses amis qui avaient de nouveau décidé de l’admettre dans leur univers et il se le devait à lui-même, s’il voulait continuer de se regarder dans une glace. Il prit aussi rendez-vous avec un thérapeute pour l’aider à surmonter ses idées noires qui refaisaient surface en l’absence de celle qui lui avait donné tout son appui. Il reprit son travail en tant que Chef de la Sécurité du Secteur International. Toutes ces activités l’occupaient pendant la journée et l’empêchaient de penser à ce qu’il avait perdu par sa seule faute. La nuit était plus difficile car les insomnies étaient nombreuses, les cauchemars fréquents et les appels à l’aide restaient sans réponses. Malgré cela, il tenait bon grâce, en partie, à Joy qui veillait à ce qu’il ne reste jamais seul très longtemps, à Largo qui prenait soin de ne jamais l’exclure du groupe comme il l’avait fait dans le passé. Même Kerensky y mettait du sien en se montrant moins impersonnel et froid quand le Suisse descendait au bunker pour faire une recherche.

***

Valérie était en colère. Non seulement son amie était revenue mais celle-ci continuait à jouer les fantômes. Elle ne répondait pas au téléphone que ce soit le fixe ou le portable, et ne se connectait plus sur Internet. Simon était parti quelques jours plus tôt, la mort dans l’âme. Elle l’avait accompagné à l’aéroport où, avant de monter dans l’avion, il lui avait fait promettre de veiller sur Raf. Cette après-midi là, il pleuvait des cordes et l’eau ruisselait sur les plantes fraîchement semées dans la cour intérieure de l’immeuble où Rafaela continuait à se cacher. M. Alfredo avait bien essayé de la faire parler mais celle-ci s’obstinait à rester enfermée toute la journée sans vouloir voir personne. Valérie monta avec précaution l’escalier nouvellement verni et s’arrêta devant la porte de son amie. Aucun bruit ne provenait de l’appartement et elle se demanda si le voisin ne s’était pas trompé en déclarant que celle-ci était à l’intérieur. Elle sonna et attendit. Au bout d’un petit moment elle entendit des pas, un bruit sourd et quelques jurons.

— Qui est là ? Demanda-t-elle à travers la porte.
— A ton avis ? Lança Val.

Elle entendit un soupir, une succession de cliquetis et la porte s’ouvrit enfin sur Raf. Valérie faillit ne pas la reconnaître. Elle était pâle, avait les traits tirés et les yeux hagards, signe qu’elle l’avait tirée d’une petite sieste improvisée.

— Salut.
— Qu’est-ce que tu veux ? Demanda celle-ci d’une voix glaciale tout en tournant ses yeux azur vers elle.
— Je voulais voir comme tu allais puisque tu t’obstines à jouer les autruches.
— Tu as vu ? Je ne suis pas morte, alors tu peux aller retrouver ta petite famille, dit-elle en refermant le battant de la porte. Tu dois avoir une tonne de chose à préparer pour ton prochain départ.
— Arrête ! Fit-elle en la bloquant et en entrant. Je ne suis pas encore partie.
— Et cela change quoi ? Tu vas l’être dans pas longtemps alors autant m’habituer tout de suite.
— Je suis désolée, ma puce, je ne voulais pas que tu l’apprennes comme cela. On comptait tout te dire mais….
— Mais quoi ? Tu voulais être sûre que je ne te mettrais pas de bâtons dans les roues ? Que je n’aurais plus mon mot à dire et que tu pourrais partir en toute tranquillité en ayant bonne conscience, en te disant que tu as fait de ton mieux pour « m’épargner » ? Parce que c’est ce que tu sous-entends, n’est-ce pas ? Tu voulais ne rien me dire avant d’être sûre, pour ne pas faire de peine à cette pauvre petite Raf. Et bien, je vais t’en apprendre une bonne ! Je n’ai pas besoin d’être maternée. Je suis assez grande pour me débrouiller toute seule. Tu veux partir ? Alors pars ! Mais ne comptes pas sur moi pour partager ton enthousiasme.
— Je t’en prie. Tu sais très bien que ce n’est pas parce que je serais loin que nous ne serons plus amies. On continuera toujours à se parler par Internet. Je ne pars pas au bout du monde !
— Ah oui ?
— Tu ne me crois pas ? Je ne t’ai jamais menti que je sache ?
— Ah bon et ce que tu as fait pendant toutes ces semaines où tu savais que tu allais partir et que tu faisais comme si de rien n’était, tu appelles cela comment ?
— Arrêtes, tu déformes tout !
— Ah ben voilà, c’est encore moi qui fait une montagne pour rien du tout. OK, comme tu voudras, fit-elle en fermant les yeux. Elle se sentait si fatiguée.
— Ce n’est pas ce que je voulais dire. Bon sang Raf, si on t’a rien dit, c’est justement parce que je savais bien que tu réagirais comme cela.
— Et tu comptais me le dire quand ? Quand tu aurais été confortablement installée dans ton nouvel appartement à New York ? Tu sais, tu es la première personne à qui j’ai autant fait confiance, tu es la raison première, avec l’espoir de trouver un boulot stable, pour laquelle je suis venue à Paris. J’avais enfin trouvé un peu de stabilité, de bonheur. Pour la première fois depuis longtemps, je commençais à me sentir bien avec moi-même, en sécurité. Mais c’est terminé tout cela, si j’avais su je serais restée à Strasbourg. J’aurais pas bougé de là-bas. D’ailleurs, c’est bien simple, je vais y retourner dès que j’aurais réuni l’argent nécessaire pour déménager.
— Et tu vas rester dans les jupons de ta mère advitam eternam ?
— Et alors quelle différence cela fera ? Je serais seule que je sois dans les jupons de maman ou pas alors ? On se tiendra compagnie.
— Tu dis des bêtises !
— Non, je ne dis que la stricte vérité parce que ce n’est pas toi qui va te retrouver seule, c’est moi ! Tu as TON mari, tu as TA fille, TON nouveau travail, et je te parie que tu m’annonceras dans pas longtemps un heureux événement, ben oui, faut bien pendre la crémaillère. Te connaissant, tu ne manqueras pas de te faire de nouveaux amis, à commencer par l’employeur de ton cher beau-frère, tu pourras même tenir compagnie à Daniel.
— Raf, je t’en prie, calme-toi ! S’exclama Val blessée par la vivacité des mots de son amie et étonnée par l’amertume qu’ils contenaient. Je suis ton amie, non, je suis même plus je suis ta SOIRA, je te considère comme cette sœur que je n’ai jamais eue. Tu ne comprends pas ? Tu crois que ça me fait plaisir de partir ? De tout quitter et de tout recommencer dans un pays dont je ne parle pratiquement pas la langue ? Qu’est-ce que je dois faire pour te faire comprendre que je t’aime, bon sang de bonsoir ! Que cette situation est entrain de me rendre folle ! Je t’en prie Raf, je ne veux pas que notre amitié soit gâchée par un malentendu.
— Un malentendu ? Tu appelles cela un malentendu ? Et je suis censée faire quoi ? Rester assise là, à attendre que tout s’en aille à vaux l’eau ? Applaudir bien fort à votre décision et vous dire que vous avez raison ? Ne comptes pas sur moi. Mais qui suis-je pour me permettre de te dire tout cela ? Personne…. Et comme la décision est déjà prise, pourquoi en discuter ? Alors pars la conscience tranquille, je m’en remettrais, un jour ou l’autre. Et ne t’inquiète pas pour notre amitié, elle mourra d’elle-même avec la distance.
— Tu dis des bêtises.
— Non, je dis la vérité et tu verras que j’aurais raison ! Dans un an tout au plus, tu verras que l’on aura plus rien à se dire. Combien de temps se passera-t-il avant que tu ne répondes même plus à mes appels ? Pas longtemps, je te l’assure. Alors tu vois, je prends les devants. Je me protège comme je peux.
— Bon tu as fini de jouer les victimes ! S’énerva Val.
— Victime ? Où tu vois une victime ?
— Juste devant moi. En tout cas si notre amitié s’arrête, ce ne sera pas à cause de moi parce que je n’ai pas l’intention de changer, ni de te laisser tomber. J’ai bien l’intention de continuer à te parler autant que possible même plus encore.
— C’est cela, l’interrompit-elle avec une moue dubitative.
— Tu ne me crois pas ?
— Si, si, mais je crois que tu as oublié une chose.
— Quoi ? Demanda Valérie curieuse.
— Le décalage horaire. Tu seras au travail quand il sera l’heure pour moi de te parler et je dormirais à point fermé quand il sera l’heure pour toi. Les conversations vont être géniales ! Ironisa-t-elle en s’asseyant sur le lit, la tête commençait à lui tourner, il était presque 16h et elle n’avait toujours rien mangé.
— Tu es sûre que ca va ? S’enquit Valérie en voyant son amie devenir encore plus blanche.
— Qu’est-ce que ca peut te faire ? Bon, maintenant que tu sais que je vais survivre au désastre qu’est ma vie, tu n’as pas autre chose à faire comme des cartons ou des valises ? Je voudrais bien prendre une douche !
— Qu’est-ce que c’est ? Demanda Val en prenant un petit carton sur la table basse.
— Laisse ça !
— Attends, pourquoi as-tu rendez-vous à l’hôpital dans quinze jours, si tu vas bien si bien que cela ? Et qui plus est au service obstétrique ! Attends, fit-elle réalisant ce qu’elle venait de dire. Tu es enceinte ? !
— Ca ne te regarde pas ! Cria-t-elle en lui arrachant le petit carton des mains.
— Simon le sait ? Raf ? Est-ce que Simon sait qu’il va être père ? Demanda Valérie en prenant son amie par les épaules.
— Non !
— Et tu comptes le lui dire quand ?
— Jamais parce que dans quinze jours, il n’y aura plus de bébé !
— Tu ne vas pas faire cela ?
— En quoi cela te regarde ? Ce n’est pas ton corps ! C’est déjà difficile d’élever un enfant à deux alors seule !
— Tu ne crois pas qu’il a son mot à dire ?
— Non, pas depuis qu’il a rompu sa promesse, pas depuis qu’il a décidé de repartir sans même m’en parler.
— Attends, c’est toi qui l’as exclu ! C’est toi qui as refusé tout dialogue avec lui alors que la seule chose qu’il voulait, c’était te demander pardon et de partir avec lui !
— Parce que tu crois cela aurait suffi ? Tu crois vraiment que ca aurait suffi à tout effacer ?
— Tu as bien effacé 18 mois de votre vie à tous les deux !
— Qui a dit que je les avais effacés ? Personne !
— Alors arrête de fuir !
— Fuir ? Qui a parlé de fuite ? Je ne fais que ce que je pense être la meilleure solution pour tous les deux.
— C’est cela et la marmotte…. Raf, tu vas faire une bêtise, une énorme bêtise.
— Et alors ? Il semblerait que c’est ce que je n’ai pas arrêté de faire ces dernières années alors une de plus ou de moins, répliqua la jeune femme en haussant les épaules, tout en se rallongeant.
— Tu es sûre que ça va ?
— C’est rien, juste un vertige, j’ai rien pu avaler aujourd’hui…
— Ne me dis pas que tu n’as rien mangé du tout.
— Juste quelques biscottes et du thé ce matin.
— Mais qu’est-ce que tu as donc dans la tête ! La gronda-t-elle. Bon, je vais te préparer une bricole à manger, j’espère qu’au moins tu as quelque chose dans tes placards.

Devant le silence de son amie, Val la fixa avec un œil surpris. Elle ne pouvait croire que celle-ci se laisse aller à ce point.

— Ok, je vais aller faire des courses. Je t’interdis de te lever de ce lit, je n’ai pas très envie de devoir faire un autre tour aux urgences.
— Mais je…
— Rien du tout. Je ferais peut-être mieux de t’installer carrément à la maison pour quelques jours.
— C’est hors de question ! Je veux rester ici…
— D’accord, ne t’énerve pas. Je reviens dans pas longtemps alors pas d’imprudence.

Valérie partit inquiète, elle aurait préféré que Raf vienne chez elle quelques jours, elle avait peur que celle-ci ne plonge dans la dépression la plus totale. Elle savait que malgré sa colère elle se sentait désespérée. Après avoir trouvé tout ce dont elle avait besoin, elle retourna chez son amie qui s’était rendormie. Visiblement, la grossesse avait chez elle un effet sédatif. Elle prépara rapidement une soupe ainsi que quelques biscottes et un peu de jambon. Quand elle la quitta ce soir là, elle ne sentait pas plus avancée. Elle espérait qu’elle réussirait à la faire doucement accepter la situation. Mais Val devait avouer que ce qui la préoccupait le plus était la grossesse de Raf et son intention d’y mettre un terme dans les plus brefs délais. Celle-ci lui avait fait promettre le secret mais elle ne savait pas si elle pourrait tenir sa promesse. Son cœur lui disait de tout raconter à Simon pour qu’il revienne prendre la situation en main mais, d’un autre coté, elle avait peur de la réaction de Raf. Si jamais elle prévenait le Suisse et que celui-ci ne réussisse pas à la dissuader de commettre une bêtise, leur amitié pourrait bien ne jamais s’en relever.

A suivre

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 10 Avr - 11:48

Mici Raf pour cette suite ! J'adore toujours Je plains le pauvre Simon il doit pas se sentir bien !

Citation:
Si jamais elle prévenait le Suisse et que celui-ci ne réussisse pas à la dissuader de commettre une bêtise, leur amitié pourrait bien ne jamais s’en relever.


Qu'est ce qui va se passer ?????????
Eh bien mis a part te feliciter chaudement je ne peux que te demander LA SUITE !!!!
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 17 Avr - 11:02

Citation:
Qu'est ce qui va se passer ?????????


plein de choses que tu pourras decouvrir si notre chere Raf se décide a mettre la suite lol!
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 17 Avr - 17:39

Citation:
plein de choses que tu pourras decouvrir si notre chere Raf se décide a mettre la suite


crois tu qu'ellele fera avant que je lui renvoi un message pour me plaindre par ce que la suite ne vient pas ?
lol!
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 17 Avr - 20:04

voila la suite tant attendue
bisous
Raf
***********************************************************
La semaine suivante se passa quasiment en silence pour les deux amies. Elles, qui avaient l’habitude de se parler tout le temps, ne se disaient plus que des banalités et restaient silencieuses la plupart du temps. Val avait de plus un surcroît de travail à cause de son futur déménagement, il fallait qu’elle termine des projets et qu’elle en transmette certains à des collègues compétents. Elle pensait aussi que si elle laissait son amie tranquille peut-être que celle-ci reviendrait à la raison. De son coté, Raf avait repris le travail et supposait que le silence de son amie était dû à leur dispute et que, pour une raison ou une autre, celle-ci lui en voulait. Raf jura entre ses dents ce soir-là en regardant son écran rester muet à ses tentatives de discussions, cela faisait trois soirs de suite qu’elle avait l’impression de parler dans le vide. Elle l’éteignit et alla se coucher le cœur lourd. Elle avait besoin ses petites discussions anodines pour laisser échapper la pression de la journée mais visiblement son amie ne le voyait pas comme cela. Elle se sentit triste, elle soupira espérant ne pas faire tomber les larmes qu’elle retenait depuis qu’elle était rentrée. La journée avait été mauvaise, sa supérieure lui avait reproché son absence et le retard pris dans le travail. Raf n’avait rien dit, se contentant de hocher la tête et de partir tête basse après l’entretien. Elle s’était remise au travail, sachant qu’elle ne pourrait pas rentrer chez elle tôt comme elle l’avait prévu. Elle était dans le collimateur de sa hiérarchie et ce n’était pas le moment pour elle de perdre son travail, du moins pas avant d’avoir réuni l’argent pour retourner s’installer chez sa mère. Quand elle éteignit la lumière, le repos tant souhaité ne vint pas. Elle rejouait sans cesse la scène qui avait fait basculer sa vie. Elle essaya une fois de plus de se convaincre qu’être seule n’était pas une tragédie mais le cœur n’y était pas. Elle avait besoin de Val, elle avait besoin de Daniel. Chaque jour qui passait, elle sombrait de plus en plus dans une déprime que personne ne semblait remarquer.

***

Ilia regardait sa femme qui nettoyait sa cuisine de fond en comble. Il se doutait bien que quelque chose n’allait pas, Valérie détestait les tâches ménagères. Il savait que Raf et elle s’était disputées mais Val n’avait pas voulu lui en parler.

— Chérie ?
— Oui ?
— Si tu faisais une pause ? Tu astiques cette pauvre cuisinière depuis plus d’une heure et demie ! A mon avis, elle est propre maintenant, la taquina-t-il avec un sourire.

Ils étaient seuls tous les deux dans l’appartement, il avait emmené Cassandra au centre aéré pour la journée. Il était bien déterminé à venir à bout de l’affaire qui préoccupait sa femme.

— J’ai encore pleins de choses à faire, fit celle-ci en faisant mine de reprendre son chiffon.
— Hum moi aussi. J’ai envie de te faire un petit bisou ici, ici et puis là aussi, murmura-t-il innocemment en la prenant dans ses bras tout en déposant de doux baisers aux endroits indiqués.
— Ilia, soupira-t-elle voyant très bien où celui-ci voulait en venir mais n’ayant ni la force, ni l’envie de lui résister.

Il l’enlaça tendrement et l’embrassa d’un baiser empli de passion. Avec un geste sûr, il passa sa main sous le tee-shirt de sa femme et dégrafa son soutien gorge. Ses mains couraient sur sa peau laiteuse.

— Je t’aime, lui susurra-t-il à l’oreille tout en l’entraînant dans la chambre.

Les vêtements volèrent et ils se retrouvèrent face à face, nus. Ilia avait le souffle coupé en voyait le corps parfait de son épouse. Avec une douceur exagérée, il l’allongea sur le lit et s’unit à elle jusqu’à ce que le feu qui brûlait en lui ne s’apaise. Ils s’endormirent, leurs corps repus de caresses. Quand ils se réveillèrent de cette sieste crapuleuse, midi était passé depuis longtemps. Tous deux avait faim et Ilia, une fois n’est pas coutume, prit le téléphone et commanda une pizza. Il mangèrent tous deux assis dans le lit, une douce musique emplissait l’atmosphère puis, comme la nourriture terrestre ne leur était pas suffisante, ils refirent l’amour à nouveau. Un peu plus tard, ils étaient allongés l’un contre l’autre. Val avait posé sa tête sur la poitrine de son mari et celui-ci caressait ses boucles rousses.

— Qu’est-ce qui ne va pas Val ?
— Rien, tout va bien, mentit-elle.
— C’est ca et, comme dirait mon frère, fit-il en prenant l’intonation de Georgi, et moi je suis le camarade Gorbatchev ! Chérie, je te connais comme si je t’avais fait. Alors qu’y a-t-il ? Ca a un rapport avec Raf ?
— Oui et non.
— Ça, c’est une réponse ! Tu fais des progrès, la taquina-t-il en souriant.
— En fait, on s’est disputé. Elle m’a reproché de lui avoir menti. J’ai eu beau essayer de la convaincre que ce n’était pas parce qu’on partait que cela allait changer quelque chose mais elle s’obstine à penser le contraire.
— Ça, j’aurais pu m’en douter. Elle a peur.
— Je crois que c’est pire Ilia. En peu de temps, elle perd les seuls repères qu’elle a ici. Daniel, puis nous. Elle resta silencieuse un moment puis reprit. Tu crois qu’on a prit la bonne décision ? Demanda-t-elle d’une toute petite voix. Je veux dire, tu crois qu’on va réussir à être heureux là-bas ?
— Je comprends que tu puisses avoir des doutes, c’est une décision très grave que nous avons prise. Ecoute, je te promets une chose, si vraiment dans un an, on ne se plaît pas là-bas, on reviendra ici. J’en ai discuté avec David et on est tombé d’accord. Il va s’occuper de l’appartement. Je me suis même dit que Raf pourrait l’habiter en notre absence.
— Je doute qu’elle dise oui. Elle a décidé de rentrer à Strasbourg chez sa mère maintenant qu’elle est « seule ». Elle est entrain de fiche sa vie en l’air et cela m’énerve de voir à quel point elle n’en a rien à faire !
— C’est normal qu’elle veuille rentrer là-bas, c’est le seul endroit où elle se sente en sécurité.
— Peut-être mais je ne suis pas sûre que ce soit la solution.
— Moi non plus mais que vas-tu faire ? L’attacher sur une chaise pour la forcer à t’écouter ?
— Pourquoi pas, si ca pouvait l’empêcher de faire une autre bêtise.
— Une autre bêtise ?

Val se mordit la lèvre inférieure, elle en avait trop dit. Elle ne pouvait plus faire machine arrière.

— Raf est enceinte et…
— Et ? Demanda Ilia tout en devinant la suite.
— Elle veut se faire avorter.
— Ce n’est pas possible. C’est à cause de « cela » son malaise ?
— Oui.
— Elle compte mettre Simon au courant ?
— Non… pas du tout. D’après elle, il n’y a aucune raison qu’il le soit puisque cela ne le concerne plus.
— On peut dire qu’elle fait fort dans le genre tête de mule.
— Non, tu crois ? J’ai essayé de la raisonner mais j’ai été priée de m’occuper de mes affaires.
— Quand est-ce qu’elle doit…
— Vendredi à 10h00.
— C’est dans trois jour ça ! Il faut prévenir Simon. Il faut le faire revenir tout de suite, peut-être qu’il arrivera à lui mettre du plomb dans la cervelle.
— Non, on ne peut pas.
— Pourquoi ?
— Parce que j’ai promis de me taire. Je n’aurais même pas dû te le dire. Si jamais Raf découvre que j’en ai parlé à qui que ce soit, et qui plus est à Dan… Simon, je suis morte. Elle ne me le pardonnera pas.
— Oui mais si on réussit à la faire changer d’avis…

Ilia regarda sa femme, celle-ci avait l’air inquiète, très inquiète même. Le téléphone sonna. C’était Georgi qui venait aux nouvelles.

— Ca va petit frère ? Demanda-t-il avec enthousiasme, il se sentait heureux quand il pouvait parler à son jumeau, c’était une des raisons qui faisait qu’il était ravi que celui-ci vienne s’installer à New York. Je te dérange peut-être….
— Mais non, pas du tout, Comment vas-tu ?
— Bien, très bien. Dis-moi, je viens de trouver l’appartement de vos rêves. Il est très bien situé, près de Central Park.
— Il doit coûter une fortune !
— Pas du tout, c’est un ami de Largo qui le loue et il n’est pas contre l’idée de vous vous faire un bon prix.
— Je vois. De toute manière, je serais à New York dans quinze jours pour terminer les formalités.
— Ca n’a pas l’air d’aller, remarqua Georgi en voyant le manque d’enthousiasme de son frère.
— Ce n’est pas cela mais nous avons quelques complications, ici.
— Que se passe-t-il ?

Ilia hésita, Val était en train de lui faire des signes pour qu’il se taise mais son cœur lui disait qu’il devait à tout prix sauver ce couple.

— Simon est dans le coin ?
— Non, pourquoi ?
— Parce que ça le concerne.
— Il doit être dans le bureau de Largo à travailler sur la sécurité de la prochaine soirée de bienfaisance du groupe. Attends, je vais nous connecter ainsi tu pourras leur parler.

Quelques secondes passèrent avant qu’il n’entende la voix de Simon, de Largo et Joy le saluer. Il brancha le haut-parleur pour que Val puisse suivre la conversation.

— Salut grand chef ! Alors qu’est-ce qui ne va pas ? Je parie que vous vous ennuyez déjà de moi, dit-il d’une voix qu’il voulait enjouée mais qui ne trompa personne.
— Il s’agit de Raf. Aussitôt le silence se fit. Simon, tu es toujours là ?
— Oui, oui. Que se passe-t-il ? Demanda-t-il avec angoisse.
— Elle est enceinte et…
— Et ?
— Elle a décidé de se faire avorter, lâcha-t-il en soupirant.
— Elle ne peut pas faire cela, elle ne peut pas nous faire cela. Il faut l’en empêcher, s’écria-t-il au bord de la panique.
— On a tout tenté mais elle ne veut absolument rien savoir. Le rendez-vous est fixé à Vendredi, 10h00. On s’est dit que s’il y avait bien une personne capable de lui faire entendre raison se serait bien toi. Elle t’a toujours écoutée.
— Peut-être mais tu oublies qu’elle ne veut plus entendre parler de moi, répondit-il avec tristesse.
— Je ne pensais pas qu’il suffisait de si peu pour que tu abandonnes, fit Ilia avec un air défi dans la voix.
— Qui a dit que j’abandonnais ? Répliqua Simon piqué au vif, mais je te signale tout de même que les contrôleurs aériens sont en grève depuis quelques jours et que pratiquement aucun vol n’a décollé de La Guardia, ni d’aucun autre aéroport new-yorkais.
— C’est vrai ! Je n’y avais pas pensé. Je crains alors qu’il n’y ait plus rien à faire, soupira Ilia.
— Ne t’inquiète pas petit frère, je vais trouver une solution, déclara Georgi d’une voix assurée. Dans quelle clinique doit avoir lieu l’opération ?
— Dans le même hôpital où Simon a séjourné.
— D’accord, je vois. Je t’appelle dès que nous serons prêts à partir, dit Kerensky. Embrasse Val et Cassy pour moi, veux-tu ?
— Bien sûr, à bientôt.

Le silence retomba dans l’appartement d’Ilia et de Val. Celui-ci reposa le combiné sur sa base et prit sa femme dans ses bras.

— Que crois-tu qu’il va faire ?
— Je n’en sais rien mais je lui fais confiance. Je suis sûr que tout va finir par s’arranger, assura-t-il à son épouse qui tremblait légèrement entre ses bras. Il regarda le réveil et vit qu’il était presque l’heure d’aller chercher Cassandra au centre. Que dirais-tu d’aller récupérer notre fille et d’aller manger dans ce fameux restaurant dont elle nous rebat les oreilles sans cesse ? Proposa-t-il avec un sourire taquin.
— D’accord le dernier sous la douche, paye le dessert, dit-elle en se précipitant dans la salle de bain en souriant.
— Hé c’est pas du jeu, fit-il en rejoignant dans la cabine de douche et en refermant celle-ci sur leurs deux corps encore affamés de caresses

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 17 Avr - 20:08

Simon ressemblait à un lion en cage. Depuis qu’il avait appris les intentions de Raf, il ne pouvait penser à autre chose. Il faisait les cent pas dans la penthouse sous les yeux inquiets de Joy.

— Simon, je t’en prie, assieds-toi, tu es entrain de me donner le tournis.
— Je ne peux pas croire qu’elle puisse faire ca, fit-il en s’asseyant à coté de la jeune femme. Je veux dire, elle adore les enfants. On en a discuté, tu sais, et on voulait en avoir deux ou trois. Même si d’après elle, cela risquait d’être le parcours du combattant. Et là….
— Je crois surtout qu’elle a peur.
— Comment cela ?
— Il n’est pas très facile d’élever un enfant à deux alors seule… De plus, avec ton départ et celui prochain de son amie, il ne lui reste aucun appui, personne pour la soutenir jusqu’au bout de cette grossesse qu’à un moment elle a tant désiré.
— C’est vrai, et Raf est une personne très angoissée. Je n’ose imaginer ce qui peut se passer dans sa tête. Bon sang, si jamais on arrive trop tard, je m’en voudrais toujours.
— Ne dis pas ca, le rassura Largo en s’asseyant sur le fauteuil en face du Suisse.
— Si ! Jamais j’aurais dû revenir sans au moins avoir tenté de lui parler. J’aurais voulu savoir s’il y avait un espoir, quelque chose qui me permette d’espérer que je la retrouverais un jour. Tu ne peux pas savoir à quel point c’est frustrant !
— Tu crois vraiment que je ne le sais pas ? Figure-toi que cette jolie jeune femme assise à coté de toi a refusé de me voir pendant plus de trois mois après ton départ.
— Pourquoi ? Demanda-t-il confus.
— Parce que je lui en voulais d’avoir passé sa colère sur toi, mais surtout parce que je considérais qu’il avait trahi votre amitié en ne te laissant pas le bénéfice du doute. Et tu sais comme je peux être têtue.
— Oh oui ! Et que s’est-il passé ?
— J’ai tout tenté pendant deux mois, et je me suis fait raccompagner plus d’une fois par les gens de la sécurité de l’hôpital.
— Non, tu n’as pas fait ça, Joy ?
— Je me serais gênée. Puis un jour, il n’est plus venu. Seul notre ami russe continuait ses visites mais je refusais de lui demander des nouvelles de Largo. Jusqu’au moment où Georgi s’est mis à me dire nos quatre vérités et il m’a dit ce qu’il pensait de notre attitude à tous les deux. Il ne se met pas souvent en colère mais je crois que nous avions poussé le bouchon un peu loin et je peux te dire que c’est pas drôle un Russe en colère.
— Ca tu peux le dire, j’ai eu droit à ma scène moi aussi, la dernière fois où…
— Où…
— Non, rien, répondit-il mal à l’aise.
— Où… insista le Suisse.
— Où j’ai passé ma frustration sur l’alcool et le Penthouse, murmura-t-il honteux.

Flash-back

Largo était frustré, non il était en colère ! Cela faisait maintenant presque trois mois que Joy refusait tout contact avec lui. Il avait tout tenté, mais rien n’y avait fait. Il regarda sa bouteille de scotch qui était presque vide et en but encore une gorgée. Peut-être que s’il se soûlait assez, il pourrait oublier… Oublier que la femme de sa vie ne voulait plus entendre parler de lui… Oublier qu’il avait accusé son meilleur ami… Oublier le regard plein de reproches de Kerensky…Oublier… Tout simplement oublier… Mais à quoi bon puisque même dans son ivresse le visage des deux personnes qui comptait le plus pour lui se chevauchaient dans son esprit jusqu’à le rendre malade de frustration. Il entra alors dans une rage folle et commença à tout détruire dans le penthouse. Les quelques pots de fleurs se retrouvèrent par terre réduits en mille morceaux, les verres et les boissons qui se trouvait sur une desserte subirent le même sort. Les livres de la bibliothèque volèrent à travers la pièce, il débarrassa d’un coup de bras la table basse qu’il retourna, une chaise alla s’écraser contre le mur. Le Russe entra au moment où une deuxième suivait le chemin de la première. Largo avait une troisième chaise dans la main quand il sentit quelque chose retenir son bras. Il se retourna et vit Georgi qui le regardait avec inquiétude.

— Ca suffit, murmura-t-il, mettre en pièce le penthouse ne la fera pas changer d’avis, ni ne fera sortir Simon de sa cachette.
— Non mais cela m’aidera peut-être à…
— A quoi ? A mieux cuver tout l’alcool que tu ingurgites depuis deux mois ? Tu crois vraiment que personne n’a remarqué que tu soûles tous les soirs ?
— Je…Je…, fit il en lâchant la chaise et en fondant en larmes.
— Laisse-toi aller, mon ami, murmura Georgi en prenant celui-ci dans ses bras pendant que Largo laissait enfin sortir toute la souffrance qu’il gardait en lui depuis que le cauchemar avait commencé.

Avec une douceur peu coutumière, il emmena le milliardaire vers la chambre et le mit au lit, le bordant qu’il fut été un enfant malade.

— Elle ne m’aime pas, dit Largo alors que Kerensky s’asseyait dans un fauteuil près du lit.
— Tu dis n’importe quoi ! Bien sûr qu’elle t’aime !
— Alors pourquoi ? Pourquoi elle me fait ça ?
— Je ne sais pas. Peut-être qu’elle t’en veut de ne pas avoir eu confiance en son jugement ? Elle est très attachée à Simon même si elle ne le dit pas. Il est en quelque sorte ce frère qu’elle n’a jamais eu.
— Peut-être, en effet. Georgi… Tu crois vraiment qu’il est coupable ? Tu crois vraiment qu’il a pu faire tout cela ?

Kerensky soupira. Depuis le départ du Suisse trois mois plus tôt, il avait décidé de mener sa petite enquête en solo et le peu qu’il avait appris le mettait mal à l’aise. Lui qui se targuait de ne pas pouvoir être manipulé facilement, l’avait été avec une facilité déconcertante.

— Je ne sais pas, mentit-il, mais je vais le découvrir, je t’en fais la promesse. Maintenant dors, et ne t’inquiètes de rien. Je demanderais à ta secrétaire demain matin d’annuler tes rendez-vous, avec la tête que tu as, tu risques de faire peur à tes interlocuteurs, fit-il en se levant.
— Kerensky…
— Oui…
— Tu peux rester ? Juste jusqu'à ce que je m’endorme…
— Bien sûr, mon ami, acquiesça celui-ci en reprenant place dans le fauteuil. Demain, il rendrait visite à une certaine personne pour lui dire ce qu’il pensait de son comportement.

Largo s’endormit enfin d’un sommeil agité et le Russe soupira. Si son enquête n’aboutissait pas bientôt, et si Joy continuait à jouer les têtes de mule, il y avait fort à parier que Largo ne craquerait sous le poids de la culpabilité qui le rongeait.

Fin flash-back

— Largo, tu es sûr que ca va ? Demanda Simon inquiet du silence de celui-ci.
— Oui. Ce sont juste quelques souvenirs qui ont décidé de me rendre visite.

Le téléphone sonna interrompant leur discussion. Kerensky leur demandait de descendre au bunker, il avait peut-être trouvé une solution pour qu’ils puissent arriver à temps.

***

Le jour J était arrivé. Le réveil sonna tirant Raf d’un sommeil agité. Elle ne dormait pas bien depuis quelques jours, faisant cauchemar sur cauchemar. Des crises d’angoisses la tenaient éveillée une bonne partie de la nuit pendant lesquelles elle entendait son cœur marteler à ses oreilles. Elle faisait d’interminables heures au bureau pour ne pas à avoir à entrer dans un appartement vide, sans personne à qui parler même par Internet. La situation avec Valérie en restait au même stade. Les soirées se passaient sans que l’une ou l’autre ne parle, chacune pensant que l’autre était fâchée. Avec difficulté, Raf se leva et se tint à l’armoire jusqu’à ce que la pièce finisse de jouer les manèges de chevaux de bois. Elle alla s’enfermer dans la salle de bain, fit une toilette rapide et s’habilla. Elle regarda avec envie son téléphone. Elle avait pensé que Val viendrait avec elle, qu’elle ne la laisserait pas affronter cette épreuve seule. Mais il était dit que la solitude serait sa seule compagne. Ses sentiments envers l’enfant qu’elle portait étaient forts, très forts, et elle savait pertinemment que jamais elle ne se remettrait de ce qu’elle allait faire. Mais elle ne savait que trop ce que c’était de grandir sans un père et avec une mère amère et rongée par des dépressions successives. Elle ne voulait pas que son enfant ait à subir ce par quoi elle était passé étant enfant. Et puis jamais elle ne pourrait oublier Daniel, si elle avait son portrait vivant jour après jour auprès d’elle, mais d’ailleurs voulait-elle vraiment l’oublier ? Avec soupir de frustration, elle prit son sac, ferma la porte à clé et se rendit à la gare.

***

Val de son coté était prête et terminait de préparer Cassandra. Ilia devait la laisser à l’hôpital avant de déposer leur fille chez la nourrice. Il était hors de question que Raf fasse face seule à cette épreuve. Elle se sentait frustrée par leur manque de communication de ces dernières semaines mais, depuis leur dispute, elle ne savait plus comment faire pour aborder un sujet quel qu’il soit sans que son amie ne prenne la mouche alors elle préférait se taire. De plus, elle essayait encore de digérer le fait que Raf ne lui ait pas parlé de sa grossesse, ni de ses intentions. Si elle n’avait pas trouvé le carton de rendez-vous, elle n’en aurait jamais rien su. Comment son amie pouvait-elle bien lui mentir sur une chose si importante ? Quand enfin son mari la déposa, il était presque 9h30. Connaissant son amie, celle-ci devait déjà être en salle d’attente. Elle n’avait eu aucune nouvelle de Simon, elle ne savait donc pas si celui-ci allait venir ou pas. Elle traversa divers couloirs, suivit les indications données par la personne peu aimable à l’accueil et entra dans la salle d’attente du service de gynécologie. Quelques femmes enceintes attendaient leurs tours pour une consultation ou une échographie. Celle-ci parlaient à voix basse à leurs compagnons qui les avait accompagnés. Dans un coin, elle vit Raf assise les yeux dans le vide. Elle était d’une pâleur à faire peur et malgré le fait qu’elle soit enceinte, elle la trouvait amaigrie.

— Salut ma puce, dit-elle s’asseyant à coté de la jeune femme qui sursauta.
— Val ? Mais qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais que…
— Ben tu croyais mal ! Je ne vais tout de même pas te laisser seule dans un moment pareil ! Dit-elle en lui prenant la main en signe de réconfort.
— Merci, murmura Raf les yeux emplis de larmes.

Elles attendirent encore de longues minutes en silence. Elles n’avaient pas besoin de mots, le seul contact de leurs mains suffisait à la rassurer.

***

Largo regardait Simon s’agiter sur la banquette arrière du taxi qui devait les emmener à l’hôpital. Ils avaient eu beaucoup de mal à relayer New York à Paris. Aussi curieux que cela puisse paraître, ils avaient été obligés d’aller jusqu'à Los Angeles. Ils avaient pris un petit avion pour Washington et ils avaient eu la frayeur de leur vie quand le pilote avait dû se poser en plein orage. L’avion était ballotté par les vents violents comme un fétu de paille. Les aéroports avaient alors été fermés pour quelques heures. Quand enfin le temps se fut levé, ils apprirent qu’aucun jet n’était disponible à la location et qu’aucune place de libre ne restait pour la France, les trois vols ayant été pris d’assaut par des français bloqués à New York depuis une semaine. Ils sont prioritaires, leur avait dit l’hôtesse avec un sourire gêné. Elle avait reconnu Largo d’après des photos dans la presse. Le milliardaire avait alors joué de tout son charme pour que la jeune femme essaye toutes les compagnies et au bout d’une interminable attente, ils avaient eu un vol pour Los Angeles, de là ils prendraient un vol pour Paris. Le vol pour l’Europe avait été, lui aussi, retardé de plusieurs heures pour cause de sécurité. De nouvelles menaces d’attentats flottaient dans l’air et la police ne voulait prendre aucun risque. Quand enfin ils arrivèrent à Paris le vendredi, il était plus de 8h00. Ils prirent directement un taxi à l’aéroport de Roissy pour aller à l’hôpital mais ils étaient dans les embouteillages jusqu’au cou.

— On va jamais y arriver, murmura Simon en regardant pour la centième fois sa montre
— Je suis sûr que si, essaya de le rassurer son ami.

Les rues défilaient grises et mornes. Il pleuvait des cordes et le Suisse pensa que cela allait de pair avec son humeur plus que morose. Il ne savait s’ils allaient arriver à temps pour empêcher Raf de commettre la plus grosse bêtise de sa vie. Il se demandait ce qu’il allait bien pouvoir lui dire pour lui faire entendre raison, un « Je t’aime » ne serait sans doute pas suffisant. Le taxi s’arrêta enfin devant l’entrée de l’hôpital. Ils en sortirent en trombe et se précipitèrent à l’intérieur.

***

Raf regarda l’horloge qui trônait au-dessus du secrétariat, il était presque dix heures. Son cœur battait la chamade et elle avait peur. Son estomac grogna. Elle n'avait rien avalé depuis le jour antérieur et seulement la moitié d’un sandwich à midi. Le soir elle était rentrée trop tard et trop fatiguée pour ne penser à autre chose que son lit.

— Mlle Sanchez ? Demanda un médecin qu’elle ne connaissait pas.

Raf se leva et se dirigea vers l’homme en blouse blanche. Il avait une quarantaine d’années, il était grand, le visage émacié et son crâne chauve luisait à la lumière des néons. Ils se dirigèrent sans mot dire vers le fond du couloir où se trouvait le bloc opératoire. Il la laissa se préparer dans la salle attenante avec l’aide d’une infirmière et lui-même alla se préparer de l’autre côté du couloir. Quand elle fut prête, l’infirmière la dirigea vers le bloc et en ferma la porte derrière elle.

***

Simon arriva en trombe dans la salle d’attente. Il examina avec attention les personnes présentes et se dirigea vers Val qui était entrain de massacrer un mouchoir en papier, tout en essayant de retenir ses larmes de frustration.

— Val ?
— Daniel ! Je suis désolée, fit celle-ci, j’ai vraiment tout essayé mais c’est une tête de mule.
— J’arrive trop tard, n’est-ce pas ?
— Oui, elle vient juste d’y aller. Peut-être que l’intervention n’a pas encore commencé, avec un peu de chance, ils te laisseront lui parler.
— Tu as raison, fit-il en déposant un léger baiser sur le front de la jeune femme.

Quand il revint auprès de ses amis, il avait le visage défait. D’après l’infirmière qui avait eu la gentillesse de se renseigner, Raf était déjà au bloc. L’intervention allait commencer d’un instant à l’autre et on ne pouvait plus rien faire, sinon attendre un miracle. Il se laissa tomber auprès de Largo qui lui posa une main sur l’épaule pour le soutenir en silence. Il savait que toute parole serait veine face à la douleur de celui-ci.

a suivre

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 17 Avr - 21:48

Vivement la suite !!!! Vraiment c'est toujours aussi bien !

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 17 Avr - 21:51

comme je te le disais par msn... wow, Ilia et moi on est de veritables lapins mais te genes pas pour continuer dans cette voie la Mr.Red Mr.Red Mr.Red Mr.Red

bon, va falloir encore attendre une semaine pour la suite ou le justicier masqué batman va réussir à te la voler avant ?
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Lun 18 Avr - 17:50

Alors la tu n'imagine pas à quel point le Valmont est frustré !! tu ne peux pas nous laissez comme ça ???

Citation:
bon, va falloir encore attendre une semaine pour la suite ou le justicier masqué va réussir à te la voler avant ?


c'ets long une semaine (mais non je suis pas impatiente !) c'est qui le justicier masqué ?


Dernière édition par le Mar 19 Avr - 13:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Lun 18 Avr - 22:04

ben s'il est masque, c'est pour pas qu'on connaisse son identité lol

je vais essayer de tanner la miss pour qu'elle poste un bout dans la semaine Wink

* scilia mode chieuse on *
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 15 Mai - 17:53

Désolée pour celles qui avaient l'espoir de lire la suite du doudou mais ma chere Raf n'a pas de connexion internet aujourd'hui triste triste donc elle ne peut pas poster le chapitre tant attendu mais je croise les doigts pour que tout soit réparé demain
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 21 Mai - 13:23

ca y est suis reviendue ! mille excuses et merci a scilia de jouer les managers !
voila suite des aventures du doudou accrochez vous a vos fauteuils !
bisous
raf

********************************************************
Raf était au bord de la crise panique, elle regardait avec horreur la salle d’opération, et mit une main devant son ventre d’un geste protecteur. Elle ne pouvait pas faire cela ! Cet enfant était l’enfant de l’amour, il ne pouvait pas finir comme cela. L’infirmière regardait avec intérêt la bataille d’émotions sur le visage de la jeune femme. Elle fit signe au chirurgien d’attendre encore un peu avant de pénétrer dans la salle. Ils n’aimaient pas faire des avortements, ils le faisaient seulement pour ne pas se retrouver dans la situation d’avant. Celle où les femmes en détresse allait voir les faiseuses d’anges. Même si beaucoup étaient expérimentées, trop de femmes mouraient suite à des infections ou restaient mutilées à vie. Alors chaque enfant qu’ils pouvaient sauver, était une victoire sur le désespoir.

— Ca va, mademoiselle ? Demanda l’infirmière en s’approchant.
— Je…, dit Raf au bord des larmes.
— Ca va ?
— Je ne peux pas faire ca, je ne peux pas, je suis désolée, je ne peux pas, ne cessait-elle de répéter.
— Vous êtes sûre ?

Raf hocha la tête silencieusement. L’infirmière la prit alors par le bras et l’emmena vers la salle où elle avait laissé ses affaires. Elle la fit asseoir sur une chaise, lui donna un verre d’eau et attendit que la crise de larmes de la jeune femme passe. Puis, avec une douceur infinie, elle l’aida à s’habiller et la raccompagna en salle d’attente. Trois paires d’yeux se posèrent sur elles. Un petit homme brun se précipita pour prendre sa patiente dans ses bras, ce devait être le père de l’enfant en déduisit-elle par les paroles de réconfort qu’il lui prodiguait.

— J’ai pas pu, murmura Raf, j’ai pas pu faire cela à notre enfant. Je…

La pièce se mit à tourner et, si Simon ne l’avait pas tenu dans ses bras, elle se serait effondrée au sol. L’infirmière qui était prête à se retirer intervint aussitôt. Un brancard fut amené et une autre infirmière vint l’aider et ils emmenèrent Rafaela vers une salle de soin. Elles en interdirent l’accès à Simon, Largo et Val qui étaient morts d’inquiétude. Une heure plus tard, le même médecin qui était venue la chercher entra dans la salle d’attente en se grattant la tête.

— Vous êtes des amis de Mlle Sanchez ?

Le petit groupe se leva comme un seul homme.

— Comment va-t-elle docteur ?
— Votre amie est hors de danger. Elle est épuisée, sous alimentée et déshydratée.
— Elle m’a effectivement dit qu’elle ne pouvait rien avaler, mais je ne pensais pas que c’était à ce point, dit Valérie en se sentant coupable.
— De plus, elle a eu un début d’hémorragie que nous avons pu contrôler rapidement mais…
— Mais ? Répéta Largo en posant une main sur l’épaule de Simon.
— Mais il n’est pas sûr que nous puissions sauver l’enfant. C’est trop tôt pour le dire.
— Ce n’est pas possible…. Je peux la voir, demanda Simon d’une voix étranglée par le chagrin.
— Bien sûr. Mais ne l’énervez pas, il faut qu’elle reste le plus calme possible.

Le médecin accompagna le petit groupe jusqu'à une chambre du troisième étage. Il ouvrit la porte et tous trois virent une forme pâle allongée sur un lit trop grand pour elle. Simon entra et alla s’asseoir sur son bord.

— Salut ma puce…

Il n’obtint aucune réponse. Raf gardait obstinément le visage tourné vers la fenêtre.

— Je t’en prie Raf, regarde-moi.

Celle-ci tourna enfin son regard azur vers lui. La souffrance qu’il pouvait voir dans ses yeux lui vrilla le cœur. Dieu qu’il pouvait l’aimer ! Dieu qu’elle lui avait manqué !

— Je t’aime, murmura-t-il en capturant ses lèvres d’un doux baiser.
— Comment peux-tu encore me regarder en face après ce que j’ai failli faire ?
— Mais tu ne l’as pas fait c’est ce qui compte le plus.
— Dieu m’a puni pour avoir même osé songer à une telle chose.
— Non, je ne peux pas croire qu’un Dieu qui se dit amour puisse sauver un enfant pour le reprendre tout de suite après.
— Mais je…
— Tu as fait ce que tu as cru être la meilleure chose pour toi dans un moment de ta vie où tu sentais seule et perdue. Je te promets une chose, et cette promesse jamais je ne la briserais. Je te fais la promesse solennelle de ne plus jamais t’abandonner, de toujours me battre pour cet amour qui nous anime.
— Et si jamais il ne survivait pas ? Fit-elle en caressant doucement son ventre.
— Cela voudra dire que nous n’étions pas prêts à l’accueillir. Nous surmonterons l’épreuve ensemble.
— J’ai tellement peur…
— Je sais, mon amour, mais je sais qu’à nous deux nous vaincrons les obstacles.
— Je t’aime tellement, murmura-t-elle ne laissant libre cours à ses larmes. Si tu savais comme je m’en veux, j’aurais dû…
— Rien du tout, je me suis comporté comme un imbécile… Tu as eu raison de me mettre dehors. Ce que j’ai fait est impardonnable. Jamais je n’aurais dû lever la main sur toi..
— Mais tu étais soûl et tu ne savais pas ce que ce tu faisais.
— Je sais mais jamais je n’aurais dû me laisser aller, c’était trop facile. Je fuyais la réalité parce qu’elle était devenue trop douloureuse et regarde les conséquences, toute cette souffrance que tu as dû affronter seule. Je suis désolée mon ange.
— Arrête de te reprocher sans cesse des choses qui se sont passé et que nous ne pouvons plus changer. Et si nous… Nous regardions vers l’avenir, vers cet endroit où nous avons rêvé d’élever nos enfant en paix et avec amour.
— Ca veux dire que tu veux toujours de moi ? Que tu m’aimes encore malgré tout ce que je t’ai fait subir ?
— Oui, je t’aime, et même plus encore.

Il la prit dans ses bras et laissa couler des larmes de bonheur, quand enfin il la relâcha contre l’oreiller, il s’aperçut qu’elle s’était endormie le sourire aux lèvres. Il sortit en silence de la chambre pour permettre à Valérie de veiller elle aussi sur son amie. Largo le regarda et fut étonné de voir briller dans ses yeux une joie sans borne.

— Ca va ? Demanda le milliardaire
— Oui, elle m’aime encore. Elle… elle me, bafouilla Simon. Elle veut encore de moi. Il y a encore un nous ! On va se marier, on va …
— Toutes mes félicitations, je suis tellement heureux pour toi ! Dit-il en prenant dans ses bras son meilleur ami.
— J’arrive pas y croire. C’est tellement incroyable.
— Oh mince…. Il faut que j’appelle Joy.
— Attends, tu as vu l’heure qu’il est ? Elle doit dormir à poings fermés, tu vas te faire tuer si tu la réveilles.
— Je vais surtout me faire tuer parce que je ne l’ai pas appelée à la descente de l’avion. Quand à dormir, ça m’étonnerais. Elle est tellement frustrée parce que le médecin lui a interdit de voyager qu’elle doit être en train de creuser un sillon dans la moquette du penthouse.

Il s’éloigna laissant Simon seul avec ses pensée. Quelques minutes plus tard, Valérie sortit de la chambre. Son amie dormait toujours. Elle regarda le Suisse et lui sourit. Ils allèrent jusqu’au petit salon réservé aux visiteurs au bout du couloir. Simon alla jusqu'au distributeur d’eau et ramena deux gobelets. Ils restèrent assit en silence pendant un long moment.

— Merci, dit Valérie en déposant un baiser sur le front du Suisse.
— De quoi ? Je n’ai rien fait.
— Si tu es venu. Tu aurais pu…
— Je ne pouvais pas, je l’aime, tu comprends, je l’aime tellement. Je ne suis pas sûr qu’elle se remettra si elle perd cet enfant.
— J’en suis certaine. Ca va la détruire. Seigneur, j’aimerais bien savoir encore combien de temps la vie va s’acharner sur nous ! Depuis plus de deux ans, on passe de crise en crise et on a à peine le temps de souffler un peu que c’est reparti pour un autre drame.
— Je sais mais j’ai bon espoir que cela se passe mieux maintenant.
— Tu crois vraiment ?
— J’en suis certain, appelle ça intuition ou sixième sens.
— Que comptes-tu faire ?
— Ramener cette tête de pioche à New York dès qu’elle sera en état de voyager. Et je n’accepterais aucune discussion, nous avons déjà perdu beaucoup trop de temps.
— Elle risque de ne pas accepter
— Pourquoi ?
— A cause de sa mère. Elle ne voudra pas être aussi loin d’elle. Il existe une relation entre elles que j’ai du mal à comprendre parfois. Peut-être que cela vient du fait que c’est sa mère qui l’a élevée seule à la mort de son père.
— Alors on emmènera belle-maman aussi
— Oui mais elle aussi têtue que sa fille sinon plus, comment tu vas la convaincre de venir s’installer à New York. Raf a déjà du mal à la convaincre de venir s’installer à Paris.
— Je trouverais un moyen mais il est hors de question de laisser Rafaela de nouveau seule.

Largo revint un sourire aux lèvres. Il avait dans ses mains un sac plein de croissants qu’il avait acheté à la boulangerie au coin de la rue.

— Tenez, j’ai pensé que vous auriez faim.
— Ca a l’air de s’être bien passé, constata Simon amusé.
— Oui, j’ai échappé à la décapitation par miracle, j’aurais juste droit à une bonne fessée quand je rentrerais.
— Pardon ? Fit Val en levant un sourcil.
— Joy le mène à la baguette, j’aurais jamais cru cela, expliqua le Suisse en explosant de rire.
— Eh tu vas voir quand Raf sera enceinte jusqu’au bout des yeux, tu verras comment elle va te faire marcher droit.
— Ah mais moi j’ai pas besoin qu’elle soit enceinte pour qu’elle me fasse filer droit.
— Arrête de dire du mal de ma copineuhhhhhh, répondit Val en se prenant au jeu, tu vas pas me faire croire que c’est une tortionnaire !
— Non, non, c’est juste que… Tu as vraiment intérêt à filer droit si tu ne veux pas faire ceinture pendant un longggg moment, si tu vois ce que je veux dire.
— Continue et je lui raconte tout.
— Oh non pitié ! ! ! Pas ça, supplia-t-il, elle va encore m’imposer la ceinture de chasteté pendant au moins six mois et je ne le supporterais.

Ils explosèrent de rire en imaginant Simon dans une telle tenue.

— Eh bien, je vois qu’on s’amuse bien ici.
— Chéri ! S’écria Val en se jetant dans les bras de son mari. Qu’est-ce que tu fais là ?
— Je venais prendre des nouvelles puisque tu ne m’as pas appelé.
— Je suis désolée mais tout c’est passé trop vite.
— Bonjour Simon… M. Winch…Alors ?

Valérie raconta à son mari les événements de la matinée.

— Et quand saurons-nous ?
— Je n’en sais rien, le médecin n’a rien dit. C’est pour cela que nous sommes là. Raf dort, on ne voulait pas la déranger pendant son sommeil, elle dort déjà si peu.

Ils se rassirent dans le petit salon discutant à voix basse. Les minutes se transformèrent en heures et ils ne savaient toujours rien. De temps à autre, l’un d’entre eux allait voir dans la chambre de Raf si celle-ci s’était réveillée mais elle continuait à dormir avec un sourire angélique aux lèvres. Apres les heures de visites, Val et Ilia rentrèrent chez eux mais Simon ne voulait pas quitter sa fiancée. Le médecin autorisa exceptionnellement les deux hommes à rester dans le petit salon.

***

Le lendemain Valérie revint accompagnée de son mari. Ils retrouvèrent Simon et Largo qui faisaient les cent pas dans le petit salon.

— Que se passe-t-il ? Demanda Valérie soudain inquiète.
— Je ne sais pas, d’après une infirmière l’état de Raf s’est brusquement aggravé. Le médecin a été incapable de nous dire quoi que ce soit.
— C’est pas vrai… Elle allait pourtant bien hier quand nous sommes partis ! Pourquoi ne nous avoir rien dit ?
— J’ai essayé de t’appeler mais vous étiez déjà en route.

Le médecin arriva une heure après, il avait l’air d’avoir mené une dure bataille.

— Alors ?
— Elle va bien.
— Et le bébé ? Demanda Simon à la fois soulagé et inquiet.
— Il est toujours là. Je dois avouer qu’il nous a fait une grosse frayeur ce matin mais il s’accroche ce petit bonhomme.
— Quand saurons-nous ?
— Dans vingt-quatre à soixante-douze heures maximum. J’espère que son état va se stabiliser. Ensuite il lui faudra un repos total pendant au moins un bon mois et un suivi très sérieux. Sa grossesse risque d’être difficile.
— Pourra-t-elle voyager ?
— Je n’y vois aucun inconvénient à condition quelle puisse se reposer correctement après.
— Merci docteur, je peux la voir ?
— Pas pour le moment, nous allons la garder en soin intensif pour mieux pouvoir la surveiller. Vous pourrez la voir cette après-midi sans problème mais pas très longtemps, il faut qu’elle se repose. Elle est à bout de force et pas seulement physiquement.

Le médecin les quitta en leur conseillant d’aller manger un morceau et de se reposer un peu. Ilia leur proposa de venir prendre un café à l’appartement. Simon allait refuser mais un regard de Valérie le fit renoncer. Il avait besoin de quelque chose de beaucoup fort que le jus de chaussette qu’ils trouvaient à la cafétéria de l’hôpital.

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 21 Mai - 13:26

Deux jours. Cela faisait deux jours qu’ils attendaient que le médecin leur dise que tout allait s’arranger mais chaque fois c’était la même réponse : il fallait attendre. Simon était en train de devenir dingue et il commençait à exaspérer ses compagnons. Il ne dormait que très peu, et passait une partie de ses nuits à faire les cent pas, dans le salon de Valérie, qui les avait invités à rester chez eux jusqu’à la fin de la crise.

— Simon ? Fit Largo en entrant dans la pièce. Celui-ci était face à la baie vitrée et semblait perdu dans ses pensées. Simon ?
— Ah, Largo je suis désolé ? Je ne voulais pas te réveiller.
— Tu penses à Raf, n’est-ce pas ?
— Oui. Tu sais, on en a vu de toutes les couleurs depuis qu’on est ensemble, d’ailleurs ça été une véritable bataille pour nous deux. Moi contre mes démons et elle contre ses peurs. Mais ça nous a rendu plus fort, c’est du moins ce que je croyais.
— Je suis désolé, c’est ma faute si…
— Non, tu n’y es pour rien ! Je ne pensais pas qu’un jour on se reverrait, mais tu me manquais, tu me manquais tellement. Combien de fois j’ai pris le téléphone et j’ai commencé à faire le numéro ? Et puis je raccrochais, je me disais que ce n’était pas la peine, que tu ne voulais plus de moi dans ta vie. Et ça me tuait, ça me tuait à petit feu.
— Tu aurais dû appeler, je n’attendais que cela. Si tu savais à quel point je m’en suis voulu. J’ai failli devenir fou à te chercher sans te trouver. J’avais besoin de mon frère, de mon ami.
— Je sais, j’avais besoin de toi moi aussi, j’avais besoin que quelqu’un m’empêche de plonger. Mais il n’y avait personne, dit-il sur un ton sans reproche, jusqu'à ce que Raf arrive. Elle a été avec moi à chaque pas, me rassurant, me prouvant à chaque moment que je valais la peine d’être aimé, que ça valait la peine de continuer à vivre.
— Elle a l’air d’être quelqu’un de bien.
— Oui, elle l’est. Elle donne, et donne encore, et ne demande rien en échange si ce n’est un peu d’affection. Elle est de ces personnes que tu ne remarques pas aux premiers abords et qu’on oublie facilement. Il y a même des fois où tu peux oublier qu’elle est dans la pièce. Mais quand tu la connais… Quand tu la connais et qu’elle te donne sa confiance, elle est capable de bien des choses.
— Comme de me tenir tête et de m’appeler « catastrophe ambulante » ? Dit-il en souriant.
— Elle a fait cela ?
— Oui, elle était juste un peu en colère.
— Je m’en doute, mais c’est étrange. En général, elle ne dit rien, elle a horreur des confrontations. Elle est tellement peu sûre d’elle-même qu’elle va se laisser faire, qu’elle va laisser couler, quitte à ce que cela la ronge. Combien de fois j’ai essayé de lui faire comprendre qu’il fallait qu’elle dise ce qu’elle a en elle de temps à autre ? Mais j’ai jamais réussi.
— Je peux te dire que quand elle est en colère, elle ne mâche pas ses mots. Je crois que si nous n’avions pas été dans un hôpital, elle m’aurait giflé, souligna le milliardaire.
— J’aurais bien voulu voir cela.
— Ben moi, j’y tiens pas trop, fit-il en frissonnant, il ne se souvenait que trop bien du regard rempli de colère de la jeune femme. Que comptes-tu faire ?
— Rester auprès d’elle aussi longtemps qu’il le faudra. Il va me falloir du temps pour lui faire oublier ce qui s’est passé. Il va me falloir des trésors de patience pour la rassurer et lui faire comprendre que je l’aime corps et âme.
— Je croyais qu’elle le savait déjà cela.
— Oui, mais je la connais bien. Son cœur en est convaincu mais sa tête non. Elle va avoir tendance à rentrer dans sa coquille pour se protéger. D’ailleurs, cela a déjà commencé puisque, à ce que j’ai pu comprendre, Valérie et elle ne se parlent presque plus en dehors des banalités d’usage.
— Je crois qu’il est temps d’aller dormir un peu. Tu vas lui faire peur si elle te voit dans cet état, fit-il en entendant la pendule du salon sonner trois heures..

Ils rejoignirent leur chambre et Simon, malgré la fatigue qu’il ressentait, ne put penser à autre chose que Raf et leur enfant. Mille et une questions virevoltaient dans sa tête. Qu’allait-il faire si jamais la jeune femme le perdait ? Comment allait-il pouvoir l’aider ? Comment, lui, allait-il pouvoir surmonter cette douleur ? Et si le bébé venait à terme, serait-il un bon père ? L’aimerait-il sans condition aucune ? Il soupira en retournant pour ce qui lui semblait être la centième fois dans son lit.

A suivre

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