TITRE : Cicatrices
AUTEUR : valm.csi
RESUME : une discussion entre Danny et Flack, qui a lieu après "Mort / Vivant" mais avant "Passé / Présent", pour en savoir un peu plus sur ce qui est arrivé à Flack, pendant que Danny était en route vers Philadelphie. Révélations, flash-back, et plus si affinités...
DISCLAIMER : les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de CBS, etc...
ASTUCE (!) : J'ai volontairement zappé le contexte, dans cette fic. Plutôt que d'écrire deux versions, je vous laisse imaginer dans quelles circonstances Flack en vient à se confier à Danny. Pour une version dite "générale", je les vois bien assis sur un banc, jouxtant un playground de NY, après un match de basket intense et combatif... Pour une version slash, je les vois super bien enlacés sur un lit défait, après l'amour, se caressant, s'embrassant tendrement, et entrelaçant leurs doigts avec délicatesse, et je m'égare, je m'égare...
Les deux hommes étaient en sueur. Après des heures de confrontation physique intense, ils s'octroyaient enfin un moment de répit.
"Ça te fait mal?" finit par demander Danny, après un long moment de silence récupérateur, seulement altéré par le bruit de leurs respirations, de moins en moins essoufflées, et celui, lointain, de la circulation.
Don savait qu'il faisait allusion à la cicatrice qui lui barrait sa paume de main.
"Parfois", lui avoua-t-il en serrant le poing.
Le geste en disait tellement plus long que les mots. Il voulait éluder la question, passer à autre chose. Faire comme si ça n'existait pas. Comme si c'était pas important.
Danny pencha la tête, tentant de capter son attention. Et quand Don croisa enfin le regard de son ami, son air bienveillant et son sourire, il vit aussi sur son front sa cicatrice à lui. Celle que lui avait laissée la balle de revolver qui avait faillit le tuer. Celle qui leur rappelait sans cesse les dix longs mois qu'ils avaient passés à se chercher, l'un et l'autre, alors que Danny ne savait même plus qui il était.
Don savait presque tout de ce que Danny avait enduré à Phila. Parce que tout ce dont Danny se rappelait, il le partageait, avec lui. Sans se poser de questions.
Danny n'avait qu'un seul secret. La seule et unique chose qu'il se refusait à lui révéler, c'était le nom du trafiquant de drogue pour lequel il avait travaillé, et des services qu'il avait dû lui rendre. Une promesse était une promesse. Et dans l'état actuel des choses, il comptait bien emporter son secret avec lui dans sa tombe.
"Tu m'as aidé à décrocher, à retrouver la mémoire, et à faire face à un tas de problèmes, Don. Il y a bien quelque chose que je peux faire pour toi?"
"Comme quoi?" murmura Don, accroché à l'infime espoir de voir Danny abandonner là cette discussion.
"Je peux... t'écouter?" lui suggéra ce dernier.
Don hésita. Il avait pas du tout envie de parler de ça maintenant. Danny était sûrement la bonne personne, mais le moment était-il bien choisi? D'accord, peut-être qu'il en avait besoin, après tout. Mais comment savoir, tant qu'il n'avait pas mis tout ça sur le tapis?
"Il n'y a pas grand-chose à en dire, tu sais?"
Danny secoua la tête. Il n'en croyait pas un traître mot: " Ça te ferait du bien d'en parler", insista-t-il.
"Mais à toi", lui fit remarquer Don. " Ça va peut-être pas te faire du bien."
"Qu'est-ce que tu en sais?" rétorqua Danny calmement. "C'est vraiment ce que tu crois?"
Don vit qu'une lueur de déception s'était mise à briller dans ses yeux. Mais il resta silencieux. Et Danny ne tarda pas à lui exprimer le fond de sa pensée:
"Tu pourrais pas jouer le rôle de la victime? Et moi je pourrais... jouer celui de l'ami compatissant? Pour une fois. Ça va pas te tuer!"
Don détourna le regard, l'air songeur. Il comprenait pourquoi son ami insistait comme ça. Pourquoi il tenait tant à savoir ce qui se cachait vraiment derrière sa cicatrice. Il en avait certainement assez de cette relation à sens unique, et d'être considéré comme la seule victime de cette affaire. Et il en avait probablement assez de voir que Don se confiait si peu à lui.
"Je sais que tu en fais encore des cauchemars."
Don reporta son attention sur lui, ouvrant la bouche pour intervenir, mais Danny l'en empêcha: "Je vois pas ce qui t'empêche d'en parler, de
m'en parler. Tu crois que c'est rien, ce qu'ils t'ont fait? Tu crois que tu as pas assez souffert, que ça mérite pas qu'on y passe un peu de temps?"
"C'est pas ça..." nia Don, songeant qu'il y avait quand même un peu de vrai là-dedans.
"Alors c'est quoi?" insista encore Danny, non pas avec colère ou tristesse, mais avec la simple curiosité d'un homme qui cherche vraiment à comprendre, et à trouver une solution à son problème.
"C'est juste que... j'ai jamais pris le temps d'y repenser vraiment."
Danny resta immobile un instant, le temps pour lui d'assimiler pleinement toute la signification de cette surprenante révélation.
"Tu veux dire..." commença-t-il.
"Que dès la minute où j'ai comprit qu'ils t'avaient emmené avec eux, je n'ai plus pensé qu'à te retrouver, et à traquer ces types, pour leur faire avouer tout ce qu'ils savaient, et pour le leur faire payer."
"T'as pas pensé à toi", réalisa Danny. "Pas une seule seconde..."
Comment c'est possible, disait son regard.
"C'était du temps perdu, ça en valait pas la veine", lui expliqua Don.
"Ça... tu n'en valais pas la peine? C'est de toi que tu parles", lui fit remarquer Danny. "Comment tu peux... Tout ce que tu as fait pour moi..."
Il était à la fois si stupéfait, et ému, que ça l'empêchait de construire un raisonnement entier.
"Je vais bien!" se reprit-il. "Et ils sont tous derrière les barreaux, je te rappelle. Je suis là, Don."
Le détective baissa la tête. Il avait tellement prié pour ça, il s'était tellement battu. Et Danny était à la hauteur. Il méritait qu'on se surpasse, pour lui. Son amitié valait bien des combats inégaux, des luttes acharnées, elle valait bien des sacrifices, et qu'on s'arrache les tripes pour lui.
"Je suis là, alors laisse tomber", lui murmura Danny. "Dépose les armes. Tu as gagné."
Don secoua la tête. Comment avait-il pu lui cacher si longtemps la vérité? De quel droit pouvait-il prétendre être son ami s'il ne partageait pas au moins ça avec lui?
Il rouvrit son poing, et tourna sa paume vers le haut, révélant à Danny sa cicatrice, et à lui-même, aussi. Elle ne devait plus renfermer ses secrets.
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Dingue moi ? Oui et fière de l'être !!!