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 Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours

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Lady Heather
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Mar 27 Déc - 23:22

Raf se réveilla en sursaut vers huit heures du matin. Depuis l’appel de Joy, elle ne pouvait s’empêcher de songer au pire. Simon, qui ne dormait que d’un œil, la serra contre lui.

— Je suis désolée, murmura-t-elle, je ne voulais pas te réveiller.
— Je ne dormais pas vraiment. Tu as fait un cauchemar ? Demanda-t-il tandis quelle nichait son visage dans son cou.
— Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter. Quand est-ce que tout ça va finir ? On n’arrête pas de se retrouver en plein drame. Dès qu’on croit que tout s’arrange, tout se casse de nouveau la figure.
— Je sais ma grande mais Ilia est fort. Et il a toutes les raisons du monde de tenir bon. De toute manière, connaissant Valérie, elle le tuera de ses propres mains si jamais il s’avise de mourir.

Rafaela ne put s’empêcher de sourire aux propos absurdes tenus par son fiancé. Ils entendirent des petits pas dans le couloir et la porte de la chambre s’ouvrit lentement. Cassandra apparut la frimousse encore pleine de sommeil. Elle regarda le couple couché dans la chambre de ses parents et son visage s’emplit de tristesse. Elle avait espéré que son papa et sa maman étaient revenus pendant la nuit.

— Qu’est-ce qu’il y a ma puce ? Demanda Raf en voyant la fillette au bord des larmes.
— Veux maman, dit-elle en éclatant en sanglot.
— Viens là, mon petit cœur.

La fillette fit le tour du lit et monta sur les genoux de tata Raf qui s’était assise dans le lit.

— Je suis désolée ma petite chérie, maman est allée voir papa parce qu’il est malade et tout seul. Quand il ira mieux, elle reviendra, je te le promets.
— Non ! Veux maman !
— Tu sais ce qu’on va faire ? Tonton Simon va nous préparer un énorme petit déjeuner qu’on va manger tous les trois dans le lit en regardant les dessins animés, ensuite tu iras prendre ton bain pour nettoyer cette petite frimousse pleine de larmes.
— Pourrais mettre mon maillot de bain Barbie ?
— Et pourquoi tu veux mettre le maillot de bain ?
— Parce que je veux pas que tonton il me voit ! Dit-elle avec une moue boudeuse.
— D’accord, d’accord. Tu sais où maman l’a rangé ?
— Dans l’armoire.
— Alors va vite le chercher, comme ca tu pourras le mettre dès qu’on aura fini de manger.

Le petit déjeuner se passa tranquillement. Apres avoir habillé la petite fille du maillot de bain, Simon transporta celle-ci sur son épaule tel un sac de pomme de terre. Cassandra riait aux éclats. Le Suisse fit couler l’eau et y ajouta un peu de bain moussant. Puis il y déposa Cassy qui avait mis dans la baignoire presque tout son contingent de poupées mannequins. Après voir rempli la moitié de la baignoire d’eau, Simon voulut fermer le robinet mais celui-ci tourna dans le vide. Qu’il tourne dans un sens ou dans l’autre, l’eau continuait à couler, remplissant la baignoire doucement mais sûrement. Le Suisse jura entre ses dents tandis que Cassandra examinait la situation avec amusement. Jamais quand sa maman était là, elle n’avait le droit d’avoir autant d’eau. Simon commença à paniquer, cherchant des yeux le robinet d’alimentation en eau, robinet qui bien sûr n’était pas en vue.

— Non, c’est pas vrai !
— Qu’est-ce qu’il y a tonton ? Demanda la petite fille.
— Rien, rien, tonton va tout arranger.

Il tourna sur lui-même puis il se dit que ce fameux robinet était peut-être dans le couloir ou dans la cuisine. Il s’y précipita tout en demandant à Cassandra de ne toucher à rien. La petite fille était ravie, elle se mit à genoux et regarda avec envie le panier avec les produits pour le bain. Et si elle faisant comme maman ? Et si elle colorait l’eau ? Elle prit un gel de douche de couleur verte puis un shampooing rouge sang et un bain moussant jaune. Il y avait aussi la mousse à raser de son papa parce que celui-ci aimait se raser en prenant sa douche. Simon, de son coté, ouvrit tous les placards intégrés de la cuisine, il examina le couloir, il sortit même sur le palier de l’appartement mais il ne trouva rien.

— Mais bon sang ! Où est-ce qu’ils ont fourré ce sacré bon dieu de robinet ! grogna-t-il en rentrant de nouveau dans l’appartement.

Dans la salle de bain, l’eau continuait de couler et Cassandra continuait à faire de savants mélanges. La baignoire débordait de partout et l’eau se répandait sur le carrelage blanc. De la mousse flottait, çà et là, et Cassy s’amusait à faire des vagues pour faire « comme à la mer ». Quand Simon revint, il ne s’aperçut pas que le sol était mouillé et, comme il n’avait pas pris la peine de mettre ses chaussons, il glissa sur le carrelage. Il battit des mains un instant pour maintenir son équilibre avant de s’affaler de tout son long, la tête la première. Le choc passé, il ouvrit un œil puis un deuxième et constata que, mis à part sa fierté, rien ne semblait être cassé.

— Et mer….credi ! ! ! Fit-il en tentant de se relever.
— Tonton, il est tombé, s’écria Cassandra en riant aux éclats, la petite fille adorait quand celui-ci faisait le clown même si c’était très involontaire la plupart du temps.

Il avait de la mousse sur le menton, sur le bout du nez et sur les cheveux. Quant à son caleçon à cœurs et son tee-shirt bleu, ils étaient entièrement mouillés. Son regard s’attarda au niveau du sol et il ne tarda pas à remarquer une trappe sur le coté de la baignoire. Non, ça ne pouvait pas être ce qu’il cherchait depuis un moment, pourquoi diable n’y avait-il pas pensé plut tôt ?

— Tout va bien, chéri ? Demanda Raf qui avait entendu le bruit de la chute.
— Oui, oui mon ange.
— Mais qu’est-ce qui se passe ?
— Rien, rien, juste un petit problème de robinetterie.
— Tu es sûr que ca va ?
— Oui, oui, ne t’inquiète pas.
— C’est quand tu dis ce genre de chose que je m’inquiète justement.

Simon sourit, elle commençait à trop bien le connaître. Il secoua la tête, prit le tournevis qu’il avait trouvé dans le débarras à coté de la salle de bain et s’allongea par terre, près du rebord de la baignoire. Il fallait qu’il arrive à ouvrir la trappe. C’est à ce moment-là que la sonnette de la porte d’entrée se mit en action. Il soupira mais ne bougea pas, il avait presque réussi à dévisser une visse et il lui en restait trois pour pouvoir dégager le panneau. Pour compliquer le tout, l’eau qui débordait de la baignoire lui tombait directement sur la tête et lui envoyait ses cheveux mi-longs dans les yeux.

— Chéri, tu peux aller ouvrir ? Demanda Raf que la sonnette exaspérait.
— J’y vais, j’ai presque fini…

Le téléphone se mit à sonner de concert avec la sonnette et Simon jura entre ses dents.

— C’est pas vrai ! Ils veulent ma peau, c’est pas possible ! Grogna-t-il en défaisant la deuxième visse.

En bas, dans la rue, les parents de Valérie s’impatientaient. Ils étaient revenus de leurs vacances tard le soir précèdent et avaient trouvé un message de leur fille leur demandant d’aller chercher Cassandra au plus vite.

— Alors ? Demanda le père de Val à bout de nerf.
— Toujours rien. Je ne comprends pas. Valérie a bien dit que Raf était là, non ? Et qu’elle devait rester alitée ?
— Oui.
— Attend, je vais essayer de nouveau de les appeler, toi continue à sonner, ça les fera peut-être venir.

Dans l’appartement, Simon avait enfin réussi à dégager la trappe et s’apprêtait à fermer le robinet. Il était tellement concentré qu’il n’avait pas remarqué le silence qui régnait. Raf excédée avait fini par se lever et par aller ouvrir la porte. Elle accueillit les parents de Val avec un sourire contrit et ils se dirigèrent tous vers la salle de bain où l’on pouvait entendre Cassandra pleurer.

— Mais qu’est-ce c’est que tout ca ? Murmura Raf ébahie par la scène qui s’offrait à elle.

Cassy pleurait parce que l’eau ne coulait plus. Et Simon avait du mal à se relever, l’eau savonneuse qui avait envahi la salle de bain le faisant glisser à plusieurs reprise. Quand le Suisse se tourna vers elle, elle tenta tant bien que mal de ne pas céder au fou rire qui montait. Le pauvre avait l’air d’un chien mouillé, et paraissait tout penaud avec ses habits trempés, ses cheveux en bataille et de la mousse sur le visage.

— Je t’avais dit que c’était pas grand chose, murmura-t-il tout embarrassé.
— Pas grand chose ? Les chutes du Niagara ce n’est rien à coté, dit le père de Valérie en essayant de garder son sérieux.
— Enfin… c’est à dire que… le robinet est cassé et je n’ai pas tout de suite trouvé la vanne pour tout arrêter.
— Et vous ne pouviez pas tout simplement enlever le bouchon de la baignoire pour éviter que celle-ci ne déborde ? Demanda la mère de Valérie.
— Le bouchon… la baignoire… Je…. Bredouilla Simon confus qui dans la panique n’avait pas songé à ce petit détail.

Le silence régna pendant une petite minute, troublé seulement par les pleurs de Cassandra. En voyant le visage déconfit de son fiancé, Raf ne put s’empêcher de rire.

— Mon pauvre petit doudou, fit-elle avec malice en ouvrant les bras. On ne peut vraiment pas te laisser sans surveillance !
— C’est pas de ma faute, dit-il en la prenant prudemment dans les bras. Je te promets que je te laisserais faire la prochaine fois.

Les parents de Val se regardèrent et se mirent à rire eux aussi. Cassandra arrêta de pleurer en voyant tout le monde s’esclaffer et les regarda comme s’ils étaient des extraterrestres. Ce n’était pas drôle du tout de ne plus pouvoir faire « comme à la mer » et puis elle voulait continuer à colorier l’eau. Elle vit sa grand-mère enlever ses chaussures et ses chaussettes, et aller la rejoindre pour lui faire un bisou. Elle termina de la laver puis l’enroula dans une serviette et l’emmena dans sa chambre pour l’habiller. De son coté, Simon avait remis Raf au lit malgré ses protestations, après lui avoir fait changer son pyjama, tout en mettant le père de Valérie au courant des derniers événements. Celui-ci parut un rien ébranlé mais il se garda de faire tout commentaire. Cassandra revint, habillée d’un pull bleu turquoise et d’un pantalon beige, et courut sauter sur le lit pour faire un bisou à sa tata. Sa mamy lui avait dit qu’elle allait passer quelques jours en sa compagnie et celle de papy et la petite fille ne tenait plus en place. Elle lui raconta cela à toute vitesse et Raf sourit tout en lui rendant son câlin. La mère de Val revint avec un sac où elle avait mis quelques affaires pour Cassy. Ils discutèrent encore pendant un moment puis ils partirent tout en faisant promettre au couple de les appeler si jamais ils avaient des nouvelles avant eux.

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Mar 27 Déc - 23:28

Largo arriva en trombe devant l’hôpital. Valérie et Georgi descendirent de la voiture, laissant le soin au milliardaire de trouver une place pour se garer. Dans la salle d’attente, Joy faisait les cent pas tout en regardant sa montre toutes les trente secondes.

— Joy ? Alors quoi de neuf ? Demanda le Russe en entrant dans la pièce, Valérie sur ses talons.
— Il a de nouveau été emmené au bloc. Tout ce que le médecin m’a dit, c’est qu’il faisait une hémorragie et qu’ils devaient agir au plus vite.
— Je ne comprends pas, ils l’avaient stabilisé pourtant !
— D’après l’une des infirmières avec qui j’ai discuté certaines blessures ne sont pas visibles de prime abord, elles sont soit trop petites pour qu’on puisse les détecter avant aggravation, soit dissimulées par des muscles ou d’autres organes.
— Seigneur…. Fit Valérie sentant ses genoux flageoler de nouveau. Je ne supporterais pas qu’il…

Il lui était impossible de dire les mots, une boule lui enserrait la gorge et des larmes menaçaient de couler de nouveau. Joy alla jusqu'à la machine à café et revint avec un gobelet.

— Tenez, buvez, cela va vous faire du bien.

Largo arriva à ce moment-là et Joy le rejoignit laissant le Russe veiller sur sa belle-sœur.

— Ca va ?
— Oui, un peu fatiguée, je dois l’avouer.
— Tu devrais rentrer, murmura-t-il en déposant un léger baiser sur sa joue.
— Peut-être quand il sera sorti de la salle d’opération, je ne peux pas les laisser, j’aurais le sentiment de les abandonner.
— Ce n’est pas très raisonnable, d’autant plus que tu es pratiquement à terme.
— Je t’en prie Largo, ne commence pas. Je suis trop fatiguée pour me battre avec toi.
— D’accord, d’accord, capitula le milliardaire qui ne pouvait rien refuser à la femme qu’il aimait.

Ils s’assirent en silence et attendirent. Valérie, épuisée par le voyage, le décalage horaire et les derniers événements avait fini par s’endormir la tête sur l’épaule de Georgi, leurs mains enlacées comme pour conjurer un mauvais sort que le malin aurait jeté sur eux. Au bout d’une heure, Joy se leva et commença à faire les cent pas. Elle avait des fourmis dans les jambes à force de rester assise sur ces chaises très inconfortables. Elle se dirigeait vers la machine à café pour se prendre un thé quand une douleur sourde lui coupa la respiration.

— Largo, souffla-t-elle en grimaçant et sentant un liquide couler le long de ses jambes.
— Joy ? Qu’est-ce qu’il y a ?
— Je crois que je viens de perdre les eaux, dit-elle en essayant de ne pas paniquer.
— Tu viens de… Oh mon dieu !

Il prit Joy dans ses bras et la fit asseoir sur le siège le plus proche puis se précipita vers le bureau des infirmières où une jolie brunette discutait avec une infirmière que Largo connaissait bien. C’était elle qui l’avait soutenu dans ses moments de désespoir quand Joy et Simon avaient été blessés tour à tour.

— Cynthia ! Appelle un médecin ! Vite !
— Calme-toi mon tout grand, répondit l’infirmière. Respire et dis-moi ce qu’il se passe.
— Ce qu’il se passe ? C’est que je vais devenir papa !
— Ca nous le savions déjà et c’est pour très bientôt si je ne me trompe pas.
— Oui…Non… Je vais être papa, maintenant ! Joy vient de perdre les eaux dans la salle d’attente !
— Et pourquoi tu ne le disais pas plus vite grand dadet ! Mindy appelle tout de suite le service obstétrique et fait venir une sage-femme pour accompagner la fiancée de ce grand gaillard à la maternité.

Il rejoignit Joy dans la salle d’attente où Valérie, réveillée par le tumulte, essayait tant bien que mal de rassurer la future maman. Une femme d’une cinquantaine d’années les rejoignit peu de temps après et emmena Joy vers le cinquième étage où se trouvait la maternité. Largo entama des va-et-vient incessants entre les deux étages, donnant des nouvelles de Joy aux uns et informant la future maman de la situation trois étages plus bas. Au bout de trois heures, le chirurgien sortit enfin du bloc.

— Mme Kerensky ?
— Comment va-t-il ? Demanda le Russe.
— Nous avons réussi à le stabiliser mais nous avons dû lui enlever la rate ainsi que suturer une déchirure du diaphragme. Il n’est pas encore tout à fait sorti d’affaire. Il a perdu beaucoup de sang et, même si nous lui avons fait une transfusion, il reste très faible. Nous allons devoir le surveiller de très près.
— Mais il va s’en sortir ?
— Pour dire la vérité, je dirais que ces chances tournent autour de 50%. Je suis désolé, j’aurais préféré être plus rassurant, dit-il en voyant le regard désespéré que lui lançait la femme de son patient qui restait silencieuse et laissait Georgi parler.
— Dans combien de temps serons-nous fixés ?
— Vingt-quatre, quarante-huit heures au plus s’il n’y a pas de complications. Il est jeune, athlétique et il a des très bonnes raisons de tenir bon. L’espoir est la dernière chose qu’il faut perdre.
— Nous pouvons le voir ?
— Une infirmière viendra vous chercher dès qu’il sera installé aux soins intensifs.
— Merci.

Le médecin s’éloigna d’un pas lourd, cela faisait plus de vingt-quatre heures qu’il était de garde et la fatigue commençait à se faire sentir. Largo arriva peu de temps après et Kerensky lui résuma les paroles du chirurgien.

— Et Joy, comment va-t-elle ? Demanda Valérie.
— Elle attend sa péridurales avec impatience mais ils ne veulent pas la lui faire tout de suite, ils disent que les contractions sont encore trop espacées.
— Ca a dû lui faire très plaisir, dit Val dans un demi-sourire
— Oui très, j’ai bien cru qu’elle allait déchiqueter l’infirmière quand elle le lui a annoncé, expliqua-t-il en essayant de ne pas rire.
— Ce n’est pas drôle, tu sais, protesta-t-elle en essayant de garder son sérieux, je voudrais bien te voir à sa place, essayant de faire sortir un éléphant par un trou de souris, finit-elle en tutoyant le milliardaire sans même s’en rendre compte.
— N’exagère quand même pas, dit Largo, les femmes font cela depuis des milliers d’années.
— Encore heureux parce que si cette tâche était laissée aux bons soins des hommes cela ferait belle lurette que l’humanité aurait disparu !
— C’est possible, fit Largo en se grattant la tête. Je vais remonter avant qu’elle ne mette le service de maternité à feu et à sang.
— D’accord. Dis-lui bien qu’on pense bien à elle et que je compatis à sa grande douleur.
— Je suis sûr qu’elle va en être ravie.

Il repartit laissant les deux Kerensky attendre la venue de l’infirmière qui ne tarda pas. Main dans la main, ils suivirent celle-ci jusqu’à une petite chambre aux murs de Plexiglas afin de faciliter la surveillance. La jeune femme leur expliqua l’utilité des équipements qui aidaient Ilia à tenir bon. Ils restèrent là, sans trop oser bouger, ni approcher de peur de débrancher un quelconque appareil. Le silence ambiant n’était troublé que pas les bips des machines. Ilia reposait au milieu du lit, il était d’une lividité presque cadavérique pourtant il semblait serein et presque en paix ce qui rassura Valérie, au moins il ne souffrait pas. A la fin des dix minutes, Val s’approcha embrassa son mari sur le front en lui promettant une prochaine visite très bientôt. D’après les règles de l’hôpital, il avait le droit à une visite d’une seule personne toutes les heures et d’une durée de dix minutes maximum.

A suivre...

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Scilia
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Mar 27 Déc - 23:48

tu peux pas arreter la !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! colere

Ilia !!!!!!!!!!!!!! Veux savoir s'il va s'en sortir moi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

La suite ! La suite !La suite !La suite !
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Valmont
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Jeu 29 Déc - 14:04

pff et après c'ets moi qui rale n'importe quoi...
MErci pour cette suite et je serais pas contre avoir encore une autre suite un jour (et puis Scilia mon tout petit tu as tellement de fic a terminer que de reclamer la suite ...^^)
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 22 Jan - 3:19

Coucou

Passage rapide pour une livraison express de la suite des aventures du doudou.....
faites de bo reves.... kiss
Bisous
Raf
***********************************************************
Le temps s’écoulait lentement. Il y avait maintenant plus de dix heures qu’Ilia était sortit de la salle d’opération et presque quatorze heures que le travail avait commencé pour Joy. Valérie et Georgi se partageaient le temps de visite et faisaient tout pour qu’Ilia sente qu’il n’était pas seul. Avec un petit sourire coquin, la jeune femme lui racontait les mésaventures de Simon avec le robinet récalcitrant et de Joy qui avait presque fracturé la main de Largo lors de l’une de ses contractions. Depuis une heure, la future maman avait été emmenée en salle de travail et Largo se tenait patiemment à ses cotés malgré ses menaces de représailles continuelles. Il espérait que cela se finirait vite parce qu’il ne savait pas si sa main allait supporter encore longtemps la pression que Joy lui imprimait chaque fois que la douleur lui déchirait le ventre. Trois heures et une main cassée plus tard, la petite Laura Marie venait au monde en hurlant à plein poumon. Au même moment, en réanimation, Val sentit la main de son mari serrer la sienne. Elle crut un instant qu’elle avait rêvé mais quand cela se reproduisit elle se précipita au bureau des infirmières pour les informer de ce changement. Les blouses blanches envahirent immédiatement la chambre, la repoussant à l’extérieur. Elle reprit enfin espoir et traversa à grand pas la salle d’attente où Georgi l’attendait. Il avait les traits tirés et la fatigue se faisait sentir pour chacun d’entre eux. Le médecin vint les trouver une demi-heure plus tard, un sourire aux lèvres.

— Alors ? Demanda le Russe impatiemment.
— Son état s’est enfin stabilisé et il est en train de sortir du coma.
— Ca veut dire qu’il est sauvé ? S’enquit Valérie avec espoir.
— Disons qu’il a fait le plus dur. Je pense qu’il ne court plus de danger mais il nous faut quand même rester prudent. Nous allons continuer de le surveiller mais le fait qu’il reprenne connaissance est un excellent signe.
— Merci docteur, fit la jeune femme soulagée.

Largo apparut à ce moment-là, le visage hagard et une main bandée. Il avait l’air d’être au septième ciel et ne semblait pas vouloir descendre de son nuage.

— Des nouvelles ? Demanda-t-il toujours en souriant béatement.
— Il s’est stabilisé, il est même en train de sortir du coma, expliqua Valérie avec excitation. Et toi ? Que t’est-il arrivé ? Fit-elle en désignant la main du milliardaire.
— Je suis papa ! Je suis papa d’une magnifique beauté de 3,750 kg et de 51 cm. Elle est… magnifique… parfaite… Elle a dix petits doigts de pied et dix petits doigts de main, elle a les yeux de sa mère.
— Et ta main ?
— Euh… ça ? C’est rien, juste un accident, elle ne l’a pas fait exprès.
— Elle ? Qui elle ? Commença à demander le Russe avant d’étouffer un éclat de rire. C’est Joy qui t’a fait cela ?
— C’est pas de sa faute, elle avait mal, maugréa Largo.
— Félicitations, fit Valérie. La maman se porte bien, je suppose ?
— Oui, comme un charme. Elle a totalement oublié toutes les menaces dès qu’elle a tenu le bébé dans ses bras.
— Et comment vous avez décidé d’appeler cette charmante enfant ?
— Elle s’appelle Laura Marie.
— C’est joli, dit Georgi qui n’avait aucun mal à imaginer Largo en papa gâteau. Et je suis sûr qu’elle n’aura aucun mal à te faire faire ses quatre volontés.

Le milliardaire ne répondit pas, il était tout à sa joie et rien ne semblait pouvoir la lui gâcher mis à part une chose. Il lui manquait son meilleur ami avec qui partager toute cette joie. Il aurait tellement voulu qu’il soit là. Il lui en voulait un peu, même s’il savait que c’était égoïste de sa part et que Simon ne pouvait en aucun cas abandonner sa fiancée après tout ce qu’ils avaient traversé.

— Faut que j’appelle Simon.
— Largo, il est… 4 heures du matin à Paris, fit Valérie en regardant sa montre. Je ne suis pas sûre que Raf va être ravie d’être réveillée d’aussi bonne heure.
— C’est pas grave, Simon la calmera, dit-il avec un sourire sous-entendu quant à la manière dont son ami calmerait sa fiancée.

Il prit l’ascenseur et sortit sur le parking de l’hôpital pour téléphoner. Il fallait qu’il partage cette bonne nouvelle avec ses êtres chers et cela comprenait Simon.

***

A Paris, les choses avaient repris leur cours normal après les démêlés du Suisse avec un certain robinet. Raf avait passé des examens qui avaient confirmé le premier diagnostique. Si elle voulait mener sa grossesse à son terme, il lui fallait rester allongée et se fatiguer le moins possible. Elle avait pris la nouvelle assez bien, même si passer les six prochains mois au lit ne l’enchantait guère. Simon veillait à ce qu’elle obéisse aux ordres du médecin et faisait tout son possible pour qu’elle ne soit jamais seule et qu’elle ne s’ennuie pas trop. Sinon elle était en bonne santé mis à part un sommeil encore plus léger et plus perturbé qu’à l’habitude. Il n’était pas rare qu’elle se réveille en plein milieu de la nuit, en pleine crise d’angoisse. Raf venait de se réveiller terrifiée, elle ne savait pas pourquoi mais elle se sentait oppressée et n’avait qu’une seule envie, prendre la fuite. Elle regarda le radioréveil, il était à peine quatre heure du matin. Elle se laissa tomber sur l’oreiller en espérant ne pas avoir réveillé Simon. La sonnerie du téléphone la fit sursauter et elle laissa échapper un petit cri de détresse. Le Suisse tapa sur le réveil pour le faire taire puis, constatant que la sonnerie ne s’arrêtait pas, il réalisa que c’était le téléphone. Il le chercha à tâtons sous l’œil amusé de Raf.

— Allô ! Grogna-t-il.
— Je vois que tu es toujours aussi agréable au réveil, fit malicieusement Largo.
— Oui, surtout que j’étais entrain de faire un magnifique rêve du genre très privé, continua-t-il sur le même ton en jetant un coup d’œil à sa compagne qui, malgré l’inquiétude qu’il pouvait lire sur son visage, souriait.
— Le genre de rêves qui donnent envie de faire pleins de câlins à une certaines personne ?
— Si, tout a fait, chose que je ne vais pas tarder à faire, alors qu’est-ce qu’il y a ?
— Il y a que la famille vient de s’agrandir. Une véritable petite merveille. Elle est aussi belle que sa mère, ce qui n’est pas peu dire ! S’extasia Largo
— Non, c’est vrai ? Joy a accouché ?
— Oui, d’une magnifique petite fille, 3,750 kg et 51 cm.
— Eh ben, elle a bien travaillé la maman. Attends une minute… Tu as bien dit une fille ? C’était pas sensé être un petit gars ?
— Ils se sont trompés lors de l’échographie. Mais quelle importance ! Elle est… Elle est magnifique…
— Des nouvelle d’Ilia ? Demanda le suisse en essayant de ne pas éclater de rire en entendant son ami.
— Il va mieux, il est en train de sortir du coma. Si tout va bien, il devrait être sorti des soins intensifs d’ici quarante-huit heures.
— Magnifique !
— Et vous deux ça va ?
— Oui ne t’inquiète pas, d’après le médecin, Raf pourra voyager très bientôt alors nous pourrons venir vous rejoindre. J’ai hâte de voir cette petite merveille.
— Bon, je vais rejoindre Joy avant qu’elle envoie la garde nationale à ma recherche. Embrasse bien ta dulcinée pour moi. Tu me manque vieux frère.
— A moi aussi
— A bientôt.

Simon raccrocha et se tourna vers Raf qui triturait son mouchoir en attendant qu’il lui rapporte les détails de la conversation. La première chose qu’il fit se fut l’embrasser et la prendre dans ses bras avant de lui raconter tous les événements. La jeune femme se sentit soulagée, elle espérait que tout rentrerait dans l’ordre bientôt pour pouvoir relâcher un peu la tension qu’elle sentait planer autour d’elle. Même si Simon faisait tout pour la rassurer, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour sa meilleure amie et son mari. Ils ne méritaient pas ce qui leur arrivait. Elle se rendormit, la tête nichée au creux de l’épaule de Simon qui, trop excité par les nouvelles qui venait de recevoir, resta éveillé. Il se demanda si le fait que son meilleur ami soit devenu père allait changer quelque chose à leur relation puis, soudainement, il réalisa que lui aussi allait bientôt rejoindre son ami dans ce rôle. Il sourit. Il allait devenir père. Il allait pouvoir élever et donner tout son amour un enfant qui serait sans doute magnifique. Il regarda sa compagne qui dormait et l’embrassa doucement sur le front. Dans un mois, elle serait en état de voyager, l’appartement était déjà prêt à les recevoir. Toutes leurs affaires étaient emballées et prêtes à partir dès qu’ils le décideraient. Sans s’en rendre compte, il glissa lui aussi dans un sommeil réparateur où il rêva qu’un petit garçon aux cheveux noirs comme le geai et au visage souriant, courant à sa rencontre en l’appelant papa, le tout sous le regard empli d’amour de Raf.

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 22 Jan - 3:21

A New York, Valérie avait enfin accepté de quitter l’hôpital pour un court moment. Largo l’avait emmenée au penthouse pour qu’elle puisse prendre une douche, manger un morceau et dormir quelques heures. Elle avait commencé par refuser la proposition du milliardaire mais Georgi ne lui avait guère laisser le choix. Même si elle ne voulait pas l’admettre, elle se sentait exténuée et elle s’endormit dès que sa tête toucha l’oreiller. Largo, lui, était allé à un conseil d’administration malgré la fatigue des dernières heures. Il aurait préféré passer ce temps avec Joy et leur enfant mais Sullivan veillait au grain. Il lui fallait défendre, face Cardignac et aux autres chacals du conseil, un projet qui sauverait des milliers d’emplois au sein de la branche asiatique du Groupe W. Quand il revint en fin de matinée, il trouva Valérie au téléphone avec Kerensky.

— Bonjour, fit-il quand elle eut reposé le combiné.
— Bonjour. Tu veux du café ? Je viens juste d’en faire.
— Volontiers, répondit-il en se laissant tomber dans l’un des fauteuils.
— Dure matinée ? S’enquit-elle en lui servant une tasse du liquide marron.
— Tu peux le dire, soupira-t-il, et Ilia ?
— D’après Georgi, il devrait être conscient dans quelques heures. Il fait des progrès, il répond à diverses stimulations. D’après le médecin, il ne devrait pas y avoir de séquelles, même si la remise en marche risque de prendre du temps. Oh Joy a appelé aussi. Elle voudrait que tu lui ramènes quelques affaires. Elle m’a fait une liste, tiens, fit-elle en lui tendant un papier.
— Merci, dit-il en le prenant et le mettant dans la poche de son pantalon. Et toi, comment vas-tu ?
— Moi ? Je vais bien.
— C’est sûr ça ? J’ai du mal à te croire.
— Oui, oui, je vais bien.
— D’accord, d’accord, dit-il en levant les bras en signe de reddition, mais si jamais tu as besoin d’une épaule, je peux t’offrir la mienne.
— Merci, c’est très gentil, fit-elle en déposant un léger baiser sur la joue du milliardaire.

Elle retourna dans la chambre d’ami. Comment se faisait-il que cet homme, qu’elle avait pourtant détesté au premier abord, soit devenu un ami aussi proche ? Elle s’habilla puis jeta un œil sur les deux photos qui trônaient sur sa table de chevet. L’une d’elle la représentait avec Ilia. Ils étaient assis dans l’herbe dans le parc des Buttes Chaumons à Paris. Enlacés, ils souriaient à la vie. Elle avait été prise peu avant leur mariage par un couple de touristes japonais qui avait été ravi de les photographier. L’autre était une photo les représentants tous les cinq : Ilia, Cassandra, Raf, Simon et elle-même. Elle avait été prise à Disneyland où ils avaient passé une journée mémorable pour faire oublier à Rafaela ses ennuis avec une certaine entreprise de dépannage. Ils semblaient tous si heureux sur cette photo. Elle semblait être à mille lieux de la réalité actuelle. Elle se demanda si cela se terminerait un jour parce que les derniers mois avaient été très chaotiques entre la tentative de suicide de Simon, la fuite de Raf et ses conséquences presque dramatiques et maintenant Ilia qui essayait de revenir vers elle. La seule chose positive était l’arrivée de cette petite fille aux cheveux noirs et aux joues roses nommée Laura Marie. Elle était montée voir Joy avant de rentrer au Penthouse. L’ancienne garde du corps semblait tout à fait épanouie malgré la fatigue de l’accouchement. Elle semblait si fière de son enfant. Elle fut tirée de ses pensées par Largo qui toquait à la porte de la chambre.

— Tu es prête ? Demanda-t-il en entrant dans la pièce.
— Oui, on peut y aller, répondit Valérie en reposant le cadre sur la table de nuit.
— Ca va ?
— Oui, justes quelques souvenirs qui viennent me rendre visite.
— Alors allons-y.

Sans mot dire, ils quittèrent le Penthouse pour l’hôpital. Valérie avait appelé ses parents pour prendre des nouvelles de Cassandra. La petite fille s’ennuyait de ses parents et, malgré la visite quotidienne de tonton Simon, elle les réclamait de plus en plus souvent. Elle avait parlé à ce dernier et il avait tenté de la rassurer sur l’état de santé de sa meilleure amie. Mais rien ne semblait pouvoir apaiser cette peur qui la minait. Son monde était en équilibre précaire et elle avait peur que celui-ci ne fut rompu d’une manière tragique. Elle avait dans l’idée qu’une nouvelle catastrophe était en train de se préparer. Elle n’aurait su dire comment elle le savait mais elle en était persuadée. Elle poussa un long soupir en traversant les couloirs de l’hôpital la menant jusqu’au service des soins intensifs. Val trouva Kerensky assoupit sur l’une des chaises de la salle d’attente. Elle le regarda un instant dormir. Il était si semblable et pourtant si différent de son mari. Elle appréciait cette force qui émanait de lui et cette fragilité cachée qu’il ne montrait jamais, sauf peut-être quand il regardait son frère à travers le carreau de sa chambre. Elle l’avait déjà surpris plusieurs fois la dévisager essayant de trouver en elle quelque chose qu’il semblait ne pas pouvoir cerner. L’infirmière vint la prévenir qu’elle pouvait aller voir son mari. Elle jeta un dernier regard sur Georgi et se dirigea rapidement vers la chambre où était cet homme qui avait fait d’elle une femme heureuse et comblée.
Valérie entra dans la pièce qui était plongée dans la pénombre. Le silence était interrompu par le ronflement des machines qui surveillaient Ilia et qui étaient prêtes à donner l’alerte au moindre problème. Elle s’assit sur le fauteuil à coté de son lit, lui prit la main et commença lui parler. Elle lui donna les dernières nouvelles de leur fille qui attendait avec impatience le retour de ses parents. Elle sentit une pression dans sa main et elle leva les yeux pour constater que le regard bleu céruléen de son mari la fixait. Il tenta de parler mais elle l’en empêcha en lui expliquant qu’il avait un tuyau dans la gorge pour l’aider à respirer. Elle se sentait tellement soulagée ! Elle l’embrassa sur la joue avant d’aller prévenir l’équipe de garde qui bientôt envahit la pièce en la mettant à la porte. Elle se dirigea vers la salle d’attente où elle eut la surprise de retrouver Joy et Largo en grande conversation avec Kerensky.

— Hey ! Comment ca va ? Demanda Largo en voyant le visage pâle de Val.
— Il est réveillé, fit elle en souriant.
— C’est fantastique, dit Joy en la prenant dans ses bras et en la faisant asseoir.
— Les médecins sont avec lui en ce moment même.

Georgi se tenait un peu à l’écart de toute cette joie. Ses sentiments étaient mitigés, il n’aurait pu expliquer pourquoi. Il était heureux de voir son frère hors de danger, mais, d’un autre coté, il avait peur que son passé ne revienne le hanter encore une fois et qu’Ilia ne paye à nouveau pour ses erreurs. Il aurait dû disparaître mais, étant donné la situation, il ne pouvait plus mettre son plan à exécution. Largo, Joy, et surtout Valérie, ne le laisseraient pas faire. Ils allaient veiller à ce qu’il reste dans leur vie qu’il le veuille ou non. La fuite n’était pas une solution. Non, vivre en cavale toute sa vie n’était pas une chose qu’il voulait expérimenter. Il avait assez vagabondé par monts et par vaux, il était temps pour lui de recommencer à vivre mais en serait-il capable ? Il avait mis tant d’énergie à devenir invisible, à contrôler sa vie, qu’il ne savait pas s’il serait capable de se laisser aller. Il sentit une main sur son épaule et vit Valérie lui sourire.

— Je sais à quoi tu penses mais je ne te laisserais pas faire alors n’essaye même pas, sauf si tu veux vraiment me voir en colère.
— Tu espères me faire peur ?
— Je veux surtout t’empêcher de faire une bêtise, répliqua Val avec un sourire mutin mais avec un regard qui était des plus sérieux.
— Nous verrons… répondit Kerensky.
— Oui, nous verrons que c’est moi qui gagnerais cette petite guerre.
— Que vas-tu faire maintenant qu’il est réveillé et hors de danger ?
— Je n’y ai pas vraiment pensé, murmura-t-elle en commençant à réfléchir à la question. Je pense que le mieux serait de tout faire pour que notre installation ici soit terminée avant qu’il ne sorte de l’hôpital. Plus vite ce sera fait, plus vite je pourrais aller chercher Cassandra. Elle me manque, tu sais.
— Si on s’y met tous, ça doit être possible.

Valérie expliqua son idée à Largo qui les avait rejoint après avoir raccompagné sa fiancée à la maternité. Il approuva soulignant le fait que le déménagement de Simon et Raf pourrait se faire en même temps. Quand le médecin vint les rejoindre, ils discutaient de différents projets d’aménagement.

— Alors docteur ? Demanda Valérie anxieuse qui avait peur d’avoir tiré des plans sur la comète.
— Pour autant que je puisse dire, il va bien. Il respire sans aide, ce qui est une très bonne chose.
— Y aura-t-il des séquelles ?
— D’après les premiers examens, je dirais non, mais je préfère attendre les résultats du scanner et de l’IRM que j’ai demandé. Nous devrions avoir une réponse définitive demain soir.
— Quand pourra-t-il quitter l’hôpital ?
— Pas avant un bon mois si tout se déroule correctement. Nous le gardons encore ici pendant les prochaines quarante-huit heures, ensuite nous le transférerons dans une chambre particulière.
— Merci docteur, fit Valérie émue
— Vous devriez aller le voir et ensuite vous reposer. Les semaines qui viennent risquent d’être bien remplies.

Val remercia le médecin encore un fois, jeta un œil à ses deux amis qui l’avaient tant soutenue et alla rejoindre l’homme qu’elle aimait. Quand elle entra dans la pièce, il lui dédia un sourire qui aurait pu faire fondre les neiges du Kilimandjaro.

— Salut ma toute belle, dit-il d’une voix faible et rocailleuse. Je t’ai manqué ?
— Tu ne peux pas savoir à quel point, répondit-elle au bord des larmes. J’ai bien cru pendant un instant que tu ne reviendrais pas.
— Je n’aurais jamais pu abandonner une femme aussi merveilleuse que toi, ainsi qu’une petite file qui lui ressemble tant. J’avais toutes les raisons de m’accrocher.
— Je t’aime, fit-elle en savourant le goût sucré de ses lèvres.

Le baiser fut tendre et doux, emplit de tout l’amour que chacun ressentait pour l’autre. Elle traça du bout des doigts les contours de son visage pour le graver dans son cœur. Il fit pareil, imprimant dans sa tête et dans son âme chaque détail de cette image qui l’avait tenu en vie, qui l’avait aidé à se battre quand la tentation de se laisser dériver vers le sommeil éternel devenait trop forte.

***

L’organisation des détails des deux déménagements prit un peu plus de quinze jours. Simon avait commencé à faire les cartons, aidé par Largo pendant le week-end. Celui-ci avait pris le jet avec Georgi tandis que Valérie et Joy s'occupaient activement à la décoration de l’appartement qu’ils allaient occuper. Raf se sentait frustrée de ne rien pouvoir faire mais elle ne dit mot, ne voulant pas retarder l’échéance par ce qu’elle considérait comme des jérémiades. Pourtant, au fond de son cœur, la peur s’emparait d’elle et plus le moment approchait, plus elle avait du mal à cacher son état d’agitation. Simon était tellement heureux qu’il ne remarqua pas la détresse de la jeune femme qui passait des heures à faire semblant de lire ou de dormir tandis que l’on s’affairait autour d’elle.

— Ca va ? Demanda Largo à celle-ci tandis que Simon était allé chercher du ruban adhésif au bazar du coin.
— Oui, pourquoi cela n’irait pas ? Répondit-elle sur la défensive.
— Je ne sais pas, je ne vous sens pas très enthousiaste. Vous ne voulez pas venir vivre à New York ?
— Bien sûr que si, mentit-elle, c’est juste que je suis frustrée de ne pas pouvoir vous aider.
— Cela je peux le comprendre mais j’ai l’impression qu’il y a plus.
— Vous vous trompez, affirma Raf avec un tremblement dans la voix.
— Vous en êtes sûre ? Insista le milliardaire. Je pourrais comprendre que vous ayez peur de partir vers un pays que vous ne connaissez pas et où vous ne connaissez personne mis à par votre amie Valérie.
— Je n’ai pas peur, murmura-t-elle comme pour s’en persuader. Je suis sûre que tout va bien se passer, termina-t-elle avec une conviction qu’elle était loin de ressentir et avec des larmes dans les yeux.
— Comme vous voudrez, répondit Largo qui ne voulait pas mettre la jeune femme mal à l’aise. Mais promettez-moi une chose s’il vous plaît, rajouta-t-il avec douceur.
— Laquelle ? Demanda Raf sans oser le regarder dans les yeux, elle avait honte qu’il l’ait percée à jour.
— Si jamais vous avez besoin de parler, faites-le. Ne gardez pas pour vous des choses qui pourraient vous faire du mal. J’écoute très bien et j’ai une épaule confortable si jamais vous avez besoin de vous y appuyer. Alors, j’ai votre promesse ?
— Vous l’avez, dit-elle le fixant intensément.

Ses sentiments envers Largo étaient ambigus. Elle l’avait détesté depuis le jour de leur première rencontre. Elle l’avait considéré comme un ennemi qui venait lui prendre la chose la plus précieuse qu’elle avait dans sa vie : Daniel. Pourtant, force lui était de constater que malgré une première rencontre dramatique, son fiancé semblait pleinement comblé par la présence de son ami dans sa vie. S’il en était ainsi, il ne pouvait pas avoir un mauvais fond. Elle étudia le milliardaire occupé à empaqueter des livres en fredonnant sur la musique ambiante. Il avait l’air heureux et détendu et ce n’était pas seulement dû à sa nouvelle paternité qui, elle le savait, le mettait en joie. Il y avait derrière cette façade d’homme d’affaire, une force, un amour et une tendresse qui ne demandaient qu’à se montrer. Raf se sentait confuse. Il ne correspondait en rien à l’image qu’elle s’était fait de lui.

A suivre...

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 22 Jan - 15:51

Je vais finir par aller bouder moua, à peine tu mets la suite que tu me frustre en t'arrêtant !!! Pas drole !!!! Je veuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuux la suiiiiiiiiiiiiiiiiiite !!! danse danse danse danse danse danse danse danse danse ==> tu vois dans son regard les encouragements qu'il t'envoie en te disant de continuer ?
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Jeu 2 Fév - 16:30

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAFFFFFF (tu saisis le desespoire dans ma voix !)

Mais qu'est ce que tu fiche ? COmment peux tu me laisser comme ça dans l'attente ? C'ets vilain de ta part si tu continue à ne pas mettre de suite je vias te harceler (Scilia pourra te dire combien je peuxetre agaçant) alors met la suiiiiiiiiiiiiiiite !
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 1 Avr - 16:05

Je sais je suis terriblement en retard dans mes post vais essayer de faire cela plus regulièrement
Voila la suite du doudou
enjoy the ride
bisous
Raf
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De leur coté, Joy et Valérie travaillaient d’arrache-pied pour rendre confortable le quatre pièces qui n’avait pas été occupé pendant des années. La vue sur Central Park était imprenable mais le reste de l’appartement faisait peine à voir. Des taches d’humidité ornaient çà et là les murs. Une odeur de renfermé régnait dans la plupart des pièces malgré les fenêtres ouvertes. Dans la cuisine, des plaques de plâtres menaçaient de se détacher du plafond et dans la salle de bain, la peinture beige s’écaillait, laissant apparaître l’ancienne couleur qui avait ornée le mur, un mauve d’un goût plus que douteux. Les ouvriers travaillaient sous la surveillance des deux femmes qui n’hésitaient pas à mettre à la main à la pâte, ou plutôt à la peinture, activité dans laquelle elles finissaient avec autant de couleur sur elles que sur le mur. Quinze jour après le début des travaux, la maison était transformée et avait retrouvé toute sa splendeur. Les moulures bordant les plafonds avaient été restaurées, de la moquette beige avait remplacée l’affreuse moquette marron. La salle de bain avait été carrelée et entièrement réaménagée pour en faire un endroit de détente. La cuisine était équipée des appareils électroménagers dernier cri. Les chambres se déclinaient en plusieurs couleurs pastel : légèrement rosé dans la chambre de Cassandra, bleuté dans la chambre d’ami, lavande dans la chambre des maîtres de maison. Le salon, pièce maîtresse de l’appartement, avait été repeint en blanc avec un léger soupçon de vert qui s’accordait à merveille avec les doubles rideaux qu’elles venaient de mettre en place. Les meubles, et autres affaires, devaient arriver le jour suivant. Une fois tout installé, ce qui d’après les calculs de Valérie prendrait encore une bonne semaine, elle irait enfin chercher sa fille qui lui manquait. Ilia, de son coté, se remettait doucement et attendait avec impatience les visites de sa femme qui lui racontait, avec force détail, l’avancée des travaux entrepris. Il lui tardait de pouvoir la serrer dans ses bras et de lui faire l’amour jusqu'à ce qu’elle demande grâce.

***

L’appartement qui devait accueillir Simon et Raf, se trouvait juste à coté du penthouse. Même si ce n’était que provisoire, Simon avait dans l’idée de s’acheter une maison pour pouvoir y élever ses enfants, loin de la folie du groupe W. Il devait lui aussi être aussi confortable que possible. Largo, Joy et Val essayaient de trouver un moyen pour que Raf ne passe pas tout son temps enfermée dans la chambre. Connaissant la jeune femme, Valérie se doutait bien que si elle se sentait isolée, elle allait se renfermer plus sur elle-même. Largo regarda autour de lui, l’appartement était presque prêt mais il manquait encore quelque chose mis à part les affaires des deux tourtereaux. Il se sentait soucieux car, malgré son insistance, non seulement Rafaela continuait de le traiter comme un ennemi, mais elle refusait catégoriquement de reconnaître qu’elle était paniquée à l’idée de laisser derrière elle tous ses repères.

— Tu es sûr de ce que tu avances ? Demanda Valérie en fronçant les sourcils.
— Ca se voit comme le nez au milieu de la figure je te dis, plus la date approche plus elle se referme comme une huître.
— Ca m’étonne que Simon n’ait rien remarqué, dit Joy.
— Ce n’est pas apparent tu sais, elle est très douée pour faire croire que tout va bien. Mais je peux te jurer que je peux presque sentir sa peur monter.
— Tu as essayé de lui parler ?
— Autant parler à un mur, répliqua-t-il avec frustration. C’est fou à quel point elle peut ressembler à Simon.
— Que veux-tu dire ? Demanda Valérie intriguée.
— Simon est quelqu’un de très fragile, de renfermé, et avec un manque d’assurance chronique, c’est pour cela qu’il s’est créé cette façade de clown et d’insouciant. Il n’y a que très peu de personnes qui savent à quel point il peut être vulnérable.
— Je n’aurais jamais cru cela.
— Raf, elle, va éloigner toute personne qui franchira la limite de ce qu’elle veut bien montrer, expliqua Largo qui commençait à cerner le jeune femme, elle va rentrer dans sa coquille jusqu'à ce que le danger soit passé. Elle va prétendre que tout va bien même si cela doit la rendre malade.
— Je sais, soupira Val. Elle a déjà essayé de me virer au moins deux ou trois fois de sa vie et je parie tout ce que tu veux qu’elle va essayer de le refaire dès que l’on se retrouvera.
— Comment en es-tu si sûre ? Demanda Joy avec curiosité qui avait du mal à imaginer un tel lien.
— Parce que je la connais comme si je l’avais faite, nous avons dû être sœurs siamoises dans une autre vie. Elle va se dire que maintenant que je vais avoir une nouvelle vie, je ne vais plus avoir besoin d’elle donc elle va tout faire pour m’éloigner. D’ailleurs, elle a déjà commencé, elle ne me parle presque plus au téléphone quand j’appelle et ne m’appelle que rarement et lorsque ça arrive, elle reste au bout du fil très peu de temps.
— Et que comptes-tu faire ? S’enquit Largo tout aussi curieux que sa fiancée.
— Ce que je fais chaque fois.
— C’est à dire ? Demanda-t-il.
— Remettre les choses au point : lui répéter que ce n’est pas parce qu’une nouvelle vie commence, qu’elle ne va pas en faire partie. Mais je pense que cette fois cela va être un peu plus difficile de lui faire comprendre.
— Pourquoi cela ?
— Parce qu’elle va être déstabilisée par le déménagement d’une part, et d’autre part par sa grossesse qui ne se passe pas aussi normalement qu’elle aurait voulu. Je sais que cela la travaille même si elle n’en parle pas. Elle aura eu tout le temps de se faire des films catastrophes et de monter ses défenses. Cela va me prendre beaucoup plus de temps à les faire tomber.
— Excuse-moi de te demander cela, mais tu n’as pas songé à…
— A rompre cette amitié ? Je ne crois pas que cela m’ait traversé l’esprit, même si parfois il est vrai qu’elle me pousse à bout. Mais il y a une chose qu’il faut que tu comprennes Joy, c’est que j’ai autant besoin d’elle, qu’elle a besoin de moi. Nous n’avons presque aucun secret l’une pour l’autre. C’est pour cela qu’il faut que l’on trouve une solution pour ne pas qu’elle reste enfermée dans cette chambre toute la journée.

Le silence retomba, chacun méditant les paroles qui venaient d’être dites. Soudain Largo se leva et farfouilla dans le tas de catalogue qui gisait sur une caisse en bois. Il en tira un feuillet, puis un autre à la recherche d’une bergère qu’il avait vu. Ils pourraient peut-être lui aménager un petit coin confortable dans le salon. Enfin il la trouva et la montra aux filles qui hochèrent la tête quand il leur expliqua son idée. Il appela ensuite Kerensky pour qu’il mette au point une installation vidéo, audio et surtout informatique, pour que Raf puis continuer à surfer, à discuter ou a écrire si l’envie lui prenait. Georgi promit de s’en occuper l’après-midi même. Il avait une petite idée de ce qu’il faudrait comme matériel et parut ravi quand le milliardaire lui annonça qu’il avait carte blanche.

***

Le jour du déménagement arriva. Largo avait loué un avion sanitaire pour rapatrier Raf et Simon tandis que Valérie et Cassandra voyageaient dans le jet en sa compagnie. Joy était restée à New York. Elle refusait de quitter Laura Marie même pour 48h. Georgi tenait compagnie à son frère qui devait sortir de l’hôpital la semaine suivante. Celui-ci était impatient de retrouver toute sa petite famille et surtout il en avait assez de la nourriture aseptisée et sans goût. Il avait pu parler avec Cassy, via la webcam de ses beaux-parents, mais il aurait cent fois préféré serrer sa fille dans ses bras, chose qui serait possible le jour suivant. Georgi avait soigneusement évité son frère pendant les deux premières semaines de sa convalescence. Cela avait duré jusqu’à ce que Valérie le menace, avec la complicité de Largo et sous l’œil amusé de Joy, de changer les codes de la porte d’entrée du bunker et de lui confisquer tous ses gadgets électroniques s’il ne rendait pas visite à son frère. Il avait dû se rendre à l’évidence : les deux femmes ne plaisantaient aucunement soutenues activement par le milliardaire, elle ne lui laissaient aucun autre choix que de céder. Il se rendit à l’hôpital en bougonnant. Il resta bien une bonne demi-heure devant la porte de la chambre avant de trouver le courage d’entrer. Quand enfin il pénétra dans la pièce, son frère l’accueillit avec un sourire bienveillant.

— On peut dire qu’il t’en aura fallu du temps. Heureusement que ma femme a des arguments de choc !
— Ah parce que…
— C’est même moi qui lui ai donné l’idée, je savais qu’il fallait au moins ça pour te convaincre.
— Tu devrais avoir honte, fit Kerensky d’un air faussement offensé.
— Moi ? C’est plutôt toi qui devrais avoir honte ! A ton âge, te perdre dans les couloirs de l’hôpital et ne pas réussir à trouver ma chambre, c’est tout de même malheureux ! J’espère que Valérie t’a fait un beau plan pour que tu ne te perdes plus.
— Elle a même fait mieux, elle m’a accompagné jusqu'à la porte.
— Elle t’a accompagné ou elle t’a traîné ? Demanda Ilia avec un sourire malicieux.
— Disons qu’elle ne m’a pas vraiment laissé le choix. C’était cela où elle me traînait par les cheveux façon « femme de Cro-Magnon », tu imagines le scandale ?
— Quand je te dis que ma femme a des méthodes percutantes !
— Percutantes ? Le mot est faible, j’ai failli appeler la CIA, le KGB et le FBI pour l’arrêter.
— Oui mais tu vois, je ne crois pas qu’ils auraient fait le poids.
— C’est bien ce que je me suis dit.

Ils éclatèrent de rire à l’unisson. Une infirmière qui passait dans le couloir sourit en voyant les deux frères plaisanter. Elle ferma la porte entrouverte laissant les jumeaux se retrouver.

***

L’installation de Simon et Raf se passa en douceur. Arrivés tard dans la soirée pour cause de mauvais temps, ils avaient dû faire une escale à Chicago avant de pouvoir rejoindre New York. Ils avaient rapidement pris une collation et étaient allés dormir, épuisés par le décalage horaire. Rafaela était émue de voir que tout avait été étudié pour qu’elle soit la plus autonome possible. La bergère avait été placée de manière assez centrale pour avoir accès à tous les équipements vidéo et audio. Sur une petit table roulante était installé un ordinateur portable dernier cri, prêt à surfer sur les vagues du net. Elle regarda Simon puis Largo qui paraissait satisfait de la surprise.

— Merci, fut la seule chose qu’elle put dire avant d’embrasser son fiancé et faire la bise à Largo qui lui fit un clin d’œil. Elle n’avait pas oublié la proposition de celui-ci et commençait à la reconsidérer sérieusement.
— Tout le plaisir a été pour moi. Alors on fait la paix ?
— Je ne savais pas que nous étions en guerre, dit-elle avec un sourire désarmant de sincérité.
— Nous sommes amis ?
— Oui, amis, fit la jeune femme en se laissant envelopper par sa gentillesse.
— Hum, hum, toussota Simon avec un sourire espiègle, c’est ma fiancée que tu embrasses là.
— Et alors ? Fit Largo en souriant.
— Alors ? Alors ? Elle est à moi tout seul, comme un grand, répondit-il sur un ton gamin, et cette fois, je ne partage pas !
— Cette fois ? Demanda Raf en haussant un sourcil.
— Ben oui, en tant que frères siamois on partage tout, même…
— Ca va, j’ai compris, pas la peine de me faire un dessin mais encore heureux que vous ne partagiez plus vos conquêtes parce que sinon… Quoique… fit Rafaela en détaillant Largo du regard, je me demande si je ne perds pas au change, finit-elle ravie de voir son fiancé battre en retraite.
— Hey ! C’est de mon meilleur ami que tu parles !
— Oui et alors ? Demanda-t-elle en regardant Largo qui avait une furieuse envie d’éclater de rire.
— Alors tu vas voir, ma vengeance va être terrible ! Tu as osé poser ton regard sur un autre homme que moi !
— Et quel homme ! Le taquina-t-elle.
— Non mais tu as vu Largo ! C’est de la provocation

Simon s’assit sur le bord de la bergère où la jeune femme avait prit place après le petit déjeuner au lit qu’il lui avait apporté et la chatouilla jusqu'à qu’elle soit à bout de souffle et demande grâce.

***

Ilia sortit de l’hôpital une semaine plus tard et retrouva sa femme, et sa fille, pour son plus grand bonheur. Une soirée fut donnée au Penthouse pour fêter son rétablissement. Il reprit son travail d’architecte trois semaines plus tard. Valérie aussi était très occupée, Largo lui avait confiée la décoration des bureaux de la tour. Pour certains, comme ceux du service juridique, celle-ci datait en effet de sa construction presque vingt ans auparavant, et commençait à être quelque peu défraîchie. Simon avait repris son poste de chef de la sécurité et se trouvait trop souvent à son goût en déplacement avec Largo. Joy pouponnait et mettait en œuvre un projet qui lui trottait dans la tête depuis un moment. Elle ne travaillait pas pour le moment mais elle se disait, qu’à un moment ou à un autre, elle aurait besoin de retrouver une activité. Le problème qui se posait à elle était qu’elle ne souhaitait pas prendre une nourrice à plein temps. Elle voulait que sa fille grandisse entourée d’autres enfants de son âge. Elle s’était alors mise en tête de créer une garderie, qui accueillerait les enfants depuis leur naissance jusqu'à ce qu’ils soient en âge de se débrouiller seuls, pour le personnel qui tournerait 24h/24h. Quand Largo lui avait demandé pourquoi, elle lui expliqué que l’endroit ne dormait jamais. Les femmes de ménages, les agents de sécurités et autres personnels qui travaillaient en décalage par rapport aux heures de bureaux avaient eux aussi besoin de faire garder leurs enfants. Elle tendit alors un rapport avec les plans dessinés par Ilia, le système de sécurité à utiliser, le budget qu’il leur faudrait y allouer. Le dossier détaillait de façon précise les différentes sections qui composeraient ce centre de loisirs selon l’âge des enfants qui le fréquenterait. Outre les jeux et autres divertissements, une aide aux devoirs et une initiation à l’informatique seraient proposés. D’autres projets éducatifs étaient encours d’élaboration pour compléter le programme. Elle avait déjà tout prévu, même l’accès à des enfants handicapés. Le personnel avait été consulté par un questionnaire dans lequel plus de 90% des personnes interrogées se montraient enthousiastes à cette idée. Il ne restait plus qu’à convaincre le conseil d’administration, ce qui n’était pas une mince affaire. Naturellement, Cardignac était contre, il trouvait que les salariés avaient suffisamment d’avantages et qu’il ne fallait pas trop les gâter sinon il n’y aurait plus moyen de les motiver. Ce à quoi Del Ferril répondit, à la grande surprise de tous et à la plus grande joie de Largo, que ce projet était une grand pas en avant et que Cardignac était juste frustré parce qu’il ne pourrait pas en bénéficier. Le projet fut accepté à la majorité moins une voix. Les travaux furent lancés dans la foulée au premier étage de la tour dont les bureaux étaient vides depuis plusieurs mois, ceux-ci ayant été transférés à Washington pour une meilleure efficacité, le tout bien sûr sous la supervision de Joy et de Valérie.

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 1 Avr - 16:06

Raf était la seule qui ne participait à aucune activité. Elle se sentait frustrée. Malgré tous les aménagements, elle se sentait très seule et isolée. Sa meilleure amie était tellement occupée qu’elle ne se connectait plus que quelques minutes par jour, et si elles arrivaient à rester en ligne plus d’une demi-heure, c’était un véritable exploit. Celle-ci était toujours à droite et à gauche et ses visites, bien que fréquentes, se limitaient à des passages en coup de vent. Elle pouvait comprendre que celle-ci ait une carrière et une vie de famille. Pourtant il lui semblait que depuis qu’Ilia était sorti de l’hôpital elle avait de moins en moins de temps pour elle, même si Val lui avait promis qu’après leur installation cela irait mieux. Rafaela éteignit d’un geste furieux son ordinateur, elle avait attendu toute la journée pour pouvoir lui parler et sa meilleure amie était encore passé en coup de vent sur la messagerie pour lui dire qu’elle allait se coucher. Raf regarda sa montre, il était à peine 21h30. Simon était à une réception avec Largo et Joy était rentré au Penthouse pour coucher la petite après avoir dîné avec elle. Rafaela se leva doucement. A six mois de grossesse, elle se sentait comme un cachalot affalé sur un banc de sable. Elle saisit le DVD de « La tour infernale » le glissa dans le lecteur de la chambre et alla se préparer une tisane. Il était inutile de rester devant un écran désespérément vide. D’ailleurs elle se demandait à quoi ca lui servait de se connecter si ce n’était pour attendre, attendre et attendre encore. Elle avait envisagé de ne plus se connecter mais elle ne pouvait pas le faire. Elle avait besoin de son amie, ces cinq minutes volées lui faisaient du bien, même si elles la frustraient plus encore. Elle soupira, prit son mug et le posa sur la table de chevet. Simon ne devait pas rentrer avant plusieurs heures. Elle se cala contre les oreillers bien moelleux et essaya de s’intéresser au film. Elle eut un peu de mal au départ. Elle maugréa, bougonna et envoya balader son amie en se répétant que tout cela était dans la logique des choses. Chacun avait sa vie, sauf elle qui semblait faire du surplace. Largo avait raison. Elle n’avait pas voulu venir à New York, elle l’avait fait pour Simon. Elle serait bien volontiers retourner vivre près de sa mère dans un environnement qui la sécuriserait. Oh tout le monde était très gentil avec elle mais elle ne se sentait pas à son aise. Cet appartement était magnifique mais elle ne se sentait pas chez elle, du moins pas encore. Largo venait souvent entre deux réunions la voir mais il n’arrivait toujours pas à la faire parler. De son côté, Valérie avait remarqué que son amie restait sur des sujets superficiels. A l’en croire, tout allait merveilleusement bien. Elle se promettait de lui envoyer un mail ou de lui parler directement mais elle se sentait tellement vidée le soir quand elle rentrait chez elle, qu’elle se disait que cela pouvait attendre, que ce n’était pas encore critique et qu’elle avait du temps pour agir. Elle voyait bien les allusions que faisait son amie à sa solitude, son pseudo en était la preuve et chaque fois qu’elle la laissait, elle plaisantait en disant qu’elle allait parler aux murs parce qu’ils étaient devenus de très bons amis. Simon savait qu’il négligeait sa fiancée mais il s’était mis dans la tête de prouver à toutes les mauvaises langues qu’il pouvait être le meilleur dans sa partie. Il essayait tout de même de venir déjeuner avec elle tous les midis mais cela devenait plus en plus difficile à combiner avec son emploi du temps chargé. Joy s’occupait de l’intendance de l’appartement mais elle sentait la jeune femme hostile à sa présence. Peut-être qu’elle était jalouse du temps qu’elle passait avec Valérie, c’était du moins ce que pensait Largo. Finalement, le sommeil gagna Raf au moment où Paul Newman jouait les équilibristes sur les restes d’un escalier qui avait volé en éclat à cause d’une explosion de gaz.

***

Dans les semaines qui suivirent, les choses ne s’améliorèrent pas. La préparation du mariage de Largo et Joy battait son plein. Valérie et la jeune femme passaient de nombreuses heures ensembles à faire les boutiques, à choisir les fleurs, la musique, le menu ; cela se passerait en deux temps. Une cérémonie intime avec un petit dîner au Penthouse puis, une semaine plus tard, une cérémonie officielle avec une grande fête mondaine. Elle détestait cette idée mais étant donné leur position, ils n’avaient pas vraiment le choix. Cet événement était considéré comme « le » mariage de l’année.

— Salut beauté ! Fit Largo en entrant dans l’appartement de Simon.
— Beauté ? Mon cher Largo va falloir que je pense à dire à Joy qu’elle t’achète de jolies lunettes, parce que je suis tout sauf belle. Bonjour quand même, répondit Raf en l’embrassant sur la joue tandis qu’il prenant place près d’elle.
— Comment ca va aujourd’hui ?
— Pas plus mal qu’hier et bien mieux que demain, dit-elle sur un ton qu’elle espérait convaincant.
— Et qu’est-ce qu’il y a demain ?
— Un de mes amis se marie avec une charmante brune capable de lui arracher la tête s’il ne se tient pas à carreau, répondit-elle malicieusement.
— Je vois que Simon t’a encore raconté quelques histoires pour t’endormir le soir.
— Hum hum… Il n’en a pas vraiment besoin, je suis tellement fatiguée que je dors comme un loir pratiquement toute la journée. D’ailleurs, je me demandais si…
— Non, Raf, c’est hors de question, tu ne resteras pas seule le jour de mon mariage.
— Mais je…
— N’insiste pas, je te veux avec nous.
— D’accord, d’accord, soupira la jeune femme qui n’avait nullement envie de participer à cette cérémonie.
— Rafaela, qu’est-ce qu’il y a ?
— Rien, c’est juste que…

Une boule se forma dans sa gorge. Elle ne voulait pas parler de ce qui la tourmentait mais la gentillesse et la patience de Largo la touchait. Il n’y avait pas seulement le fait que Valérie et Joy s’étaient rapprochées qui lui faisait peur, les deux femmes passaient beaucoup de temps ensemble partageant tout ce qu’elle aurait voulu partager avec Val. Comme il était logique, Joy l’avait choisi comme demoiselle d’honneur lors de la cérémonie et comme marraine de son enfant. Le baptême aurait lieu pendant la cérémonie intime l’unissant au milliardaire. Cela confirmait ce que pensait Raf, Val était en train de changer, d’avancer vers son futur, se faisant de nouvelles relations et accordant aux anciennes une moindre attention. L’autre point qui la rongeait était l’enfant qu’elle portait. Les questions qu’elle se posait sur sa capacité à devenir mère et à élever cet enfant avec patience et amour la tourmentaient. Quand elle en avait parlé à Simon, celui-ci l’avait embrassé en lui disant que lui n’avait aucun doute, que cet enfant tellement désiré était le commencement d’une nouvelle vie pour tous les deux.

— Tu sais que tu peux me parler.
— Je sais mais… je ne sais même pas par où commencer. Et puis cela semble si stupide…
— Ca ne l’ai pas puisque ça te trouble, je me trompe ? Dis-moi ce qu’il y a ? Pourquoi es-tu si triste depuis ton arrivée ?
— Tu sais, j’ai eu le temps de beaucoup réfléchir depuis que je suis alitée. Chacun à l’air d’avoir repris sa petite vie, Daniel a repris son poste et il s’épanouit à vue d’œil. Il en a oublié tous ses démons qui lui ont fait tellement de mal. Valérie et Ilia ont tous les deux une carrière florissante et une vie de famille de rêve. Joy et toi allez vous marier et former une vraie famille. Il n’y a que moi qui semble être déplacée dans ce tableau.
— Que veux-tu dire ?
— Je ne me sens pas à ma place, d’ailleurs je ne sais même pas s’il y a une place pour moi dans ce petit monde parfait.
— Bien sûr que tu y as ta place ! D’abord il y a Simon. Il a tellement changé depuis son départ il y a presque trois ans maintenant. Il est si heureux, si équilibré et raisonnable. Il s’habille même convenablement. C’est à toi que l’on doit ce petit miracle, tu as pris soin de lui, tu l’as aidé, aimé sans concession quand je lui ai tourné le dos. Kerensky a trouvé un frère, Joy une sœur en Valérie et…

Il vit la jeune femme se crisper quand il mentionna l’amitié entre les deux femmes. C’était donc cela qui la tourmentait. Il s’en doutait mais sa réaction venait de lui confirmer ses soupçons.

— Et qu’est-ce que je vais faire après mon accouchement ? Le coupa-t-elle en détournant la conversation en espérant que le milliardaire n’avait rien remarqué. Je n’ai jamais vraiment désiré être une femme au foyer même si ce n’est pas désagréable par moments. Là-bas, en France, j’avais un métier mais ici… En plus j’ai un mal de chien à comprendre l’anglais, par moments ça ressemble étrangement à du chinois.
— Je sais mais tu vas y arriver. Arrête de te tourmenter, je suis sûr que l’on trouvera à t’occuper, ce n’est pas le travail qui manque au Groupe W.
— Mouais mais cela veut dire se remettre en question et je ne suis pas sûre d’en avoir envie.
— Pour le moment, pense à nous faire un beau bébé avec qui Laura Marie pourra jouer quand elle sera plus grande. Tu imagines ? Moi oui.
— Tu sais que tu es un incurable romantique ?
— Oui, tout comme toi sinon tu n’essuierais pas une larme chaque fois que tu regardes Roméo et Juliette.
— Qui… Daniel ! Il va m’entendre ! Plaisanta-t-elle.
— Raf, tu vois bien que tu as ta place ici. Ne dis pas le contraire. En tout cas, moi, j’en suis content.
— Pourquoi cela ?
— Parce que je t’aime beaucoup. Tu ressemble à cette petite sœur que j’ai toujours rêvée d’avoir. Tu sais le genre râleuse mais dont on ne peut se passer.
— Hey je suis pas une râleuse ! Enfin si, mais je me suis beaucoup calmée ces derniers temps.

Il se mit à rire et Raf en fit de même. Ca faisait du bien de parler mais elle s’en voulait. Elle s’était encore une fois laisser aller alors qu’elle s’était jurée de tout garder pour elle. Le milliardaire regarda sa montre, il était tard.

— Il faut que je file. Si je suis en retard à l’enterrement de ma vie de célibataire, je vais me faire écharper par ton fiancé qui d’ailleurs ne devrait pas tarder à arriver.
— Merci d’être passé.
— Mais ce fut un plaisir, je t’attends demain sans faute.
— D’accord, je serais là, ne t’inquiète pas. Tu sais que je n’ai qu’une seule parole.
— Repose-toi bien.
— Promis.

Largo sortit soucieux de l’appartement. Il n’avait pas réussi à aborder ce qui tourmentait la jeune femme, celle-ci avait détourné la conversation avant qu’il ne puisse la faire parler. L’amitié entre Joy et Valérie semblait la déstabiliser plus qu’elle ne semblait vouloir l’admettre. Quand il entra dans le Penthouse, Joy se préparait à sortir avec Val, elles aussi avaient décidé d’enterrer la vie de jeune fille de celle-ci. Elles avaient proposé de le faire chez Raf, pour l’intégrer à la petite fête, mais celle-ci avait poliment refusé. Elle leur avait assuré qu’elle se sentait bien trop fatiguée pour entendre des filles babiller pendant des heures. Du coup, la fête se tenait chez Valérie

— Bonsoir mon amour, ça va ? Demanda Joy en voyant son fiancé pensif.
— Ouah tu es très belle ! Cette robe te va à ravir. Je crois que si je n’étais pas déjà amoureux de toi, je tomberais tout de suite à genoux pour te déclarer ma flamme.
— Tu sais que ce n’est pas parce que nous sommes sur le point de nous marier que tu es dispensé de le faire !
— Oui je le ferais mais en privé, fit-il en lui faisant un clin d’œil. Bonjour Valérie, comment ça va ?
— Bien, bien, soupira-t-elle.
— Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as l’air soucieux.
— Oh c’est rien de grave.
— Laisse-moi deviner, une jeune femme enceinte qui joue les têtes de mules ? Je viens de lui parler, rajouta-t-il en constatant l’air surpris de la jeune femme.
— Et ?
— Elle est très douée pour ne pas parler de ce dont elle n’a pas envie.
— Je sais, hier elle m’a carrément envoyé sur les roses au téléphone parce j’ai été obligée d’annuler notre déjeuner. Et quand je lui ai demandé ce qui se passait, elle s’est excusée et m’a presque raccroché au nez.
— Je crois qu’il faudrait que tu lui parles et que tu la rassures.
— Sur quoi ?
— Tu te souviens de cette conversation qu’on a eue pendant la préparation du déménagement ?
— Oui.
— Et bien, je dirais que la situation est encore pire que ce que je croyais et le fait que vous vous soyez rapprochée n’a fait que l’empirer.
— Je vois. Je vais lui parler, promis, mais là faut vraiment qu’on y aille, on est déjà en retard et les invitées ne vont pas tarder.
— OK amusez-vous bien et pas de bêtises.
— Tu nous connais, fit Valérie en lui faisant un clin d’œil
— C’est justement ça qui me fait peur, répondit-il en embrassant Joy.

Les filles se pressèrent de partir en discutant avec animation laissant Largo pensif. Raf l’inquiétait mais il ne savait comment résoudre le problème. Il ne voulait pas en parler à Simon, sachant très bien que la jeune femme ne lui parlerait plus s’il trahissait sa confiance. Il soupira et alla prendre une douche. Le Suisse n’allait pas tarder et il avait prévu une soirée mémorable selon ses dires.

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 1 Avr - 16:07

Le lendemain tous les gens chers à Largo et Joy étaient réunis au Penthouse pour la cérémonie. Ils n’étaient qu’une dizaine mais tous étaient impatients de voir la mariée. Valérie chercha son amie des yeux avant de rejoindre Joy pour l’aider à finir de se préparer. Raf était assise près de la baie vitrée dans un ensemble bleu pâle qui s’harmonisait très bien avec ses yeux. Ses cheveux, qu’elle avait coupés en un carré cour, étaient retenus pars des petites barrettes en forme de fleurs. Elle avait à la main un verre de jus de fruit et, avec un air distrait, elle se caressait le ventre. Elle semblait ailleurs. Celle-ci avait soigneusement évité sa meilleure amie depuis son arrivée. Simon discutait avec animation tout en la couvant du regard, lui aussi était inquiet. Il pouvait la sentir se refermer à tout contact. Kerensky se tenait près de la bibliothèque, un verre de champagne à la main. Lui aussi observait la jeune femme. Il la vit se crisper quand Valérie, qu’elle avait fait mine d’ignorer, entra dans la chambre de Joy. Chaque fois qu’elle les savait ensemble, elle sentait une jalousie presque maladive s’emparer d’elle. Elle détestait se sentir aussi vulnérable et aussi dépendante, elle détestait voir sa meilleure amie partager des choses avec Joy, des choses qu’elles auraient dû partager. Elle bouillonnait de colère face à cette amitié qui menaçait sa relation avec Val et pourtant elle ne disait rien ou presque. Elle avait fait quelques allusions sur le ton de la plaisanterie mais Valérie n’avait pas eu l’air de comprendre alors elle avait abandonné. Pourtant elle se sentait blessée, et en même temps elle réalisait très bien que c’était une chose normale, que sa meilleure amie avait le droit d’avoir d’autres amies aussi proches qu’elle. Elle soupira, jeta un œil à sa montre puis à l’assistance. Simon capta son regard et vint la rejoindre.

— Ca va ma chérie ?
— Fatiguée et…
— Je sais mon ange tu préférerais être ailleurs, répliqua-t-il avec douceur. Mais c’est le mariage de Largo et je ne veux pas manquer cela. Je veux partager ce moment de fête avec ceux que j’aime et tu en fais partie. Parce que j’espère que tu le sais mais je t’aime comme un fou et dans très peu de temps, c’est toi et moi qui nous tiendrons devant le père Maurice…
— Je sais, je suis désolée. Je ne veux pas te gâcher la fête. C’est trop bête !
— Elle n’est pas gâchée puisque tu es avec moi et qu’au cas où tu ne m’aurais pas bien entendu, je t’aime, dit-il en goûtant ses lèvres sucrées. Attends un peu que tu sois en forme, je vais te montrer encore quelques petites choses qui devraient tout te faire oublier sauf moi.
— Daniel ! Fit-elle en faisant mine d’être outragée.
— J’adore quand tu dis mon prénom sur ce ton ! Redis-le encore ? La taquina-t-il.
— Tu es incorrigible ! Dit-elle en éclatant de rire et en secouant la tête.
— Oui mais c’est pour cela que tu m’aimes.
— Hum ça c’est vrai. C’est la seule chose dont je sois sûre aujourd’hui, affirma-t-elle en l’embrassant à son tour.
— Eh bien, je vois qu’on s’amuse bien ici, fit Largo en tapant sur l’épaule de son ami. Raf mais tu es resplendissante !
— Merci, dit-elle timidement.
— Alors vieux frère pas trop nerveux à l’idée de te passer la corde au cou ?
— Non, pas du tout, répondit le milliardaire la voix tremblante.
— C’est cela et la marmotte…
— Elle en a marre de mettre du chocolat dans le papier d’alu, répliqua Rafaela avec malice.
— Non mais tu as vu cela ? Elle se moque de nous !
— Mais non, je suis réaliste, c’est tout !
— On verra bien comment tu seras quand ce sera ton tour ! Dit Largo heureux de voir la jeune femme enfin sourire un peu.
— Moi ? J’aurais tellement la trouille qu’il faudra un pied de biche pour sortir de dessous ma couette, les taquina-t-elle.
— Hum mais qui te dis que j’aurais envie de te sortir de dessous la couette, je serais plutôt enclin à t’y rejoindre.… J’ai une idée ! Marions-nous au lit ! Comme cela nous pourrons commencer notre lune de miel tout de suite !
— Mon pauvre doudou, dit Raf en riant, tu es vraiment en manque ! Viens ici que je te fasse un gros câlin !
— Hum, hum, fit une voix derrière eux.
— Oh bonsoir mon père ! Le salua Simon en prenant une teinte rouge pivoine. Laissez-moi vous présenter Rafaela, ma fiancée.
— Enchantée, mademoiselle.
— Moi aussi.
— Mes enfants, je crois qu’il est temps, dit le père Maurice en voyant sortir Valérie de la chambre où la mariée avait enfin fini de se préparer.

Le cœur de Largo se mit à battre la chamade. La chose dont il avait rêvé depuis des années allait enfin arriver. Il allait épouser Joy, sa Joy. Celle qui maintes fois lui avait tenu tête. Celle qui avait risqué plus d’une fois sa vie pour le sortir des ennuis dans lesquels il semblait se mettre sans le vouloir. Celle qui lui avait prouvé son amour à diverses reprises. Celle, enfin, qui lui avait offert le plus beau de tous les cadeaux, un enfant. Elle était radieuse et comblée avec Laura Marie dans les bras. Ses cheveux, qu’elle avait laissés un peu pousser, étaient retenus par un savant chignon. Elle portait un ensemble blanc cassé qui s’harmonisait à merveille avec ses yeux noisette brillants de bonheur. La petite veste courte, sertie de centaines de perles, retombait en harmonie avec sa jupe longue et droite fendue sur le coté jusqu’au genou. Elle s’avança au rythme de la marche nuptiale sans quitter du regard l’homme pour lequel elle avait surmonté toutes les épreuves. Arrivée à hauteur de Raf, elle déposa tendrement son enfant en souriant entre les bras de la jeune femme surprise. Puis se retournant vers l’homme qu’elle aimait, elle lui dédia un sourire à faire fondre un iceberg. Valérie lui tendit son bouquet de roses et prit place à côté de la mariée tandis que Simon rejoignait sa place de témoin à coté de Largo. Le silence se fit parmi les invités et la cérémonie put commencer.

— Nous sommes réunis ce soir, pour unir cet homme et cette femme par les liens sacrés du mariage. Ils ont traversé bien des épreuves mais leur amour les a soutenus, fortifiés et unifiés face à l’adversité. Ils ont décidé d’unir leurs vies et leur destin et de vous faire partager leur bonheur.

Largo ne put s’empêcher de frissonner en repensant aux trois dernières années. Il avait failli tout perdre, la femme qu’il aimait, son meilleur ami, et pourtant le destin les avait remis face à face, et ils avaient réussi là où tous pensaient qu’ils échoueraient. Après « l’accident », il ne donnait pas cher de son couple avec Joy, quant à son amitié avec Simon, il l’avait cru rompue à tout jamais. Il jeta un œil à son meilleur ami qui tapotait sans cesse la poche de sa veste pour s’assurer que l’alliance était bien à sa place, puis regarda la femme qu’il aimait. Oui, il était un homme comblé.

— Largo Winch, voulez-vous prendre pour épouse Joy Elizabeth Arden, pour le meilleur et pour le pire, pour l’aimer, la chérir dans la richesse ou la pauvreté, dans la maladie ou la santé, jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
— Oui, je le veux, dit-il tout ému en passant l’alliance que lui tendait Simon au doigt de sa bien-aimée
— Joy Elizabeth Arden, voulez-vous prendre pour époux Largo Winch, pour le meilleur et pour le pire, pour l’aimer, le chérir dans la richesse ou la pauvreté, dans la maladie ou la santé, jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
— Oui, je le veux, déclara-t-elle en passant l’anneau au doigt du milliardaire avec un sourire ému.
— Ce que Dieu a unit aucun humain ne peut le désunir, si quelqu’un pour quelque raison que ce soit s’oppose à cette union qu’il parle maintenant ou qu’il se taise à jamais.

Le silence retomba dans la pièce, personne ne s’opposait à cette union au contraire. Ils avaient tous lutté d’une manière ou d’une autre pour que celle-ci puisse enfin prendre vie.

— Par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare unis par les liens sacrés du mariage. Tu peux embrasser la mariée.

Le milliardaire ne se fit pas prier pour prendre dans ses bras celle qui était désormais sa femme et l’embrasser avec passion sous un tonnerre d’applaudissements.

— Mesdames et Messieurs, je vous présente M. et Mme Winch, conclut le Père Maurice avec un large sourire.

Simon fut le premier à féliciter son ami tandis que Valérie embrassait la mariée. Tous parlaient en même temps, tous voulaient féliciter le couple et leur souhaiter tout le bonheur du monde. Quand enfin le calme revint, Joy alla chercher sa fille, il restait une dernière chose à faire pour que la journée soit parfaite. Le Père Maurice sourit avec bienveillance et de nouveau, Simon et Valérie s’approchèrent du couple. Laura Marie fut baptisée et reçut pour marraine Valérie et pour parrain un Simon ému aux larmes.

***

Le dîner se passa dans une ambiance festive, tout le monde se parlait, riait, tout le monde sauf peut-être Raf qui n’arrivait pas tout à fait à se sentir à son aise, elle participait à la conversation générale mais le cœur n’y était pas. Et puis elle se sentait très fatiguée, ses yeux se fermaient sans qu’elle le veuille. Le milliardaire, s’apercevant de la chose, invita tout le monde à prendre place dans le coin salon pour prendre le café. Quand Rafaela s’installa sur le canapé pour prendre son thé en compagnie des autres invités, elle s’endormit dans les bras de Simon qui la couvait d’un regard inquiet. Il avait constaté du changement chez sa fiancée depuis leur arrivée sur le sol américain, même si elle faisait tout pour le cacher, et il s'en sentait coupable. Ils auraient dû rester à Paris, là-bas elle avait l’air d’être moins malheureuse. Valérie examinait les lumières de la ville à travers la baie vitrée, Largo posa une main sur son épaule faisant sursauter la jeune femme.

— Ca va ? Demanda-t-il en jetant un regard dans la direction de Raf.
— Oui. Je ne m’étais pas rendue compte à quel point elle avait changé depuis notre arrivée. Elle a l’air si triste, si désespérée, je peux le sentir d’ici même si elle fait tout pour le cacher.
— Je sais.
— Elle a pourtant tout pour être heureuse : un fiancé qui l’adore, un bébé qui sera bientôt là, des amis prêts à tout pour elle.
— Oui, mais tu vois, nous avons tous repris notre petite vie. Simon, Ilia, toi, moi, tous, et on ne s’est pas arrêté à penser que c’était différent pour elle.
— C’est-à-dire ?
— Imagine-toi à sa place. Elle est seule presque toute la journée, mis à part nous qui voit-elle ? Personne. Elle n’a aucun contrôle sur ce qui l’entoure, elle dépend de nous entièrement, tu comprends. Elle est dans un pays étranger dont elle ne parle pas ou mal la langue, elle n’a pratiquement aucun contact avec l’extérieur. Elle n’a pour le moment plus aucun objectif de carrière, puisqu’elle va devoir réapprendre un métier. C’est une remise en cause totale et elle a peur.
— De quoi ?
— De nous décevoir, de ne pas être à la hauteur dans son rôle de femme et de mère. Pour toi c’est différent, tu as un travail, des contacts, tu maîtrises la langue. Votre déménagement n’a été qu’un changement géographique, pour elle, c’est un bouleversement total.
— Je vois ce que tu veux dire. A ton avis que peut-on faire ?
— Rester présents et lui rappeler qu’on l’aime et….

Simon vint les rejoindre pour leur annoncer qu’il allait mettre sa fiancée au lit. Largo se proposa de l’aider mais Ilia l’avait devancé et avait prit Raf dans ses bras. Le Suisse quitta la fête sans trop de regret. Il voulait maintenant passer quelque temps avec sa fiancée. Il avait pris quelques jours de congé pour pouvoir être avec elle si jamais le bébé se montrait impatient. Raf en était à un peu moins de huit mois de grossesse et le gynécologue leur avait bien précisé que ce genre de grossesse arrivait rarement à son terme. La semaine suivante fut un peu comme un rêve pour Rafaela. Simon la choyait, la dorlotait. Il ne la quittait pas d’une semelle partageant avec elle tous ces petits riens qui faisaient le quotidien. Ils parlaient, riaient se chamaillaient comme deux gamins. Ils passaient souvent la journée au lit, Raf dans les bras de Simon, à regarder un film ou à écouter de la musique douce qui irrémédiablement plongeait la jeune femme dans un sommeil réparateur. Elle avait hâte d’arriver au terme de sa grossesse pour pouvoir reprendre une vie normale.

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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Sam 1 Avr - 16:08

Le samedi suivant, Simon aidait Raf à enfiler sa tenue pour la cérémonie officielle qui allait se tenir dans les salons de l’hôtel Sheraton avant d’aller rejoindre les jumeaux dans le parking. Elle n’avait nulle envie d’y aller mais elle avait fait une promesse à Largo qui continuait à venir la voir presque tous les soirs, pendant une petite demi-heure où ils discutaient de tout et de rien. Le milliardaire n’avait pas renoncé à la faire parler sur ce qui la rongeait. Elle avait failli se laisser à la confidence une ou deux fois mais le retour prématuré de son fiancé l’avait fait taire presque immédiatement, ce qui faisait enrager Largo qui trouvait que Raf était encore plus tête de mule que son meilleur ami. Cela laissait le temps à Simon de filer au bunker pour se tenir au courant des derniers événements concernant son service. Elle était entrain de mettre la dernière main à son maquillage quand Valérie entra dans la chambre. Celle-ci se réjouit de voir que son amie avait l’air plus reposée et semblait un peu plus détendue.

— Prête ? Demanda Valérie.
— Oui, ça y est !
— Tu es resplendissante !
— T’es pas mal non plus je dois dire.
— La limousine est là.
— Où est Daniel ?
— Il s’occupe de faire tenir Cassandra tranquille ce qui n’est pas une mince affaire, elle est excitée comme une puce
— Ca, c’est mission impossible.
— Je sais, c’est pour cela que je l’ai choisi pour l’accomplir.

Rafaela s’installa avec peine dans le fauteuil roulant qui servait à ses déplacements. Valérie la poussa jusqu’à l’ascenseur et elles atteignirent le sous-sol où Simon courrait après Cassandra dans le parking, sous le regard goguenard des deux frères jumeaux.

— Tata ! cria la petite fille en voyant Raf.

Elle se précipita vers la jeune femme qui se tenait prête à l’accueillir sur ses genoux. La petite fille lui fit un gros câlin avant de rejoindre son père. Ils s’installèrent tant bien que mal dans le véhicule.

— Il va venir quand le bébé ? Demanda Cassy de but en blanc.
— Je ne sais pas. Ce n’est pas moi qui décide.
— Maman ?
— Oui, ma chérie.
— Pourrais avoir un petit frère ?
— Je ne sais pas mon cœur, il faut voir si papa est d’accord.
— Papa ? Appela la petite fille.
— On verra, fit-il en faisant un clin d’œil à sa femme, signe prometteur de réjouissances une fois en privé.

Le silence retomba. Raf avait posé tête contre l’épaule de Simon et avait fermé les yeux. Le bébé semblait plus qu’agité. Il n’avait cessé de lui donner des coups pendant une bonne partie de la nuit et elle avait passé l’autre à faire des aller retours entre le lit et la salle de bain. Quand ils entrèrent dans les salons du Sheraton, la majorité des invités était déjà là. Valérie s’excusa pour aller rejoindre Joy qui se changeait dans un petit salon adjacent. Raf poussa un soupir en la voyant faire puis regarda tous ces inconnus et se sentit encore plus mal à l’aise que d’habitude.

— Ne t’inquiète pas fit une voix à côté d’elle, tout va bien aller.
— Je sais, Ilia, mais ce genre de réception ce n’est pas ma tasse de thé, je préférerais largement être au lit avec un bon livre ou dans les bras de Daniel.
— Je ne te le fais pas dire, j’aurais des choses plus intéressantes à faire moi aussi.
— Comme faire un petit frère à Cassandra par exemple, répliqua-t-elle malicieusement.
— Entre autre…

Cardignac se tenait un peu à l’écart avec Del Ferril. Il regardait le petit groupe qui venait d’arriver avec une moue de dégoût. Décidément, il ne comprendrait jamais Largo. Il s’entourait toujours de personnes sans aucune valeur véritable.

— Allons Michel, dit Alicia. Ce n’est pas la fin du monde.
— Non ? J’ai des doutes. Ce cher Largo va être encore plus niais que d’habitude maintenant qu’il est marié et père. Il va empester les bons sentiments.
— Et qu’y a-t-il de mal à cela ?
— Ca va encore nous coûter la peau des fesses. Vous savez très bien, ma chère, que ce genre de sentimentalisme est un frein aux affaires.
— Je ne vous savais pas aussi rabat-joie, il n’y a pas que les affaires dans la vie, dit-elle le plantant là et en rejoignant Sullivan qui discutait avec la femme du maire.

De son coté, Ilia tenait compagnie à Raf, il avait le sentiment que la jeune femme n’était pas dans son assiette. Elle était pâle malgré le maquillage qui dissimulait les valises qu’elle avait sous les yeux. La cérémonie commença, toute l’attention de l’assemblée était tournée vers M. le Maire qui faisait un petit discours de bienvenue aux couleurs de la campagne électorale toute proche. Quand enfin il termina, il procéda à l’union de Joy, qui cette fois-ci avait opté pour une robe de mariée toute simple avec un petit voile pour agrémenter sa chevelure, et de Largo, très élégant dans son smoking queue de pie. Rafaela, de son coté, n’écoutait plus l’orateur depuis un petit moment. Les premières contractions avaient fait leurs apparitions, la prenant par surprise. Elle en avait eu tout au long des trois semaines précédentes mais d’après le médecin ce n’était que des fausses alertes. Elle pria pour que ce soit le cas là aussi. Elle essaya de respirer doucement sans paniquer mais la douleur qui irradiait dans son ventre et remontait le long de la colonne la faisait serrer les dents et empoigner les accoudoirs de son fauteuil en les serrant tellement fort que ses jointures étaient blanches. Le Maire venait enfin de finir de parler pour présenter le nouveau couple aux participants qui applaudissaient tout en faisant des commentaires les plus divers. Simon se tourna vers sa bien-aimée et remarqua de suite ses yeux paniqués, sa main qu’elle avait porté à son ventre et sa respiration saccadée. Il parcourut la distance qui les séparait rapidement, imaginant très bien ce qui se passait. Cette fois-ci, c’était la bonne. Leur enfant avait décidé de s’inviter à la fête.

— Chérie ? Ca va ?
— Pas vraiment, fit-elle en grimaçant de douleur.
— Le bébé ?

Elle répondit en hochant la tête. Elle serrait les dents pour ne pas crier. Ilia, qui avait entendu ses paroles, alla prévenir sa femme, Largo et Joy et appela une ambulance.

— Depuis combien de temps les contractions ?
— Quinze, vingt minutes.
— Et pourquoi tu n’as rien dit ?
— Il est un peu difficile d’interrompre M. Le Maire quand il a la parole, essaya-t-elle de plaisanter.
— L’ambulance est en route.
— Merci, Ilia c’est gentil. Je crois qu’il vaut mieux que nous les attendions dans le hall, fit Simon en poussant le fauteuil.
— Bonne idée, répondit-il en les accompagnant, inutile que tous ces pingouins se mêlent de ce qui ne les regardent pas.

Les quelques minutes d’attente parurent une éternité à Raf qui s’acharnait sur le mouchoir qu’elle avait dans la main tandis que Simon essayait de la réconforter. Valérie était venue les rejoindre, confiant Cassandra à la nourrice que Joy avait engagé le temps de la soirée et de leur lune de miel. Largo et sa femme firent leur arrivée tandis que l’ambulance se garait devant la porte principale. Le réceptionniste les dirigea immédiatement vers les fauteuils à coté du bar où le petit groupe attendait en silence.

— Bonsoir.
— Alors il y a un invité surprise à cette fête ? Demanda l’un des ambulanciers en détaillant le petit groupe.
— Il n’a pas voulu attendre la fin du discours de M. Le Maire, fit Raf se sentant plus rassurée, elle avait eu peur un moment de devoir accoucher dans les salons de l’hôtel.
— Ah il fait toujours cet effet, grimaça l’ambulancier qui était entrain de prendre sa tension.

Apres lui avoir demandé tous les renseignements d’usage, ils l’aidèrent à s’allonger sur la civière et se mirent en route pour l’hôpital en compagnie de Simon. Le reste du groupe suivait, malgré les tentatives de Rafaela pour les en dissuader, dans la limousine. A mi-chemin, elle perdit les eaux et ses signes vitaux commencèrent à vaciller.

— Elle a eu des problèmes pendant sa grossesse ?
— Oui, elle a dû la passer pratiquement allongée depuis le début, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Paniqua Simon en voyant le regard inquiet de l’infirmier.
— Elle a perdu les eaux et il semblerait que cela se transforme en hémorragie. Peter ! Appelle l’hôpital et demande-leur de tenir un bloc de prêt, elle perd beaucoup trop de sang. Mets la gomme, on risque de les perdre tous les deux.

Raf n’entendait plus, elle avait perdu connaissance lors de la dernière contraction. A son arrivée à l’hôpital, toute l’équipe qui l’avait suivi depuis le début de sa grossesse l’attendait. Sans perdre un instant, ils l’emmenèrent en chirurgie, laissant Simon seul et désemparé dans une salle d’attente vide. Il aurait tellement voulu assister à la naissance de son fils ou de sa fille. Ils n’avaient pas voulu connaître le sexe du bébé pour avoir la surprise, ils se faisaient une telle joie de recevoir ce petit être. Il ne cessait d’entendre l’infirmier répéter à son coéquipier de se presser, l’urgence dans sa voix lui avait fait comprendre qu’il risquait de perdre tout ce pourquoi il s’était battu depuis trois ans. Trois ans… Il lui semblait que c’était hier qu’il avait croisé sa voisine pour la première fois, il se remémora toutes les batailles qu’il avait dû gagner pour la retenir près de lui, pour lui prouver qu’il l’aimait.

— Des nouvelles ? Demanda Valérie en entrant dans la salle d’attente suivi par Ilia, Georgi, Joy, toujours en robe de mariée, son bouquet à la main, et de Largo toujours en smoking, le nœud papillon défait.
— Elle est au bloc, je crois que…, fit Simon en se laissant tomber sur un siège et en se prenant la tête entre les mains.

Le silence du Suisse en disait long sur la gravité de la situation. Kerensky s’assit auprès de son ami et tenta de le réconforter en lui posant une main sur l’épaule. Valérie se réfugia dans les bras d’Ilia. Elle ne savait pas comment elle réagirait si jamais il arrivait quelque chose à sa meilleure amie. Elle n’avait pas été très présente ces derniers temps mais elle avait pensé qu’elle aurait tout le temps du monde pour se faire pardonner. Largo, lui, faisait les cent pas sous les yeux de Joy. Elle n’avait pas vraiment d’atomes crochus avec Rafaela, elle la trouvait trop sensible à son goût, trop fade comparée à Val, pourtant elle pouvait voir quelle importance elle avait pris dans la vie de chacun des membres de cette famille recomposée. Même Kerensky avait craqué discrètement pour la jeune femme. Il était le premier à accourir dès qu’elle avait un problème avec son ordinateur, il lui trouvait sans cesse de nouveaux logiciels et passait du temps à lui montrer comment les faire fonctionner. Ce n’était pas visible de prime abord, tout était sous-jacent, discret et Joy était sûre que même Raf ne se rendait pas compte à quel point elle comptait pour eux. Le docteur Miranda Willows entra dans la pièce. Elle fut surprise de voir une Joy, qu’elle connaissait bien pour l’avoir suivit pendant sa grossesse, en robe de marié et tous ses compagnons en grandes tenues d’apparat.

— M Ovronnaz ? Demanda-t-elle en s’approchant doucement de Simon.
— Oh Docteur Willows, fit-il en se redressant sur son siège. Comment va-t-elle ?
— Nous avons pu arrêter l’hémorragie mais son état reste critique. Il va peut-être nous falloir faire un choix. Si jamais c’était le cas…
— Sauvez-la ! L’interrompit-il. Elle est la seule chose bien dans ma vie. Nous pourrons toujours avoir d’autres enfants mais par pitié sauvez-la.
— Calmez-vous, nous allons faire de tout notre possible mais….
— Mais ? Demanda Largo inquiet.
— Il est très possible qu’elle ne puisse plus avoir d’enfant ou si jamais elle le pouvait encore, ce se serait au péril de sa vie.

Le médecin repartit laissant le groupe plus désemparé qu’il ne l’était déjà. Le téléphone de Largo se mit à sonner. C’était Sullivan qui voulait des nouvelles. Lui aussi était inquiet pour la jeune femme qui avait apporté un équilibre dans la vie de Simon. En entendant le compte-rendu du milliardaire, il décida de venir à l’hôpital pour apporter son soutien au Suisse, comme celui-ci l’avait fait à un moment de sa vie où il s’était perdu puis retrouvé grâce à lui. Le milliardaire réussit à le convaincre de ne rien en faire. Il le chargea de s’occuper de ses invités qui devaient se demander où étaient passés les mariés. Il lui promit de le tenir au courant dès qu’il connaîtrait une quelconque nouvelle.

A suivre.....

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Valmont
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 2 Avr - 12:24

YEahhhhhhhhhhhhhhh 4 pages rien que pour moi (pour les autres aussi mais comme y'a que moi qui réclame je fais comme si j'étais le centre du monde ^^)

C'ets tjrs trop bien, qu'elle tête de mule cette RAf alors mais enfin tu ne peut pas nous laisser en plan comme ça dit ?

Citation:
Comme faire un petit frère à Cassandra par exemple, répliqua-t-elle malicieusement.

surement que c'est plus rejouissant !

Citation:
Il n’a pas voulu attendre la fin du discours de M. Le Maire, fit Raf se sentant plus rassurée, elle avait eu peur un moment de devoir accoucher dans les salons de l’hôtel.
— Ah il fait toujours cet effet, grimaça l’ambulancier qui était entrain de prendre sa tension.


Tellement chiant le type que le mome prefere sortir plutot que de rester bien au chaud ^^

Une suiiiiiiiite !!!!!!!
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Ven 7 Avr - 19:53

Mais euh !!! Dit pas que t'est toute seul ! Je l'ais lu moi !!! Mais j'ai fait pris tout d'un coup pendant les vacances de Pâque de l'année dernière... fallais bien, j'avais 2 semaine sans ordi alors je voulais pas craqué... Shocked, j'attends qu'elle écrivent la suite que moi j'ai lu...
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Scilia
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MessageSujet: Re: Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours   Dim 9 Avr - 16:54

*fais une priere a sainte Rita (patronne des causes desespérées) pour que la muse de Raf lui donne l'inspiration*

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Un doudou à Paris - Raf - Fic en cours

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