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 Rencontre d'un certain type - Scilia

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Scilia
Propriétaire exclusive de Viggo
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Ven 10 Déc - 20:54

Elle ne pouvait quand même pas obéir ! Tout son corps était maintenant engourdi mais répugnait à l’idée d’être touché par ce fou. Alors qu’elle réfléchissait, Raf vit Bryan s’engager sur la corniche. Il avait l’air d’un fou et n’hésiterait sans doute pas à la précipiter du haut des trois étages pour en finir avec elle. Il avançait, centimètre par centimètre, ayant repris la voix douce et tendre qu’elle aimait tant, essayant de l’amadouer. Il n’était plus très loin. Rafaela reculait mais l’exercice était périlleux car elle ne voulait pas le quitter des yeux. Il n’avait plus qu’à tendre le bras pour la toucher. Il avait imaginé les choses différemment mais autant en finir au plus vite, songea Bryan, déçu tout de même ne pas avoir pu profiter des charmes de sa proie avant de la tuer. Un sourire en coin apparu sur son visage avant de se figer brusquement. Des sirènes ! Quelqu’un avait prévenu la police ! La garce allait encore s’en sortir ! Raf poussa un gémissement de soulagement. Certes, elle n’était pas encore sauve mais que pouvait faire Bryan ? Elle comprit quand il fit un nouveau pas vers elle et lui attrapa le bras. Il allait les tuer tous les deux.

— Cette fois, tu reste avec moi, Rafy.

Elle le sentit peser de tout son poids pour l’entraîner dans le vide. Elle lutta malgré le froid, l’engourdissement, la peur. Son pied glissa et elle se retrouva soudain suspendue au-dessus du vide, Bryan s’accrochant tel une sangsue à son bras. Son destin, incertain, bascula dès qu’elle vit le visage d’un pompier à la fenêtre. Il la rejoignit en quelques mouvements agiles et lui prit la main. Rafaela hésitait à lâcher le rebord du mur, sa main était humide et le pompier risquait de la laisser tomber. Il lui sourit d’un air engageant, il lui parla aussi mais le tonnerre couvrit le bruit de ses paroles. Puis, sans qu’elle ne comprenne pourquoi, elle se sentit allégée de plusieurs kilos et pu reprendre pied sur la corniche avec l’aide du sauveteur. Il ne la lâcha pas tant qu’ils ne furent pas en sécurité à l’intérieur de l’appartement. A ce moment-là, Raf fondit en larmes dans ses bras, prenant conscience d’avoir été très proche de la mort. Elle sentit quelqu’un poser une couverture sur ses épaules tandis qu’une autre personne lui tendait une tasse de café chaud tout en la faisant asseoir sur le canapé. Rafaela ne songea même pas à protester en disant qu’elle ne buvait pas de café. Elle trempa ses lèvres avec reconnaissance dans le breuvage ébène et en avala une longue gorgée. Puis, elle releva les yeux et croisa ceux, céruléens, de l’homme qui venait de lui sauver la vie. Il lui dédia un sourire rassurant avant de reprendre sa conversation avec son chef. Le reste fut assez confus. Elle comprit à demi-mot que Bryan ne viendrait plus jamais la harceler avant d’être emmenée par deux ambulanciers. Elle n’avait pas le courage de protester et se laissa installer sans mot dire sur le brancard. C’était fini. Le cauchemar était fini. Ce fut sa dernière pensée cohérente avant de sombrer dans un profond sommeil artificiel dû au sédatif qui lui avait été donné.

***

Jessika était en route pour Wellington, Valérie avait reçu un appel de la jeune femme avant qu’elle n’embarque à Los Angeles. Val était ravie de cette collaboration impromptue avec la québécoise et avait décidé de se mettre à l’ouvrage avant son arrivée. Il y avait de nombreuses personnes à interviewer et elle avait décidé de commencer par le staff. Elle avait tenté sa chance à la cafétéria et avait trouvé Chris, Ariane et Galou qui prenaient une pause.

— Je peux me joindre à vous ?
— Bien sûr, répondit Chris avec un sourire.
— Comment ça va ? Demanda Galou.
— Eh bien, j’imagine que tout le monde est déjà au courant pour le livre que je dois écrire.
— Effectivement, confirma Ariane, ce genre de nouvelle circule très vite.
— Je m’en doutais. Ça vous embête si je vous apprends que vous êtes mes premières victimes… pardon, sujets ? S’enquit Valérie avec un sourire amusé.
— Nous ? Je croyais que tu devais écrire sur les acteurs, répliqua Chris étonnée.
— En fait, Peter veut un mélange staff/acteurs, histoire d’avoir un meilleur point de vue sur le tournage.
— Mais que veux-tu que nous te racontions ? Demanda Ariane.
— On pourrait commencer par parler un peu de chacune de vous. Ça fait combien de temps que vous êtes dans le métier, commença Valérie tout en mettant en marche le magnétophone qu’elle avait posé sur la table. Galou ?
— J’ai fait beaucoup de stages après avoir eu mon brevet professionnel « vêtement sur mesure et création » avant de tomber sur Leann pour le tournage du Grinch. On a eu un peu de difficulté à s’entendre mais j’ai fait mes preuves et, par la suite, elle m’a pris dans son équipe, ça remonte à près de trois ans maintenant.
— Pourquoi avoir choisi ce métier ?
— Depuis que je suis toute petite, j’adore les films de cap et d’épée, principalement pour les costumes. Dès que j’ai eu l’âge de dessiner, poursuivit Half, j’ai commencé à dessiner mes propres versions des robes de Milady, Marie-Antoinette et, plus tard, celle de Scarlett. J’ai suivi ma passion et fait des études de stylisme. Un ami auteur a insisté pour que je crées les costumes de sa pièce de théâtre. Il a fait un flop mais j’ai été remarqué par plusieurs personnes dont Leann. Je n’ai pas hésité une seule seconde quand elle m’a parlé de ce tournage.
— Et toi, Chris ?
— C’est un peu la même histoire qu’Ariane sauf que j’ai maquillé mes poupées avant de passer à mes copines. Ma mère était folle parce que je lui volais tout son maquillage. J’ai commencé sur des séries comme Une nounou d’enfer, The sentinel, Kenan et Kel avant d’être prise sur le tournage de Fantômes contre fantômes où j’ai rencontré Peter et Fran.
— Comment s’est passé la rencontre avec les acteurs ?
— Au départ, j’avoue que j’étais tétanisée, avoua Ariane avec un timide sourire. Je les avais tous vus dans les deux premiers films et me retrouver face à eux, c’était…
— Affreux, répondit Galou à sa place. J’ai cru que tu allais te liquéfier la première fois que tu as vu Orlando, Viggo , Dom et Elijah. Ils étaient venus pour essayer leurs costumes avant le second tournage, histoire de faire quelques retouches en cas de besoin, et la pauvre Ariane a bien dû rester la bouche ouverte pendant cinq minutes avant de se mettre au travail sur Viggo.
— Tu étais obligée de raconter cela, la réprimanda celle-ci en lui donnant un coup de coude.
— Ben quoi ? Tu étais adorable avec tes jolies joues roses.
— Ça aurait pu être pire, intervint Chris, elle aurait pu raconter ce qui s’est passé avec Sean Astin.
— Non, je t’interdis de…
— Que s’est-il passé avec Sean ? Demanda Valérie intéressée.
— Eh bien, commença Galou, Ariane devait lui apporter son costume mais elle avait oublié la cape et mmdfdfd…
— Il ne s’est rien passé, assura la jeune femme qui venait de plaquer sa main sur la bouche de son amie.
— Bien sûr que si, renchérit Chris avec un sourire taquin.
— Si jamais tu parles de cet incident, je lui raconte ce que tu as fait à Liv !
— Finalement, je crois qu’on va en rester là.
— Hey, je veux la fin de l’histoire moi, s’insurgea Val.
— Mdfdp…elle a oublié de… fregregeooo, tenta Galou mais Ariane n’était pas prête à lâcher prise.
— Mmmm le mieux serait peut-être que je demande à l’intéressé, suggéra Valérie l’air de rien.
— Tu n’oserais pas ! S’écria Ariane qui, du coup, relâcha son amie.
— Je dois faire mon travail, répondit l’auteur d’un air navré.
— Tu en as dit trop ou pas assez, fit Chris amusée.
— Très bien alors, capitula Ariane, j’ai peut-être oublié la cape de Sean Astin et je me suis retrouvée comme une imbécile en retournant dans sa caravane pour me retrouver face à lui sortant de la douche dans une tenue plus qu’indécente mais je n’ai pas fait de moustaches à Liv Tyler avec un crayon indélébile, moi !
— Tu as fait ça ? S’enquit Val avant de partir dans un fou rire amplement partagé par Galou.
— Eh oui, elle revenait d’un long week-end avec son cher Darren et elle avait, sans aucun doute, peu dormi ce matin-là, expliqua Ariane en tirant la langue à Chris.
— Bon, ça va, on est pas obligé d’en faire toute une histoire, répondit celle-ci gênée.
— Et toi Galou, quelque chose à nous raconter ?
— Euh… non, je suis sage moi, contrairement à ces deux-là, répondit la jeune femme avec un large sourire. Par contre, j’ai été témoin d’une jolie chute. Il avait plu toute la journée et Orlando a décidé de faire le pitre. Il a glissé et s’est retrouvé la tête la première dans une flaque d’eau, pour le plus grand plaisir de ses camarades. Le problème, c’est que ça a tourné en bataille de boue générale. Leann était furieuse car ils étaient en costume.
— Oh oui, elle a piqué une de ces crises, renchérit Ariane à ce souvenir.

La discussion continua un long moment durant lequel les quatre jeunes femmes partagèrent des souvenirs du tournage mais en apprirent aussi un peu plus sur elles.

***

Jessika était impatiente et à la fois angoissée. L’avion allait bientôt atterrir et elle n’avait aucune idée de ce qui l’attendait. Enfin si, elle savait que Valérie serait là, à sa descente d’avion, mais pour le reste... C’était de la folie pure d’être partie ainsi, du jour au lendemain, mais l’occasion était trop belle pourtant Jess ne pouvait s’empêcher de penser à la conversation qu’elle avait eu quelques heures plus tôt avec Marshall. Il lui avait promis d’attendre son retour bien qu’il n’ait pas été enchanté d’apprendre qu’elle s’absentait, pour un long mois, à l’autre bout du monde. Jessika soupira en reposant le magazine qu’elle avait trouvé à sa place. Marshall lui souriait sur la couverture. Comment cet homme pouvait-il être aussi différent dans sa vie privée et sa vie professionnelle ? Son besoin de choquer et de jouer les provocateurs faisait d’Eminem quelqu’un que le public haïssait tout autant qu’il l’aimait. Mais Jess connaissait l’envers du décor, le vrai Marshall Mathers. C’était grâce à lui qu’elle avait commencé à travailler sur Los Angeles. Il l’avait reconnu dans un des clubs réputés de la ville et n’avait pas hésité à venir lui parler. Elle avait été surprise qu’il se souvienne de la séance photo qu’ils avaient fait au Québec, elle n’était pas la seule à l’avoir photographié alors pourquoi semblait-il aussi content de la revoir ? Quand il lui avait proposé de faire les photos de son prochain album, elle avait accepté avec empressement tout en se promettant de lui retourner l’immense faveur qu’il lui faisait. Par la suite, Marshall l’avait prise comme photographe exclusive. Elle faisait les photos de ses tournées de promotion et celles des groupes qu’il lançait grâce à sa maison de production, Shady Records.

La voix de l’hôtesse la ramena brutalement à la réalité. L’avion avait atterri et les passagers commençaient déjà à réunir leurs affaires. Jessika fit de même et les suivit à travers le dédale de couloirs menant à l’aéroport. Elle arriva rapidement dans un immense hall et chercha des yeux Valérie. Cette dernière lui décerna un sourire éclatant quand elle l’a repéra. Elle l’a rejoignit rapidement et la prit dans ses bras.

— Enfin, j’ai cru que tu étais restée coller à ton siège !
— Contente de te voir moi aussi, répondit Jess qui apprécia néanmoins l’accueil chaleureux.
— Désolée mais je suis là depuis des heures. Je n’arrivais pas à tenir tranquille sachant que tu allais arriver alors je suis venue deux heures en avance.
— Tu es folle, s’exclama Jessika en riant.
— Complètement mais ce n’est pas nouveau, confirma Valérie en faisant de même. On va récupérer tes valises et en route pour Wellington !
— Tu parais bien enthousiaste, nota la jeune femme tandis qu’elle attendait que les bagages soient déposées sur le tapis roulant.
— Et toi, tu as quelque chose de changé, déclara-t-elle après avoir longuement observé le visage de son amie.
— Je suis épuisée après ce long voyage.
— Non, il y a autre chose… tu n’aurais pas quelque chose à me raconter ? Demanda-t-elle d’un ton innocent.
— Moi ? Non, ma vie est d’une banalité affligeante.
— Oui, c’est vrai que photographier Eminem, c’est banal !
— Marshall est…, commença Jessika avant de prendre soudain conscience qu’elle venait de se trahir.
— Marshall, tiens, tiens. Et comment va ce brave Marshall ?
— Je te déteste, bougonna Jess tout en attrapant sa valise.
— C’est pour cela que tu es là, répliqua Val avec un sourire en prenant le sac de voyage que son amie lui indiquait du doigt.

Jessika lui tira la langue ne sachant pas quoi répliquer avant d’éclater de rire. Ce voyage s’annonçait bien. Elle savait déjà qu’elle allait adorer travailler avec Valérie. Marshall allait certainement lui manquer mais la séparation était aussi un bon moyen de tester ses sentiments envers lui. Qui sait ce que lui réservait la vie en Nouvelle-Zelande ?

A suivre...
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Cath
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Sam 11 Déc - 23:54

Merci pour la suite Smile . Elle est géniale comme la plupart de tes textes.

Je la trouve juste un tout petit peu trop courte Crying or Very sad J'attends la suite avec impatience !
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Scilia
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Dim 12 Déc - 0:02

Merci ^______________________^

trop court? Bon, ben je sais ce qu'il me reste à faire, en mettre un autre chapitre demain Wink
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koé
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Dim 12 Déc - 15:00

Moi aussi !!! Ze ve la suite !!!! C'est tro bien, le soleil de ma journée comme on dit...
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Scilia
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Jeu 13 Jan - 14:45

voila la suite... je sais, elle s'est faite attendre mais en récompense le chapitre est plus long Wink

***

L’angoisse lui étreignait le cœur tandis qu’Orlando la conduisait vers l’entrepôt où avait été reconstitué le terre-plein du château de Minas Tirith. Que diable avait-il pu se passer pour qu’Orly vienne la chercher ainsi ? Est-ce que Viggo était… Elle n’arrivait même pas à songer au pire. Quand il l’avait quittée ce matin, il était en pleine forme, un peu triste parce qu’il allait tourner sa dernière scène mais absolument pas malade. L’inquiétude se reflétait sur son visage et Orlando s’en voulut de lui avoir menti. Il savait que Valérie s’inquiéterait en imaginant Viggo pris d’un malaise mais de la voir, là, près de lui, cela le troublait plus qu’il ne l’avait cru quand il avait accepté de jouer ce rôle. Les choses allaient être éclaircies dans peu de temps mais il se demandait comment elle allait réagir quand elle saurait la vérité. Etait-elle du genre à mettre une gifle à Viggo pour l’avoir trompée ou allait-elle, au contraire, être soulagée de voir que tout allait bien ? Il se posait encore la question quand il gara la voiture de golf devant l’entrepôt. Valérie descendit vivement, tenant le bas de sa robe qui l’empêchait d’avancer comme elle voulait, et entra sur le plateau. Ils ne croisèrent personne mais la jeune femme n’y prêta pas attention, toutes ses pensées tournées vers l’homme qu’elle aimait. La reproduction du promontoire était surélevée, Val s’engagea dans l’escalier, Orlando sur ses talons, et se figea en arrivant en haut de celui-ci. A sa droite, souriant et à la fois anxieux, se tenait Viggo, magnifique dans l’armure noire d’Aragorn. Devant elle se trouvaient deux rangées de chaises, placées de part et d’autre d’une longue allée au bout de laquelle se trouvait Peter Jackson. Le réalisateur avait fait un effort pour l’occasion, il portait un t-shirt blanc et un short noir. Fran était près de lui, un immense sourire sur le visage. Tous les acteurs et les membres du staff, réunis pour l’occasion, étaient tournés vers elle, essayant de deviner sa réaction.

— Valérie, fit Viggo d’une voix douce.
— Mais enfin que… Orlando m’a dit que tu étais…
— Je sais, reprit-il avec appréhension. Je vais bien comme tu peux le voir.
— Alors pourquoi ?

Valérie le regarda avec stupeur lorsqu’il posa un genou à terre et prit sa main droite entre les siennes. Il n’allait tout de même pas lui faire sa déclaration devant tout le monde ! Elle allait se réveiller et se rendre compte qu’il s’agissait d’un simple rêve.

— Valérie, commença Viggo avec un sourire qui lui chavira le cœur. Je suis désolée de t’avoir fait venir ici sous un tel prétexte mais je voulais te demander une chose importante. Cela fait un an et demi que je me suis arrêté devant cette jeune femme qui était tellement émue devant l’une de mes toiles qu’elle en avait les larmes aux yeux. Je n’aurais jamais cru en le faisant que ma vie changerait autant. Tous ces moments passés loin de toi m’ont montré à quel point tu comptais pour moi. Quand je t’ai vu, ici, le jour de mon anniversaire, que j’ai réalisé que tu avais parcouru la moitié du monde pour me voir, j’ai compris que les choses ne pouvaient aller que dans un seul sens. Je t’aime, Val, et si j’ai demandé à Orlando de te mentir c’est pour avoir l’honneur de te demander ta main. J’aimerai que tu deviennes ma femme, que tu partages ma vie, jour après jour, j’aimerai pouvoir me coucher chaque soir près de toi et me réveiller chaque matin en contemplant la femme que j’aime. Je sais que c’est soudain, que cela peut te faire peur mais si nous sommes ensemble, rien ne pourra nous atteindre et je promets de te rendre heureuse pour le reste de tes jours. Valérie, veux-tu m’épouser ?

Elle avait les larmes aux yeux et sentit les mots se bloquer dans sa gorge. Toute trace de colère avait disparu devant son discours qu’elle trouvait touchant et émouvant à la fois. Viggo était suspendu à ses lèvres, il avait le cœur qui battait à cent à l’heure en attendant la réponse qui pouvait faire leur bonheur à tous les deux ou bien l’inverse.

— Je… mon dieu, Viggo, soupira-t-elle en essayant de reprendre contenance.

Ils auraient du en parler. Il y avait tellement de choses qui allaient être bouleversées dans sa vie. Elle n’allait sans doute plus pouvoir travailler avec sa mère et n’habiterait plus New York. Et il y avait Rafaela aussi, elle devait déjà considérer que leur amitié était brisée à jamais mais ce n’était pas le cas de Val qui attendait son retour dans la grosse pomme pour mettre les choses au point. Que se passerait-il si elle n’y retournait pas ? D’un autre coté, jamais on ne lui avait fait une telle déclaration et elle l’aimait sincèrement. Elle s’était préparée à la séparation qui n’aurait manqué de suivre d’ici quelques jours mais elle devait bien avouer que le mois passé près de lui avait été merveilleux. Pouvoir se réveiller dans ses bras, l’embrasser quand elle en avait envie, le voir rire, travailler, faire l’amour avec lui,… Toutes ces choses qui avaient fait leur quotidien ce dernier mois l’avaient enchantée. Elle voulut parler mais aucun son ne sembla sortir de sa gorge. Elle dut se contenter de sourire tout en étant incapable d’empêcher des larmes de bonheur de couler sur ses joues. Viggo comprit, il lut dans ses yeux verts tout ce qu’elle ne pouvait dire à voix haute et un splendide sourire illumina son visage. Valérie hocha la tête, toujours incapable de prononcer le moindre mot. Viggo se redressa lentement et lui fit face, il caressa sa joue tendrement avant de l’embrasser avec douceur. Une voix se fit entendre des premiers rangs, faisant sourire toute l’assemblée. Dominic n’avait pu s’empêcher de faire remarquer que le baiser était prévu après le mariage, pas avant ! Alors qu’ils consentaient enfin à se séparer, Ian McKellen, vêtu des atours de Gandalf, s’approcha du couple et les regarda en souriant.

— Puis-je avoir l’honneur de vous conduire jusqu’à l’autel ?
— J’en serais ravie, répondit Valérie qui ne put empêcher un sourire idiot de s’afficher sur son visage.

Viggo s’éloigna pour prendre sa place devant Peter Jackson qui avait suivi la scène avec attention, de même que les nombreux invités. La jeune mariée prit le bras que lui offrait Ian et commença à remonter lentement l’allée au son de la voix d’Enya, qui avait fait spécialement le déplacement, interprétant la chanson du conseil d’Elrond. Tout un chacun pouvait ressentir le bonheur qui émanait de la jeune femme mais aussi de son futur époux. Henry était aussi venu, accompagné par Charles, un des frères de Viggo, et il affichait le sérieux dû à son rôle de garçon d’honneur qu’il prenait très au sérieux. Il avait eu quelques réserves quand son père lui avait parlé de sa dernière conquête mais Henry devait bien avouer que les moments passés avec Valérie, notamment le séjour au Danemark, avait été très agréable. Elle était beaucoup plus simple et chaleureuse que nombre des petites amies que son père avait eues et il avait été ravi quand Viggo lui avait annoncé son attention d’épouser la jeune femme. Elisabeth Beaumont avait les yeux brillants, l’invitation de Viggo l’avait ravie et elle lui était reconnaissante de lui permettre d’assister au mariage de sa fille unique. Sa voisine de gauche l’était un peu moins. Elle avait surtout peur de la réaction de Valérie mais, tenta-t-elle de se raisonner, si elle était aussi agréable que celle que lui avait réservé Orlando, elle n’avait rien à craindre. Rafaela regarda discrètement son compagnon. Il était clairement visible qu’il était heureux de la retrouver, quelque chose dans ses yeux pétillaient, un léger sourire flottait sur ses lèvres mais surtout il avait noué ses doigts avec ceux de Raf et n’entendait pas la lâcher de si tôt. Il avait été tellement surpris et content de la voir arriver, quelques heures plus tôt, sur le lieu du tournage qu’il en était resté bouche bée pendant plusieurs minutes. Puis il l’avait pris dans ses bras, sans qu’elle n’oppose de résistance, et il avait compris que quelque chose avait changé chez elle. Il n’avait pas réussi à mettre le doigt dessus et elle avait fait en sorte de parler de tout, sauf de ce qui la préoccupait, préférant éluder ses questions en l’embrassant tendrement. Orlando n’avait pas insisté… pour le moment. Rafaela tenta de se concentrer sur l’arrivée de sa meilleure amie devant l’autel mais ses souvenirs l’emmenèrent quelques jours plus tôt, dans un bureau chaleureux qu’elle connaissait depuis qu’elle était enfant.

Flash back

— C’est affreux ! Quand je pense à ce qui a failli t’arriver…
— Tout va bien, William, répondit Raf en serrant dans ses bras un vieil homme qui lui offrit de prendre place dans un profond fauteuil.

William Warell Welsington III, ou W3 pour les intimes, était le meilleur ami de Nathan, le père de Rafaela. Ils avaient fait leurs études universitaires ensemble à Harvard. Leur première rencontre s’était faite dans l’un des couloirs de l’université alors qu’un riche fils à papa s’en prenait à Nathan, lui reprochant d’avoir bénéficié d’une bourse pour faire ses études de droit. Will venait d’une famille aussi aisé que le tourmenteur de celui qui allait devenir son meilleur ami mais, à la différence de l’autre, il ne le criait pas sur les toits, son héritage était trop pesant à son goût. Les deux hommes s’étaient entendus immédiatement et William n’avait pas hésité à changer de résidence afin de pouvoir partager une chambre avec Nathan. Plus tard, une fois leurs diplômes en poche, ils avaient dû se séparer quelques temps. Will était retourné dans sa famille pour faire ce qu’on attendait de lui : devenir un ténor des barreaux en défendant des clients qui étaient tout sauf innocents. Il avait tenu un an, avant de tout plaquer et d’aller rejoindre Nathan qui venait d’ouvrir un modeste cabinet d’avocat à New Bedford, Massachusetts, sa ville natale. Ce dernier avait protesté que William avait un trop gros potentiel pour se contenter de traiter quelques testaments et autres actes assez modestes mais Will avait su convaincre son meilleur ami qu’il ne pourrait être plus heureux. D’autant plus qu’il n’avait pas réellement besoin des appointements que lui offrait Nathan, grâce à la rente que lui avaient alloué ses grands-parents. Il était même ravi d’avoir plus de temps libre afin de se consacrer à sa passion, ou plutôt ses passions : les arts martiaux et tout ce qui avait trait au Japon féodal. William y avait fait plusieurs séjours et en avait offert un à Nathan et Jane pour leur lune de miel. Le vieil homme sourit en repensant à ses jours heureux qui, hélas, n’étaient plus. Il regrettait amèrement la disparition de son vieux complice et de la si belle Jane, qui avait tellement insisté tout aux longs de ses années de bonheur pour lui présenter des conquêtes que cela en était devenu un jeu. Il ne l’avait jamais avoué à Jane mais avant chaque rencontre Nathan et lui pariait sur le temps qu’allait durer le rendez-vous. William ne s’était jamais marié et n’avait jamais eu d’enfant aussi considérait-il Rafaela et Angela comme ses filles, il était beaucoup trop paternaliste et les gâtait énormément au grand dam de leurs parents jusqu’à ce que… jusqu’à ce triste jour de décembre où Angela avait commis ce geste atroce. William chassa ses pensées et s’assit près de la jeune femme qui avait les yeux fixés sur sa collection de katanas qui occupait tout un pan de mur du bureau.

— Je ne comprends toujours pas comment cet homme a réussi à rentrer chez vous. Comment va Valérie, tu ne m’as rien dit à son sujet.
— Elle va bien… du moins, je le suppose, répondit la jeune femme en évitant le regard azur du vieil homme.
— Que me caches-tu ? demanda William en posant sa main sur celle de Raf.
— Rien.
— Rafaela, tu oublis à qui tu t’adresses je crois, continua-t-il d’une voix douce.
— Je ne suis pas venue pour discuter de Valérie.
— C’est vrai, tu es venue parce que je voulais te parler d’Angela mais cela ne nous empêche d’aborder un autre sujet.
— Que se passe-t-il ? S’enquit Raf en ignorant délibérément la fin de la phrase de l’avocat.
— Eh bien, la clinique m’a transmis cette lettre pour toi, déclara-t-il en la sortant de son gilet.
— Angie ?
— Il semblerait qu’elle veuille te… parler.
— Après tout ce temps ?
— Le meilleur moyen de savoir ce qu’elle veut, c’est d’ouvrir cette lettre, il me semble. D’autre part, les frais vont légèrement augmenter mais cela ne changera pas grand chose, ton père avait fait en sorte que vous ayez largement de quoi survivre au cas où il disparaîtrait.
— Je sais, nous en avons déjà parlé quand papa et maman sont décédés. Bon, si c’est tout ce que…
— Rafaela, parle-moi, dit William d’une voix douce. Je me considère toujours comme un oncle bienveillant et, hormis ta sœur, je suis ta seule famille.

Elle savait qu’il avait raison. Elle n’avait plus que lui, Angela qu’elle n’avait pas revu depuis au moins trois ans et Valérie. Sauf que cette dernière n’était plus là, qu’Angela était toujours enfermée dans sa clinique spécialisée et que William habitait assez loin. Elle était seule, encore et toujours.

— Je vais bien, je t’assure.
— C’est faux, fit Will en secouant la tête doucement. C’est faux et tu le sais.
— Je… elle va se marier, déclara-t-elle d’une traite.
— Valérie ? Mais c’est une grande… apparemment non, ce n’est pas une bonne nouvelle, reprit-il en observant le visage sombre de Rafaela.
— Je suis contente pour elle mais…
— Tu vas encore te retrouver seule, compléta William en soupirant. Tu peux me croire, je sais ce que c’est d’être seul et c’est loin d’être facile tous les jours. La dernière fois que je t’ai eue au téléphone, tu m’as parlé d’un de tes proches amis… acteur, je crois.
— Ce n’est plus d’actualité.
— Pourquoi ? Il me semblait charmant d’après ce que tu m’en avais dit. Oh je crois que j’ai compris.
— Compris quoi ? Demanda Raf qui détestait ce que William était en train de faire. Il avait un talent inné pour faire parler les gens qui ne le voulaient pas.
— Il s’est approché trop près, il a voulu plus et ta réaction a été la fuite, comme avec Tommy.
— Orlando n’a rien à voir avec Tom ! Protesta Rafaela.
— Vraiment ? Je vais te rafraîchir la mémoire alors. Tu l’as rencontré dans un vidéoclub, vous êtes sortis plusieurs fois ensemble en « copain » comme tu dis si bien, vous vous êtes embrassés et au moment pile où il t’a dit qu’il t’aimait, tu as prétexté je ne sais quelle excuse bidon pour rompre !
— Cela ne s’est pas passé ainsi, répondit une Raf boudeuse.
— Je crains bien que si et je me demande ce que tu aurais fait s’il t’avait proposé le mariage.
— Nous n’avions rien en commun !
— Hormis une passion commune pour le cinéma, la lecture et les séries TV ?
— Oui !
— Tu as toujours aimé faire ta tête de mule, la taquina William avec un sourire. Parle-moi plutôt de ce qui te tracasse avec Valérie, je soupçonne qu’il y autre chose que son mariage entre vous.
— Tu es trop perspicace.
— Je ne suis pas avocat pour rien !
[/i]


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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Jeu 13 Jan - 14:45

Rafaela se leva et fit lentement le tour de la pièce avant de s’arrêter devant la baie vitrée qui donnait sur la rue principale de New Bedford. Deux enfants faisaient du vélo tandis que devant le coiffeur, l’arrière-garde de la ville commentait les derniers potins. Elle avait besoin de parler et William était un bon confident, il l’avait prouvé à maintes reprises. C’est donc d’une voix timide qu’elle commença à dévoiler ses pensées.

— Pendant mon séjour en Nouvelle-Zélande, Valérie a dévoilé l’existence d’Angela à Orlando.
— Je ne vois pas ce qu’il y a de si terrible à cela, commenta l’avocat en sortant une vieille pipe de sa poche.
— Elle n’en avait pas le droit ! Je n’ai jamais révélé l’existence de ma sœur à personne.
— Combien de fois t’ai-je dit que tu avais tort ? Je n’ai jamais cru que rendre le sujet tabou comme l’ont fait tes parents étaient une bonne chose, au contraire, nous aurions tous dus continuer à aller la voir et lui faire comprendre que nous la soutenions, au lieu de cela…
— Mes parents ont fait comme si elle n’avait jamais existé, je sais. Et j’en ai souffert mais cela ne change pas le fait que Valérie ait trahi ma confiance.
— T’es-tu demandé ce qui l’avait poussée à le faire ?
— Peu importe, cela n’excuse rien !
— Non, mais connaissant ton amie, je suis certain qu’elle n’a pas parlé d’Angela pour te faire du mal.
— Je suis censée la remercier ? Demanda Raf en faisant volte-face.
— Ai-je dit cela ? Non, il ne me semble pas. Qu’aurais-tu fait si les rôles avaient été échangés ? N’aurais-tu pas essayé de l’aider à trouver le bonheur ?
— Cela n’a rien à voir.
— Rafaela, ouvre les yeux ! Valérie te connaît tellement bien qu’elle pourrait être ta jumelle ! Elle savait que tu n’aurais jamais rien dit sur Angela et elle savait aussi que tu n’allais pas tarder à fuir Orlando.
— Et alors, il s’agissait de ma décision, s’entêta la jeune femme.
— Peut-être que Valérie ne voulait pas que tu passes à coté du bonheur, qu’elle ait trahi ta confiance, je te l’accorde mais elle l’a fait dans un but précis et je suis certain que dans d’autres circonstances, tu aurais fait la même chose pour elle. Réfléchis à ce que je viens de te dire et essaye de lui pardonner. Tu m’as dit qu’elle allait se marier et je crois que rien ne pourrait lui faire plus de mal que de ne pas partager ce jour particulier avec toi. Si tu veux lui rendre la monnaie de sa pièce, n’y va pas. Si tu l’aimes toujours et que tu veux que les choses s’arrangent entre vous…
— Je ne peux pas, dit Rafaela en se retournant. Elle ne voulait pas que William voie les larmes qui commençaient à envahir son regard céruléen.
— Si c’est une question d’argent, tu sais très bien que je peux débloquer…
— Non, son fiancé m’a déjà invité et a réservé un billet à mon nom.
— Alors… qu’est-ce qui t’empêche d’y aller ?
— Je… j’ai peur que…
— Raf, fit Will en se levant et en posant ses mains sur les épaules de la jeune femme, s’il t’aime vraiment, il t’accueillera à bras ouvert, sans poser de questions mais tu sais que tu devras lui donner les réponses qu’il attend et ne plus fuir, plus jamais.
— Je ne crois pas être capable de… j’ai tellement peur de me tromper et de souffrir de nouveau.
— Crois-en mon expérience, il vaut mieux affronter ses peurs et ses doutes que laisser passer le temps et découvrir, au crépuscule de sa vie, que l’on est seul et que peu de gens s’inquiéteront de vous voir disparaître de ce monde.
— Willy, jamais je ne…
— Je sais ma belle, je ne disais pas cela pour toi mais si j’avais été moins borné et moins peureux, j’aurais aujourd’hui une ribambelle de petits enfants autour de moi.
— Je suis désolée, murmura Rafaela en se laissant aller dans les bras de William.

Il avait raison. Elle devait être forte, elle devait se décider à vivre au lieu de subir la vie et ses tracas. Il fallait qu’elle retourne en Nouvelle-Zélande pour renouer avec Orlando mais aussi avec Valérie. Elle était morte de peur mais elle savait ce qu’elle devait faire.

Fin flash back


— Viggo Peter Mortensen, voulez-vous prendre pour épouse Valérie Elisabeth Beaumont, jurez-vous de la chérir et de l’aimer, dans la richesse comme dans la pauvreté, jusqu’à ce que la mort vous sépare ? Demanda Peter Jackson avec un large sourire.
— Je le veux, répondit Viggo d’une voix pleine d’assurance.
— Valérie Elisabeth Beaumont, voulez-vous prendre pour époux Viggo Peter Mortensen jurez-vous de le chérir et de l’aimer, dans la richesse comme dans la pauvreté, jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
— Je… oui, je le veux, dit-elle le ventre noué et les mains tremblantes serrant le bouquet que lui avait remis Liv Tyler.
— Procédons à l’échange des alliances, déclara le réalisateur d’une voix solennelle qui rappela à Fran leur mariage bien des années plus tôt. Répétez après moi... Je te donne cette alliance, signe de notre amour et de notre fidélité.
— Je te donne cette alliance, signe de notre amour et de notre fidélité, répéta Viggo en glissant le solitaire qu’il avait choisi pour sa compagne.
— Je te donne cette alliance, signe de notre amour et de notre fidélité, répéta Valérie en faisant de même avec un simple anneau d’or.
— Par les pouvoirs qui me sont conférés par l’état de Nouvelle-Zélande, je vous déclare mari et femme. Tu peux embrasser la mariée, rajouta Peter avec un clin d’œil à Viggo qui ne se fit pas prier.

Tous les invités se levèrent et applaudirent d’un même geste. Elisabeth Beaumont laissa couler librement ses larmes, incapables de les retenir, et accepta avec un sourire le mouchoir que lui proposa Ian McKellen. Rafaela aussi était émue et elle se félicita d’avoir Orlando à ses cotés. Peter réclama le silence en faisant de grands gestes et déclara d’un ton théâtral.

— Mesdames et messieurs, je suis fier de vous présenter pour la première fois Mr et Mme Viggo Mortensen.

Le couple se tourna vers l’assemblée, Valérie prit le bras de son mari et s’apprêtait à remonter l’allée quand elle se figea brusquement. Viggo suivit son regard et sourit à Rafaela et Orlando.

— J’espère que tu ne m’en veux pas d’avoir pris la liberté de l’inviter, murmura-t-il à l’oreille de sa femme.
— Mais comment… ?
— Elle te l’expliquera certainement mieux que moi.
— Viggo… tu ne peux pas savoir à quel point je t’aime, déclara Valérie d’une voix tremblante et les larmes aux yeux.
— Je t’aime aussi, mon amour, et je veux te rendre heureuse. Va lui parler.
— Merci, répondit-elle avant de l’embrasser rapidement.

Elle se dirigea vers Rafaela qui tremblait autant que sa meilleure amie et ressentait le même nœud à l’estomac. Les deux jeunes femmes tombèrent dans les bras l’une de l’autre, heureuses de se retrouver après une si longue et douloureuse séparation. Orlando et Viggo les observèrent avant de décider de mettre un terme à leurs retrouvailles. Elles avaient tout le temps qu’il fallait pour se parler et repartir sur de nouvelles bases. Pour l’heure, il était temps de fêter dignement ce mariage et la fin du tournage du plus grand film de tous les temps, du moins pour tous ceux qui étaient présents ce soir-là. La fête dura jusqu’à l’aube, des hobbits n’auraient pas été déçus s’ils avaient été invités car la boisson coulait à flots et la nourriture était abondante. Il y eut des danses, des rires, des pleurs, des chamailleries, de la joie, de l’amour, tout ce qui faisait que l’équipe du seigneur des anneaux avait pu tenir si longtemps unie. Quand le soleil se leva sur Wellington, chacun fut pris d’une sorte de nostalgie en se disant que c’était la dernière fois qu’ils étaient tous réunis. Tout le monde sauf deux personnes qui partageaient un nouveau bonheur, un jeune couple de mariés qui allaient faire parler de lui et vivre des tragédies comme des bonheurs mais qui, pour l’heure, était occupé à faire l’amour avec encore plus de passion et de tendresse qu’ils n’en faisaient preuve d’habitude.

A suivre...[/i]
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Ven 14 Jan - 21:35

Trooooooooo bien !!!!!!!!!!!!!!!!

cheers cheers cheers

Vraiment tro classe...

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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Dim 23 Jan - 10:43

un 'tit chapitre pour bien commencer ce dimanche ca vous dit ? Si vous etes sages, j'en mets un autre ce soir tongue

***

Orlando n’avait toujours pas abordé le sujet qui le tracassait. Il n’avait pourtant pas quitté Raf de la nuit mais il aurait été difficile de parler tranquillement, que se soit au milieu de la piste de danse ou assis à l’une des tables qui avaient été dressées pour le buffet de mariage. Orly avait tout de même noté que Rafaela avait plus ou moins évité le couple de jeunes mariés, préférant rester assise à siroter un verre de jus d’orange ou danser avec lui. Elle s’était entretenue un moment avec Billy et Elijah mais sans vraiment s’impliquer, comme si elle n’était pas vraiment là. Une fois l’aube arrivée, chacun était parti de son coté, ravi et triste à la fois car la soirée était l’une des dernières où ils étaient tous réunis. Il y aurait d’autres rencontres dans les mois qui arrivaient, notamment pour promouvoir Le retour du roi, mais cela serait différent, chacun le sentait, Orlando le premier pourtant il avait d’autre chose à penser. Rafaela lui tenait la main tandis qu’ils retournaient à la caravane de l’acteur. Ils avançaient silencieusement, profitant des premiers rayons du soleil, heureux d’être ensemble. Orlando ouvrit la porte et s’effaça pour laisser entre sa compagne. Rafaela avait l’estomac noué. Elle savait qu’il attendait des explications concernant son comportement mais elle n’avait pas le courage, pour le moment, de les lui donner. Aussi quand Orly s’approcha et la prit dans ses bras, noua-t-elle ses mains derrière sa nuque pour l’attirer à elle et l’embrasser tendrement. Au fil des secondes leur baiser se fit plus pressant et Orlando, qui s’était pourtant juré de ne pas céder jusqu’à ce qu’il comprenne ce qui était arrivée, se sentit fondre de désir pour elle. Il ne l’avait pas vue depuis si longtemps, elle lui avait terriblement manqué, bien plus qu’aucune de ses conquêtes auparavant parce qu’elle avait quelque chose que les autres femmes qu’il avait fréquenté n’avaient pas. Il la prit dans ses bras et la porta jusqu’à la chambre, aussi impatient que la première fois où il lui avait fait l’amour. Rafaela se sentait intimidée, craignant qu’au dernier moment Orlando ne la rejette où ne décide d’interrompre ce qu’il venait de commencer pour aborder le sujet qu’elle redoutait tant mais il n’en fit rien. Il la déshabilla lentement, caressant chaque partie du corps de la jeune femme soit avec sa langue, soit avec ses doigts, revenant toujours à cette bouche humide qui répondait ardemment à ses baisers. Il attendit le plus longtemps possible avant de la posséder, à la fois impatient mais désireux que ce moment de tendresse se prolonge au maximum. Raf s’accrocha à lui quand ils unirent leurs deux corps enfiévrés. Elle ne s’était pas sentie aussi bien depuis qu’elle était partie. Une onde de bonheur la traversa et elle ne put empêcher ses larmes de surgir tandis qu’Orlando la menait au comble du plaisir. Il s’en inquiéta quand il s’en aperçut, craignant de l’avoir blessée sans s’en rendre compte. Orlando s’allongea près de sa compagne et la prit dans ses bras, lui murmurant des paroles apaisantes tandis que toute la pression de ses dernières semaines retombait, lui arrachant de profonds sanglots irrépressibles. Elle finit par s’endormir et Orlando n’eut pas le cœur de la réveiller. Il se contenta de la regarder longuement, se demandant la cause de ses pleurs. Il finit par s’assoupir lui aussi, avant d’être réveillé quelques heures plus tard par les cris paniqués de Rafaela.

— Non ! Je ne veux pas !
— Raf !
— Lâche-moi, Bryan ! Jamais je ne…
— Raf, c’est moi, Orlando ! Tenta-t-il de nouveau tout en maintenant la jeune femme par les épaules.

Elle se redressa brusquement et donna, sans s’en apercevoir, un formidable coup de tête à l’acteur qui porta la main à son front tout en l’observant attentivement.

— Je… Orly, qu’est-ce que…, bredouilla-t-elle en le regardant étonnée de le voir là avant que tout ne lui revienne en mémoire. Elle était de nouveau à Wellington. Euh… ça va ?
— Ce n’est rien.
— Je suis vraiment désolée.
— Tu as fait un cauchemar ?
— Euh… oui… en quelque sorte, répondit-elle en rapprochant ses genoux contre sa poitrine et en les entourant de ses bras.
— Que s’est-il passé à New York ? Attaqua-t-il directement sachant que c’était le seul moyen pour avoir des réponses.
— Rien de particulier, mentit Raf.
— Qui est Bryan ?
— Bryan ? Qui t’a parlé de… Valérie, je suppose, fit-elle, amère.
— Non, Raf, tu viens de crier son prénom, j’aimerais savoir pourquoi et ce qu’il t’a fait. Tu avais l’air réellement paniqué.
— Cela n’a aucune importance, tenta-t-elle d’éluder.
— Rafaela, si tu veux que les choses marchent entre nous, et Dieu sait que je ne veux pas te perdre à nouveau, il faut que tu me fasses confiance et que tu me parles, autrement notre couple n’a aucun avenir.

Elle le détestait pour ce qu’il venait de dire car il avait raison, elle le savait, et c’est aussi ce qu’aurait pensé William. L’image du vieil homme lui vint à l’esprit et elle se remémora ce qu’il lui avait dit. Elle ne devait plus fuir, elle devait affronter les autres, le monde, à commencer par Orlando si elle ne voulait pas le perdre.

— Bryan est… un ancien petit ami, commença-t-elle doucement. En fait, je travaillais pour lui avant que nous ne débutions une liaison mais je ne savais pas qu’il était marié et quand je l’ai appris, j’ai rompu avec lui. Du moins, j’ai essayé.
— Essayé ?
— Ce n’était pas le genre d’homme dont on se débarrassait facilement. Ça s’est passé quelques mois après la rencontre de Valérie et Viggo. Ils sont rentrés un soir et Viggo a du faire preuve d’un peu de… comment dire… force pour le mettre dehors. Par la suite, j’ai quitté mon boulot. La police est venue me voir quelques temps plus tard car il s’est avéré que Bryan était un trafiquant de drogue. Son cabinet vétérinaire lui servait de couverture et aussi pour blanchir l’argent.
— Pourquoi était ? Demanda Orlando qui s’étonnait qu’elle parle de lui au passé.
— Il est mort, déclara Rafaela d’une voix blanche. Il y a deux semaines exactement.
— Comment…
— Il est tombé de la fenêtre de mon appartement, dit-elle en se rendant compte que plus elle parlait, plus les mots lui venaient facilement. Il a réussi à s’introduire chez moi une nuit d’orage, il voulait… peu importe, j’ai du monter sur la corniche pour lui échapper. Il m’a suivit et il est tombé, il a glissé à cause de la pluie je crois… je ne sais plus vraiment.

Orlando ne savait que dire. C’était tellement… atroce de découvrir qu’il avait eu raison de s’inquiéter pour elle. Pourquoi n’avait-il pas pris le premier avion pour New York afin de la faire revenir avec lui en Nouvelle-Zélande ! Pourquoi s’était-il contenté d’attendre qu’elle se décide à le rejoindre ? Il s’en voulait terriblement qu’elle ait subis cette terrible épreuve sans avoir personne à qui se confier. S’il n’avait pas tant insisté auprès de Valérie pour connaître le passé de Rafaela, elles ne se seraient pas brouillées et il aurait été au courant de cette histoire beaucoup plus tôt. Au lieu de cela…

— Je suis désolé.
— Tu n’as rien fait.
— Si, je t’ai laissé partir.
— Je suis partie de mon plein gré.
— Mais si j’avais été moins stupide, je serais venu et…
— Et cela n’aurait rien changé, Orlando. Tu dois bien savoir, au fond de toi, que je ne t’aurais pas écouté.
— Il aurait pu te violer ou même te tuer !
— Oui, il aurait pu et par la même occasion, il t’aurait tué aussi si tu avais été là.
— Tu es en train de me dire que les choses étaient bien comme elles étaient ?
— Non, je suis en train de te dire que je suis tellement têtue que j’aurais refusé tout ce que tu aurais pu dire, ou faire, en bloc. Il n’y a qu’à voir la manière dont j’ai traité Valérie pour que tu te rendes compte de ma stupidité. Je sais qu’elle ne voulait pas me faire du mal mais j’ai tellement peur que… qu’on me fuit à cause de ma sœur, à cause de mes doutes et de mes peurs. Je…
— Rafaela, je t’aime et rien ne pourra jamais changer cela.
— Mais…
— Il n’y a pas de mais. Bon sang, je suis incapable de comprendre ce qui m’arrive, c’est la première fois que je suis aussi… amoureux de quelqu’un. Le problème, c’est que je ne sais jamais comment tu vas prendre mes agissements ou mes paroles. Je ne peux pas marcher sur des œufs en permanence. Il faut que tu apprennes à me faire confiance, si tu m’aimes aussi bien sûr.
— Comment peux-tu en douter une seule seconde ?
— La fuite est une preuve d’amour selon toi ?
— Non, mais mon retour me semble en être une, non ? Demanda-t-elle avec un sourire plein d’espoir.
— Oui, je suis d’accord. Quand je t’ai vu, j’ai cru que je rêvais encore mais…
— Tu rêves de moi ?
— Sans arrêt depuis ton départ, avoua-t-il en remettant une mèche de cheveux derrière l’oreille de la jeune femme.
— Quel genre de rêve ?
— Je peux te montrer si tu veux, proposa Orly d’un ton taquin.
— Je n’en attendais pas moins, répondit-elle avant de l’embrasser.

Ils refirent l’amour avec passion, sachant l’un comme l’autre qu’ils prenaient un nouveau départ. Rafaela se sentait mieux, elle n’avait plus peur. Il l’aimait et serait toujours à ses cotés, du moins l’espérait-elle car ses vieilles peurs, elle le savait, ne la quitteraient pas du jour au lendemain.

***

31 décembre 2002

Le mois de décembre avait passé à une vitesse folle pour Valérie qui avait fait un séjour d’une semaine à New York pour rapatrier ses affaires à Los Angeles et régler divers problèmes. Viggo était resté dans la cité des anges afin de passer un peu de temps avec Henry qui avait quelques problèmes scolaires et de discipline. Christine et lui avaient jugé opportun que l’adolescent passe un peu de temps avec son père. D’autant plus qu’elle devait donner une série de concerts avec son groupe, X, pendant les fêtes. Rafaela habitait toujours New York mais Orlando essayait de la rejoindre le plus souvent possible. Quand ils ne pouvaient pas se voir, ils passaient énormément de temps au téléphone ou par internet. Elle n’avait toujours pas abordé le sujet qui avait causé tant de discorde avec Valérie, l’une comme l’autre préférant garder le silence pour ne pas compromettre le nouvel équilibre qu’elles avaient trouvé. Faire comme si de rien n’était leur semblait beaucoup plus simple, aussi passèrent-elles de bons moments ensemble tout au long du séjour de Val qui lui avait fait promettre de venir fêter la fin de l’année chez Viggo avec quelques autres de leurs amis proches dont Orlando, bien évidement.

Pour l’heure, elle finissait de se préparer pour le réveillon de la saint Sylvestre, ayant encore beaucoup de mal à réaliser qu’elle était officiellement Mme Viggo Mortensen et que la superbe villa qu’elle habitait était la sienne. Cela avait d’ailleurs été un sujet de conversation. Valérie avait été ravie du mariage mais elle s’était demandée si Viggo avait pensé à ses intérêts et donc prévu un contrat de mariage, qu’elle n’aurait pas refusé de signer, pour le cas où les choses auraient mal tourné. Il avait été touché par sa proposition, qui montrait une fois de plus à quel point elle était différente des femmes qu’il avait connu jusqu’à lors, mais avait sincèrement répondu que l’échec de son premier mariage ne voulait pas dire que celui-la finirait de la même façon. Il comptait bien tout mettre en œuvre pour que cela ne soit pas le cas. Il était jeune quand il avait épousé Christine, cela n’expliquait sans doute pas tout mais ils avaient agis sur un coup de tête, la seule bonne chose qui en était ressorti était Henry. Viggo sourit en entrant dans la chambre. Valérie ne l’avait pas entendue et fredonnait une chanson qu’il écouta en s’appuyant contre le chambranle de la porte.

— C'est un jeu cruel mais c'est l'amour ma jolie, ma sucrée. J'ai coupé tes ailes lorsque je t'ai prise dans mes filets. C'est un jeu cruel Mais c'est l'amour pour l'éternité. C'est parc'que tu es belle parc'que je t'aime que je t'aime enchaînée...

Au bout de quelques minutes, elle s’aperçut de sa présence et lui sourit. Il s’approcha et la prit dans ses bras pour l’embrasser.

— Alors, on joue les voyeurs ?
— Le spectacle était loin d’être déplaisant, répondit-il en lui volant un baiser.
— Tu as toujours une bonne excuse, hein ?
— J’en ai besoin ?
— Non, capitula la jeune femme avec un sourire amusé. Henry est prêt ?
— Oui, il est déjà en bas avec Billy et ta mère.
— Les autres ne devraient pas tarder à arriver, constata Val en regardant sa montre.
— On a encore quelques minutes, répondit Viggo d’un ton taquin.
— Je me demande ce qu’on pourrait bien faire, déclara-t-elle d’un ton innocent.
— Valérie ? Fit une voix à l’extérieur de la chambre.
— Oui, maman. J’arrive. Je crains qu’on ne doive remettre ça à plus tard, cher monsieur.
— Je ne suis pas d’accord, d’autant plus que j’ai quelque chose pour toi, fit Viggo en sortant une petite boite carré de la poche de sa veste.
— Tu as encore fait une folie ! On n’avait dit qu’on arrêtait avec les cadeaux, lui reprocha-t-elle.
— Ce n’est pas vraiment un cadeau.
— Ah non ? Ca y ressemble pourtant.
— Disons que cela te sera utile, je ne veux plus que tu utilises le vieux break. Il tombe en morceaux et je serais plus rassurée si tu utilises ce qui va avec ceci, expliqua Viggo en sortant une clé de voiture de la boite.
— Tu as acheté une voiture ?
— Non, je t’ai acheté un coupé Chevrolet camaro. Je l’ai choisi noir, je pense que tu préfères les couleurs neutres mais on peut la changer si… chérie, ça va ?
— Oui… si l’on considère que tu achètes une voiture comme moi un journal. J’ai encore du mal à… peu importe, merci. Tu es adorable d’avoir pensé à moi même si le break me convenait très bien.
— Je préfère te savoir en sécurité.
— Oui, enfin je suppose qu’il y a des voitures sûres qui coûtent beaucoup moins chers que… tu crois que j’arriverais un jour à changer ?
— Je ne veux surtout pas que tu changes, c’est ce qui me permet de garder les pieds sur terre.
— Je t’aime, murmura Valérie avant de l’embrasser avec passion.

A suivre...
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Lun 24 Jan - 18:33

Très très bien tout ça !!!
Promis je serais très sage pour pouvoir avoir la suite... D'ailleurs je suis toujours très sage... Laughing Laughing

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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Dim 30 Jan - 19:56

Minuit approchait, tous les invités étaient réunis sur les canapés du salon, la longue porte-fenêtre donnant sur l’extérieur laissait entrer une légère brise rafraîchissante, parlant de tout et de rien. Rafaela était resplendissante dans une robe de fée blanche, une baguette magique à la main, Orlando avait choisi un costume de gladiateur qui mettait ces gambettes en valeur pour le plus grand plaisir de sa compagne. Elijah, qui avait pu se joindre à eux, était en mousquetaire tandis que Billy arborait fièrement son kilt. Elisabeth Beaumont, en chaperon rouge, discutait avec William Welsington, qui avait été touché par l’invitation et s’était déguisé en samouraï. Henry arborait fièrement un costume d’Aragorn que lui avait déniché son père et s’amusait à un jeu de combat sur sa console avec Elijah. Restait Viggo et Valérie qui avaient choisi le thème des super héros. Viggo avait revêtu le caleçon de Superman tandis que Val s’était glissée dans la peau de Catwoman, pour le plus grand plaisir de son mari qui adorait la manière dont le cuir la moulait et qui avait hâte de la lui enlever.

— Je vous assure que c’est un pays magnifique, assura William en remplissant de nouveau la coupe d’Elisabeth. Les japonais ont un art et un respect de la vie que nous autres, pauvres occidentaux, n’avons pas.
— Vous avez une façon d’en parler qui me séduit, répondit-elle avec un sourire. Je ne connais que l’Europe dont mon mari était originaire.
— Les choses sont encore différentes là-bas, d’où était-il ?
— Le sud de la France, nous y avons passé des moments merveilleux, fit Elisabeth avec un soupir. Je suis désolée, cela fait plusieurs années qu’il est parti mais il me manque toujours autant.
— J’en suis désolé.

De l’autre coté de la pièce, Orlando, Rafaela, Viggo, Billy et Valérie discutaient tranquillement. Henry et Elijah poussaient des rugissements endiablés tandis qu’ils dévalaient des pistes de ski virtuelles.

— Je ne suis pas d’accord, déclara Raf.
— Pourquoi ?
— Parce que Sarah ne peut pas atteindre le quai avant que le bateau n’explose !
— J’en ai parlé avec un démineur, répondit Valérie, et il prétend que c’est possible.
— Ben, je suis désolée mais je lis ce que tu écris depuis le début ou presque et ça ne me semble pas logique.
— Rafaela, t’es en train de remettre en cause les trois derniers chapitres de mon livre que je dois rendre dans deux jours !
— Eh bien trouve une autre solution… je sais pas, elle pourrait sauter dans l’eau au lieu de traverser tout le bateau.
— Je te rappelle que Sarah ne sait pas nager.
— Colle un bateau des gardes-côtes à coté.
— C’est ça, il va apparaître magiquement pile avant qu’elle ne se noie.
— Tu n’as qu’à la noyer, après tout tu n’as pas tué beaucoup de personnages dans ce lui-là. Tu lui fais perdre son côté sadique, Viggo.
— Tu ne vas pas t’en plaindre tout de même ? S’enquit Orlando, tu es la première à râler quand elle tue quelqu’un !
— C’est vrai mais, je vous préviens je le nierais si jamais on n’en reparle, ça me manque, avoua Raf en riant.
— Ah les femmes, soupira Billy en se levant pour remplir sa flûte.
— Au fait, toujours pas de déménagement en vue ? Demanda Viggo.
— Non, elle rechigne à venir vivre avec moi, se plaignit Orly.
— Tu ronfles ! Le taquina sa compagne.
— Et toi, tu prends toute la place dans le lit, répondit l’acteur du tac au tac.
— Les joies de la vie de couple, déclara Viggo avec un large sourire.
— Moi, je ne m’en plains, fit Valérie amusée par Orlando et Rafaela.
— Dites, vous avez vu l’heure, les interrompit Elijah.
— Ah encore une minute, constata Billy, et…
— Cinq, quatre, trois, deux, un…. Bonne année, s’écrièrent-ils tous en chœur à l’exception de William et Elisabeth qui discutaient assidûment.

Billy sauta dans les bras d’Elijah tandis que les deux couples s’embrassaient.

— Plein de bonnes choses pour toi mon gros nounours, s’écria Billy en plaquant un baiser sonore sur la joue de Lij.
— Autant pour moi, mon grand… dis, alors, tu peux me le dire pour bien commencer l’année… tu as quelque chose sous ton kilt ? Demanda-t-il hilare.
— Mais vous allez arrêter avec ça !
— Non, non, on veut savoir, renchérit Val en l’embrassant pour lui souhaiter une bonne année.
— Vous n’en saurez pas plus cette année que l’année dernière et toi, j’espère que tu vas nous faire un beau bébé, ça manque de petite chose de ce genre dans le coin.
— Euh…, bafouilla-t-elle surprise, hum… bonne année, Elijah !
— Toi aussi, puisse-t-elle être encore meilleure que celle qui vient de se terminer, répondit Lij amusé du trouble de la jeune femme.
— Et nous alors ? Se plaignit Orlando.
— Puissiez-vous tourner dans des films intéressants, que votre carrière continue et que le public vous vénère encore longtemps ! Déclara William qui venait de rejoindre le petit groupe avec Elisabeth.
— Bonne année, maman !
— Toi aussi, ma chérie. Tu sais, je trouve qu’il n’a pas tort ton ami, un bébé ça ne serait pas une mauvaise idée.
— Maman ! S’offusqua-t-elle en devenant pivoine tout en regardant Viggo qui parlait avec Henry.
— Quoi ? Tu es enfin mariée et je ne rajeunis pas.
— Ce n’est pas ce qu’il m’a semblé. Je t’ai regardé pendant que tu discutais avec William.
— Et avec qui diable aurais-je donc pu parler d’autre ? Nous avons à peu près le même age, nous nous comprenons.
— Tu sais, je ne serais pas contre un… rapprochement entre vous deux si tel était votre souhait et je suppose que Raf non plus.
— Tu vas un peu loin la, Valérie.
— Je ne crois pas, je n’ai jamais vu Will aussi détendu et heureux depuis que je le connais.
— Je te rappelle que j’ai un café qui m’attend à New York.
— Et moi, je te rappelle que Tom et Lou peuvent très bien se débrouiller seuls quelques jours encore, répliqua Val avant d’aller souhaiter une bonne année à sa meilleure amie.
— Bonne année, fit Rafaela en la prenant dans ses bras.
— Toi aussi, ma choupette. Je peux te souhaiter quoi ? Un beau mariage, cette année ?
— Tu sais ce que je pense du mariage, répondit Raf en secouant la tête.
— Oui, mais je sais aussi qu’Orlando est aussi têtu que toi.
— Si on se contentait de la santé, du bonheur et de l’amitié ? Proposa-t-elle.
— Ça me parait un bon début, acquiesça Valérie avec un sourire.

Elisabeth vint les interrompre alors qu’elles s’étaient lancées dans une discussion concernant le futur déménagement de Rafaela à Los Angeles. La mère de Valérie avait un visage souriant et quelque chose dans ses yeux pétillaient quand elle commença à parler.

— Je vais m’absenter un jour ou deux.
— Peut-être même trois ou quatre, renchérit William qui était venu rejoindre les trois femmes.
— Ah oui ? Fit Valérie qui se doutait de la suite.
— Eh bien, Will m’a proposé de visiter Sacramento et… eh bien, j’ai accepté.
— C’est surtout que l’opéra de Sacramento donne une représentation du Barbier de Séville avec Ana Maria Martinez et Bruce Sledge, expliqua ce dernier.
— Je ne savais pas que tu aimais l’opéra, maman.
— Il faut un début à tout.
— Vous partez quand ? demanda Rafaela.
— Tout de suite.
— Hein ?
— Le temps de réunir quelques affaires et nous y allons, confirma Elisabeth. J’espère que ça ne t’ennuie pas, ma chérie. Je sais que nous avions prévu quelques petites choses mais je vais retarder mon départ. J’ai réalisé que tu avais raison concernant le Newday et que je serais idiote de ne pas profiter de cette invitation.
— Aucun problème mais tu ne crois pas que prendre la route maintenant c’est un peu dangereux ?
— Tout à fait, approuva Raf qui n’en revenait pas encore de la nouvelle. Elle n’avait jamais vu William agir avec autant de précipitation.
— Ne vous inquiétez pas les filles, on vous appellera régulièrement et je jure, sur mon honneur, de protéger Betsy.
— Betsy, répéta Valérie, je croyais que tu détestais ce surnom.
— Je ferais mieux d’aller me changer, répondit Elisabeth avec un sourire éblouissant.
— Je t’attends.
— Euh… c’est une idée où il va se passer quelque chose de pas très catholique entre ta mère et oncle Will ? Demanda Rafaela.
— Non, ce n’est pas une idée. Je trouve ça…
— Etonnant, compléta-t-elle.
— Ça va, chérie ? S’enquit Viggo en enlaçant sa femme.
— Oui. Maman va nous abandonner quelques jours. Elle part en voyage avec William.

Valérie et Rafaela explosèrent de rire en voyant la tête ahurie de l’acteur, sous le choc de la nouvelle. Orlando et les autres vinrent voir ce qui se passait et tout le monde conclut que ce voyage était une excellente idée. Ils accompagnèrent Elisabeth et William jusqu’à la voiture de ce dernier qui avait préféré utiliser son véhicule de location plutôt que de venir avec Orlando et Rafaela, pensant qu’il partirait avant le couple.

— Bon, on fait quoi les enfants ? Demanda Elijah.
— Qu’est-ce qu’on peut fait un premier janvier à 2h du matin à Los Angeles ?
— Se faire livrer une pizza ? Proposa Raf qui commençait à avoir faim malgré le copieux repas qu’ils avaient partagé.
— Une partie de paint-ball ? Offrit Orlando.
— Se coucher ? Fit Henry qui n’en avait pourtant pas envie.
— Pfff les jeunes ! Répondit Lij.
— Un bain de minuit ? Suggéra Valérie.
— Mmmm… ce n’est pas une mauvaise idée, répondit-il, on emmène quelques trucs à grignoter, on fait un bon feu et on attend le lever du soleil.
— Et puis tant qu’on y est, on fait une danse de la pluie, continua Rafaela qui préférait retrouver son lit, où du moins celui d’Orlando.
— Ah ben si les vieux s’y mettent aussi, tu veux pas qu’on aille te border, la taquina Billy.
— Non, Orlando se débrouille très bien, merci de t’en inquiéter, répliqua Raf en lui tirant la langue.
— Moi, je veux bien, fit Valérie en lui faisant un clin d’œil, mais je ne suis pas sûre que Superman sera d’accord.
— On attendra son prochain tournage, dit Billy d’un ton complice.
— Rien que pour t’embêter, je l’emmènerai avec moi passer quelques temps à New York, déclara Rafaela.
— Mais euh, protesta Val, je veux mon nounours Billy moi !
— Viens là, princesse, dit l’intéressé en ouvrant les bras. Tu sais que tu es super sexy dans ton costume de Catwoman, j’en connais un qui…, murmura-t-il avant de poursuivre à l’oreille de la jeune femme.
— Ne t’inquiètes pas pour ça, répondit-elle avec un regard prononcé pour son époux.
— Ça veut dire que la soirée s’arrête ? Demanda Elijah légèrement déçu.
— Mmmoui, à cause d’une certain personne, je dois reprendre la fin de mon livre demain… euh tout à l’heure plutôt.
— Et nous, nous partons à Santa Barbara en fin d’après-midi, on va passer le week-end là bas.
— Billy ? Interrogea Lij avec espoir.
— Vu qu’il n’y a qu’une chambre d’hôtel vide qui m’attend, je suis à votre disposition d’Artagnan !
— Eh ben ça promet un mousquetaire et un écossais à Los Angeles, railla Orly qui était un peu déçu de ne pas pouvoir aller avec eux et de faire la fête comme avant.
— Vous nous raconterez les garçons ? Demanda Valérie.
— Tu ne veux pas qu’on prenne des photos aussi ? Proposa Billy.
— En voila une bonne idée ! Vous nous envoyez tout ça par mail, ok ? Le taquina Rafaela avec un sourire, mais avant 18h.
— Mon dieu qu’elle est bête ! Soupira Elijah.
— Hey, c’est de ma fiancée que tu parles ! La défendit aussitôt Orlando.
— Mille excuses, gente dame. Dis, quand on sera tous les deux, tu me diras si tu as quelque chose sous ton kilt ?
— Lij, mais tu ne penses qu’à ça, ma parole !
— Je te signale qu’on est plusieurs à se poser la question, renchérit Valérie.
— Eh bien la réponse restera la même. Merci pour la soirée les enfants, j’étais ravi de passer ce réveillon avec vous.
— De même, fit Elijah en prenant congé en même temps que Orlando et Rafaela.
— C’était un plaisir, répondit Viggo.

Henry, Valérie et ce dernier regardèrent partir leurs amis avant de rentrer à l’intérieur de la maison. Viggo ferma la porte-fenêtre tandis que sa femme débarrassait le salon avec l’aide d’Henry. Il les rejoignit quelques minutes plus tard dans la cuisine, Valérie discutait avec le jeune homme tout en remplissant le lave-vaisselle.

— Essaye mais je ne pense pas qu’il dira oui.
— Tu aurais plus… de poids, surtout habillée comme ça, fit Henry qui avait du mal à ne pas laisser son regard dériver sur sa belle-mère.
— Euh… je ne sais pas comment je dois le prendre. Disons que je n’ai rien entendu. Pour le reste, tu te débrouilles avec ton père.
— Mais…
— Pas de mais. Je t’ai déjà expliqué que je ne remplaçais pas tes parents, je suis là si tu as besoin de moi, mais pour les décisions importantes, c’est eux qui décident.
— Attends, je te demande pas de m’acheter une Porsche, juste de voir si le couvre-feu peut-être décalé de quelques heures.
— En quel honneur ? Demanda Viggo.
— J’ai quelques amis qui font une fête et…
— Qui ?
— Tu connais pas.
— Alors non, répondit son père en secouant la tête.
— Mais…
— De plus, il me semblait que tu devais faire quelques progrès avant de pouvoir reprendre une vie normal, non ?
— C’est toujours pareil avec toi, s’emporta Henry en quittant la cuisine en colère.
— Quoi ? Demanda Viggo à Valérie après avoir poussé un profond soupir.
— Rien.
— Laisse-moi deviner, tu penses que j’aurais du l’autoriser à y aller.
— Non, je n’ai rien dit de tel.
— Mais ?
— Il n’y a pas de mais, je t’assure.
— Valérie, je te connais alors dis-moi ce que tu penses.
— Que tu es très sexy dans ton costume de Superman ?
— Val, insista Viggo.
— Ok, je pense que tu aurais au moins pu le laisser s’expliquer jusqu’au bout sans être aussi… tranchant. Ceci dit, je n’ai pas d’enfant donc je suis très mal placée pour te juger sur ce sujet.
— C’est pourtant ce que tu fais, la taquina Viggo.
— Hey, c’est toi qui m’a… espèce de bourrique, va, répondit-elle en lui envoyant le torchon qu’elle avait dans les mains.
— De toute façon, même si je l’avais laissé finir, il n’aurait pas eu l’autorisation d’y aller.
— Je sais mais la discussion ça a du bon de temps en temps.
— Ça tombe bien, déclara Viggo en la prenant dans ses bras, j’ai envie de discuter avec toi.
— Discuter, hein ? Répéta Valérie avec un sourire amusé. Tu n’aurais pas plutôt envie de voir si Catwoman et Superman ont des atomes crochus ?
— On a toute la nuit pour en parler, répondit-il avant de lui mordre la lèvre inférieure.
— Mmmm tu ne sais pas ce qui t’attend, je suis… sauvage.
— Et moi, l’homme le plus fort du monde, fit-il en la soulevant dans ses bras.
— Hey, je n’ai pas fini.
— Ça peut attendre, par contre, moi, je ne peux plus, te voir dans ce costume…
— Ça te donne des idées ?
— Tu ne vas pas tarder à le savoir, dit-il en s’engageant dans l’escalier qui menait à leur chambre.
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Scilia
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Dim 30 Jan - 19:58

1e janvier 2003 – 17h

Billy ouvrit un œil avant de le refermer aussitôt. La pièce était plongée dans la pénombre mais la lumière le blessait. Il essaya de se remémorer où il était. Il avait quitté la soirée chez Viggo avec Elijah, ils étaient passés à son hôtel pour qu’il se change et après… ils étaient allés chez Elijah et… est-ce qu’ils étaient ressortis après ? L’écossais n’en avait aucune idée. Sa tête était douloureuse, signe qu’il avait ingurgité plus d’alcool qu’il n’aurait du. Il bougea dans le lit et son pied rencontra quelque chose de dur.

— Oh oh.
— Mmmmmmm, répondit la voix d’Elijah encore endormi.
— Merde, jura Billy en ouvrant les yeux pour découvrir son compagnon à moitié dénudé.

Il souleva la couette qui confirma son intuition. Lij était entièrement nu… et lui aussi. Bon dieu, ils n’avaient quand même pas… Pourtant quelle autre explication pouvait-il y avoir pour expliquer qu’ils se retrouvent ensemble, nus, dans un lit ? Billy se redressa lentement et s’assit, jetant un coup d’œil autour de lui, il repéra ses vêtements qui étaient jetés pêle-mêle à même le sol.

— Re-merde.

Il se leva et ramassa son caleçon qu’il passa rapidement. Il ne savait pas quoi faire. Fuir aurait été une solution mais il ne s’agissait pas de l’un de ses flirts d’un soir, il s’agissait d’Elijah et il ne voulait pas le blesser. Pour commencer, il allait prendre une douche. Peut-être Lij aurait-il une explication à laquelle il ne pensait pas. Il avait tellement mal à la tête. Billy passa dans la salle de bain après avoir ramassé ses affaires et déposa le tout près du lavabo avant de se ruer sur l’armoire à pharmacie. Sauvé, une boite d’aspirine à moitié pleine ! Il en avala trois et s’adossa contre le mur en fermant les yeux. Des images vinrent insidieusement s’imprimer sur ses paupières. Il se revit en train d’embrasser Elijah à la suite d’un pari stupide mais après… Il ouvrit les yeux. Cela suffisait pour le moment. Billy tendit le bras et ouvrit le jet d’eau qu’il régla sur chaud. Il se glissa dessous au bout de quelques secondes, savourant la puissance du jet sur son dos et sa nuque.

— Putain, j’ai quand même pas fait ça, murmura-t-il les larmes aux yeux.

Il ne retint pas ses larmes. Il se dégoûtait. Ce n’était pas nouveau, cela durait depuis des semaines, depuis que Dominic l’avait quitté pour dire la vérité. Il avait multiplié les aventures mais cela ne changeait rien au problème. Il avait Dom dans la peau et cette rupture était douloureuse. Le pire était d’avoir perdu un ami en même temps qu’un amant. Il s’entendait tellement bien avec son alter ego amuseur de galerie. Ses larmes redoublèrent et des sanglots rauques franchirent ses lèvres tandis que des souvenirs remontaient à la surface. Billy se laissa glisser le long du carrelage et ramena ses jambes contre son torse. Pourquoi ? Pourquoi tout avait-il tourné ainsi ? Qu’avait-il fait pour que Dominic le trompe ? Etait-ce de sa faute ? Etait-ce Dom qui avait un problème ? Oui, il en avait un qui était la violence mais cela ne voulait pas dire qu’il ne pouvait plus… Il avait tellement mal et se sentait tellement seul. La porte de la salle de bain s’ouvrit lentement. Elijah passa la main dans sa tignasse décoiffée et ouvrit l’armoire à pharmacie. Il eut une moue en constatant que la boite d’aspirines n’était pas à sa place. Il aurait pourtant juré qu’il lui en restait. Il nota alors le bruit de la douche derrière son dos et la pile de linge à coté du lavabo. Se grattant la tête, il essaya de se rappeler qui était là.

— Euh… c’est qui ?
— T’as l’air aussi en forme que moi, déclara Billy après s’être essuyé les yeux et avoir passé une serviette autour de ses hanches.
— Ben… je crois qu’on a un peu abusé du mélange bière tequila.
— Ah, toi au moins, tu te souviens de ce qu’on a bu, répliqua l’écossais avec un sourire amusé.
— Oui… je me rappelle d’autre chose… enfin je l’ai sur le bout de la langue mais…
— Ça te dérange si je me rhabille ?
— Euh… non, désolé, bredouilla Lij en faisant demi-tour.

Billy le regarda faire, priant intérieurement pour qu’il ait oublié leur baiser et ce qui s’était éventuellement passé par la suite. Elijah avait la main sur la poignée de la porte quand il se retourna soudain, une lueur dans le regard.

— Tu te rappelles de…
— Je suis désolé, le coupa Billy.
— Mais…
— Je ne voulais pas te blesser.
— Euh… je voulais juste te demander où tu avais mis les aspirines mais toi, de quoi tu parles ?

Billy se sentit devenir pivoine tandis qu’il cherchait une porte de sortie. Quel crétin il était par moments ! Il ne pouvait quand même pas lui dire qu’il pensait avoir couché avec lui et qu’il n’en gardait aucun souvenir. Enfin si, il y avait ce baiser mais cela ne voulait pas dire que…

— Bill ?
— Tiens, l’aspirine, répondit-il en lui lançant la boite.
— Merci… t’es sûr que ça va ?
— Ouais, gueule de bois, c’est tout.
— Tu veux un bon petit-déj ?
— Je ferais mieux de rentrer… d’accord, capitula-t-il en voyant le regard céruléen d’Elijah se teinter de tristesse.
— Café, bacon, toast et œufs brouillés.
— Parfait.

Non, ça n’était pas parfait, loin de la. C’était décidé, il prenait le petit-déjeuner avant de partir, il trouverait bien une excuse quelconque. Pourvu que Lij ne se souvienne de rien, pria-t-il tout en s’habillant rapidement.

— Faites qu’il ne se rappelle pas, je vous en prie…

***

15 janvier 2003

— Qu’est-ce que tu en penses ? Demanda Elijah en sortant d’une cabine d’essayage vêtu d’un nouveau costume.
— J’aime bien la coupe mais pas la couleur. Il te faudrait quelque chose dans les tons gris.
— J’en ai déjà deux, se plaignit l’acteur.
— C’est pour quel genre de photo ? Demanda Valérie en jetant un coup d’œil sur ce que venait de rapporter une vendeuse.
— Un magazine national.
— Pourquoi pas quelque chose de décontracté ? Pull à col roulé, jean ou chemise avec pantalon ?
— J’aimais bien la chemise mauve.

La vendeuse se retint de lever les yeux au ciel. Les acteurs, elles les détestaient. Ils lui faisaient toujours sortir la moitié de la boutique pour ne quasiment rien acheter. Elle repartit néanmoins prendre la chemise en question et hocha la tête avec un sourire quand Valérie s’excusa discrètement.

— Tu disais ?
— Rien, rien. Bon, tu sors de là que je vois ce que donne le pantalon marron ?
— Euh… tu permets que je remette mon t-shirt.
— Lij, je suis mariée, je suis ton amie et je ne vais pas te sauter dessus parce que tu es torse nu !
— Tu le promets ?
— Croix bois, croix de fer…
— Ok, ok.
— Ahhhhhhhhhhhhhh, s’écria Val en se jetant sur lui. Tu verrais ta tête ! Rajouta-t-elle en explosant de rire au moment où la vendeuse revenait.
— C’est malin, grommela Elijah en passant la chemise.
— Pas mal.
— C’est tout ?
— Si tu la laisses un peu ouverte en haut et en bas…
— Tu ne veux pas non plus que je l’enlève ?
— Je suis certaine que tes fans apprécieraient.
— Obsédée, va ! La taquina-t-il avant de retourner dans la cabine.
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Dim 30 Jan - 19:58

Valérie ne put répondre, son téléphone sonna au même moment. Elle tira la langue à Lij avant de s’asseoir dans l’un des profonds fauteuils mis à la disposition de la clientèle. Cela avait du bon d’être célèbre de temps en temps, avait-elle songé quand on les avait conduit dans un salon privé dès leur arrivée.

— Allo ?
— Valérie, c’est Connie.
— Tiens, que veut mon agent préféré ?
— T’annoncer une bonne nouvelle. Il y a quelques petites retouches à faire sur ton manuscrit mais on a le feu vert.
— Vraiment ? C’est génial ! S’écria Val en s’attirant un regard courroucé de la vendeuse.
— Par contre, il y a un ou deux détails dont nous devrions discuter.
— Je t’écoute.
— Voila, Calvin Dishman, l’éditeur d’Universe, a eu quelques… idées.
— Tu me fais peur, Connie.
— Il n’y a pas de quoi, deux broutilles.
— Ne tourne pas autour du pot.
— Très bien, Dishman voudrait publier ton prochain livre sous le nom de Valérie Mortensen avec un bandeau annonçant un truc du genre « le nouveau livre de la femme de Viggo Mortensen, le célèbre Aragorn »
— Tu as refusé, j’espère ! Répondit la jeune femme en sentant une bouffée de colère prendre possession d’elle.
— Je lui ai dit que j’allais t’en parler mais que j’étais à peu près sûre que tu refuserais.
— Et comment que je vais refuser ! Bon sang, ça fait des années que je me bats pour faire publier mes livres et là, à condition que j’accepte de me servir de mon mariage, on me publie !
— Ne t’énerve pas, Valérie.
— Et que veux-tu que je fasse d’autre, Connie ?
— Réfléchis à cette proposition, parles-en avec Viggo.
— C’est hors de question. Où tu arranges ce problème avec Dishman, ou je trouve un autre agent.
— Valérie, tu…
— Au revoir, répondit la jeune femme en coupant la communication.
— Quelque chose ne va pas ? Demanda Elijah qui s’était assis près d’elle.
— Ça va s’arranger. Tu as choisi ?
— Oui, je prends le pull noir, le pantalon et la chemise.
— Tu sais, en y réfléchissant, ça fait un drôle de mélange mauve et marron.
— L’essentiel, c’est que ça me plaise, non ?

Elijah régla ses achats et ils se retrouvèrent dans la rue quelques minutes plus tard. Il avait remis sa casquette des Giants et ses lunettes de soleil qui lui procuraient un anonymat aléatoire. Ils décidèrent d’aller manger quelque chose dans un restaurant à quelques pas et allaient traverser la rue quand un homme d’un certain âge les arrêta.

— Excusez-moi, est-ce que… oh vous allez me trouver ridicule mais vous voulez bien me signer un autographe ? Demanda-t-il humblement.
— Bien sûr, répondit Elijah qui maudit son déguisement trop léger.
— Pardonnez-moi jeune homme, je parlais à votre amie. Vous êtes bien Valérie Beaumont, l’auteur de plusieurs romans ?
— C’est exact, répondit l’intéressée amusée par le quiproquo. Comment vous appelez-vous ?
— George.
— A George, avec toute mon amitié, murmura Valérie tout en écrivant.
— Merci beaucoup, vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me fait plaisir.
— Mais de rien, George, merci d’acheter mes livres.
— Le prochain sort bientôt ?
— D’ici quelques semaines, je pense. Il faut être patient.
— Très bien. Au revoir… et merci, fit le vieil homme en s’éloignant.
— C’est bien la première fois que ça m’arrive, déclara Elijah avec un large sourire.
— A moi aussi.
— Quoi ? Tu veux dire que George est le premier fan qui te demande un autographe.
— C’est si étonnant ?
— Oui, je trouve. Tes bouquins sont géniaux !
— Sauf que le prochain pourrait bien ne pas sortir, avoua-t-elle à voix basse.
— Comment ça ?

Valérie lui rapporta sa conversation avec Connie tandis qu’ils s’installaient à une table au premier étage d’un restaurant assez calme. Ils occupaient un box au fond de la salle procurant une relative tranquillité.

— C’est ignoble de vouloir profiter de toi ainsi !
— Je suis tout à fait d’accord.
— Tu comptes vraiment changer d’agent ?
— J’y songeais déjà, maintenant que je suis à Los Angeles, ça serait plus simple.
— C’est sûr, répondit Elijah avant d’être interrompu par l’arrivée du serveur.
— Vous désirez un apéritif avant de passer commande ?
— Non, merci, dit Val, mais ne te gênes pas pour moi.
— Une corona, ça sera parfait. On commande ?
— Oui. Un filet de loup aux champignons forestiers.
— Mmmmm ça me semble bon ça, la même chose s’il vous plait. Une Perrier, aussi. Tu veux du vin ?
— Tu connais mon goût pour ce genre de chose.
— Alors l’eau suffira.
— Très bien. Je vous apporte votre bière tout de suite.
— Merci.
— Alors, demanda Valérie en s’installant confortablement contre la banquette, tu ne m’as pas fait venir uniquement pour faire du shopping avec toi, si ?
— Bien sûr que si !
— Lij, insista la jeune femme. Il y a quelque chose qui te perturbe depuis… depuis le réveillon du 31 si je ne me trompe pas.
— Tu es trop perspicace, tu devrais écrire des romans policiers.
— Si tu me parlais au lieu de dire des âneries.
— Merci, répondit Elijah qui gagna quelques minutes quand le serveur lui apporta la bière et l’eau. Il n’y a rien de spécial, je voulais passer un peu de temps avec toi.
— C’est ça et Ian McKellen est hétéro ! Plaisanta Valérie.
— Le pauvre, il va avoir les oreilles qui sifflent.
— Hey, c’est de ta faute. Non, aller, sérieusement, dis-moi ce qui te tracasse, reprit-t-elle en posant sa main sur celle de l’acteur.
— Rien… enfin… je ne sais pas trop comment…
— Tu as rencontré quelqu’un ?
— Non… pas exactement.
— Pas exactement, ça veut dire qu’elle n’est pas libre ?
— Eh bien… en fait… ça serait plutôt il, avoua Elijah en évitant de la regarder dans les yeux de peur d’y lire du dégoût.
— Il… tu veux dire que… mon dieu, mais tu vas briser le cœur de millier de fans ! Plaisanta-t-elle avec un sourire rassurant.
— Et toi… ça ne te fait rien de savoir que… enfin que je suis… différent ? Demanda Lij qui n’arrivait toujours pas à prononcer le mot en public.
— Pas du tout. Est-ce que j’ai rejeté Ian, Dom ou Billy à cause de… cette différence ? Non, alors pourquoi cela serait-il le cas avec toi ?
— Je ne sais pas… j’avais peur que…
— Elijah, tu es l’un de mes amis les plus proches et ce n’est pas parce que tu es gay, dit-elle en baissant la voix sur le mot fatidique, que cela va changer quoi que se soit pour moi.
— Merci.
— Donc il n’est pas libre ?
— Si… enfin c’est compliqué… il s’est passé quelque chose mais on était un peu… ivre et le lendemain il a fait comme si de rien n’était.
— Peut-être qu’il avait peur, comme toi, à moins qu’il n’en ait pas eu de souvenir si vous étiez éméchés ?
— J’ai vu dans son regard qu’il le savait. Je ne sais pas ce qui l’a retenu et… je ne sais pas trop quoi faire.
— Tu l’as appelé ?
— Non. Je me voyais mal lui dire : hey, c’est Lij, tu te rappelles la nuit qu’on a passé ensemble ?
— Effectivement.
— Si je voulais t’en parler, c’est parce que tu le connais.
— Je le connais ?
— Plutôt bien même. C’est… il s’agit de Billy.
— Billy… attends, tu veux dire notre Billy ?
— Tu en connais plusieurs ?
— Non, c’est juste que… mais quand ?
— Après le réveillon. On devait sortir mais on a finit chez moi.
— Je ne vois pas ce qu’il y a de… tu entends quoi par finir chez toi ?
— Un truc idiot. On a pas mal bu et… on a fini par faire un strip-poker.
— Oh.
— Et quand on plus rien eu à enlever, continua-t-il avant de s’interrompre à l’arrivée du serveur et de leurs plats.
— Vous désirez autre chose ?
— Non, merci. C’est parfait, répondit Valérie. Donc, vous avez… ?
— Eh bien… on a continué dans les jeux idiots et pour résumer, on s’est embrassé… plusieurs fois. Le lendemain matin, il s’est réveillé le premier et… il a du en déduire que nous avions fait quelque chose car nous étions nus tous les deux.
— Tu veux dire que vous n’en avez pas parlé ?
— Eh bien… on était assez mal en point tous les deux et il a quitté Los Angeles deux jours plus tard.
— Et tu voulais savoir, étant donné que je suis assez proche de lui, s’il m’en avait parlé ?
— Ben... oui, avoua Elijah d’une petite voix.
— Mon dieu mais quand aurais-je des amis normaux ?
— Pardon ?
— Rien, laisse tomber.
— C’est bien le problème, je n’y arrive pas. Ça fait quinze jours que je n’arrête pas d’y repenser. Je ne sais pas quoi faire.
— Tu pourrais aller le rejoindre ?
— Non mais tu m’imagines débarquer chez lui pour lui dire… non, c’est impossible, de toute façon, j’ai des obligations tout le mois.
— Le téléphone, ça existe aussi.
— J’y ai pensé, j’ai même plusieurs fois composé son numéro mais… j’ai raccroché. Je ne savais pas comment…
— Lij, je ne peux pas t’aider si tu ne m’expliques pas clairement ce que tu attends de moi.

L’acteur baissa la tête et toucha son poisson du bout de sa fourchette avant de la reposer lentement. Que voulait-il ? Très bonne question à laquelle il n’y avait qu’une seule réponse : Billy. Il voulait de nouveau goûter ses lèvres, effleurer sa peau de ses doigts, sentir son souffle sur son oreille. Il se reprit et releva la tête pour croiser le regard de sa compagne.

— Est-ce… est-ce qu’il ne t’a jamais… parlé de moi ?
— Cela nous est arrivé mais pas de la manière dont tu l’entends, j’en ai peur.
— Je vois.
— Mais cela ne veut pas dire que tu doives perdre espoir. Billy est un peu… torturé depuis sa rupture avec Dominic.
— Je ne savais pas.
— Beaucoup de gens l’ignorent et c’est mieux ainsi, du moins je le crois.
— Je me sens ridicule d’un coup.
— Aimer n’est pas ridicule, c’est une belle chose, Elijah. Il faudrait juste que tu aies le courage de le lui dire.
— Et s’il me rejette ?
— Ce n’est pas pire de ne pas savoir ce qu’il en est ?
— Je ne sais pas. Dès fois je me dis que… que ça pourrait être bien et la minute d’après, je me traite d’imbécile, je me dis qu’il ne voudra jamais de moi.
— Il n’y a qu’un moyen de le savoir.

Elijah hocha lentement la tête. Mieux valait changer de sujet, il sentait que Valérie ne lui parlerait pas de Billy et il voulait profiter de la présence de la jeune femme pour en savoir plus sur le prochain film de Viggo. L’acteur devait partir le lendemain de sa fête d’anniversaire au Maroc et Lij se demandait si elle partirait avec lui.
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koé
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Lun 31 Jan - 15:04

Wouaaaah ça devien compliqué !!!!!

Mais c'est très bien... Juste après un bongros foirage en contrôle d'optique ça remonte le moral !!!! Marci bocou !!!
Very Happy Very Happy

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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Sam 5 Fév - 20:07

Et encore tu connais pas la suite Koé, un vrai sac de noeuds. Contente d'arriver à te changer un peu les idées ^^

***

28 janvier 2003


La nuit venait juste de tomber quand la plupart des invités arrivèrent. Elijah avait organisé un petit dîner pour son anniversaire, rien de grandiose cette année. Il voulait le fêter avec ses amis les plus proches. Il avait donc invité Dominic, qui venait d’arriver avec Jessika, Ian McKellen, accompagné par un… homme à première vue qui avait les cheveux mi-longs et arborait une combinaison moulante orange. Viggo et Valérie, Andy Serkis et Ariane, Karl Urban et sa compagne, Natalie, qui étaient venus passer quelques jours à Los Angeles, l’acteur ayant été contacté pour un rôle. Ils venaient de passer dans le jardin d’hiver pour le dessert et les conversations battaient leur plein.

— Alors cette lecture Karl ? Demanda Viggo ravit de le revoir.
— Je devrais en savoir plus demain. En attendant, on en profite pour se prendre quelques jours de vacances.
— Los Angeles vous plait, Natalie ?
— Oui, c’est une ville bruyante mais je crois qu’on s’y attache facilement.
— Je suis tout à fait d’accord, renchérit Ian avec un sourire.
— Je t’en prie, ne dis rien, murmura Andy à l’oreille d’Ariane.
— Mais, commença la jeune femme qui n’arrivait pas à détacher son regard de Dominic embrassant goulûment Jessika comme s’ils étaient seuls au monde.
— Si vous saviez ce qu’on s’amuse dans certains coins, déclara Roberto, l’ami coloré de Ian.

Ariane délaissa totalement la conversation. Elle n’avait d’yeux que pour Dom et Jessy qui continuaient leurs baisers, poussant quelques gémissements par moments. Elle était écoeurée. Etait-ce une manière de se conduire lorsqu’on était invité quelque part ? Et puis, la jeune femme n’oubliait pas la conversation qu’elle avait eue avec Billy. Il lui avait semblé tellement désemparé après sa rupture avec Dominic. Comment cet homme avait-il pu faire autant de mal à quelqu’un d’aussi gentil que Billy Boyd ? Et pourquoi les autres ne semblaient-ils pas les remarquer ? C’était quand même flagrant ! Elle devait faire quelque chose, c’était décidé ! Fort heureusement, Andy, qui commençait à la connaître fort bien, l’arrêta avant qu’elle ne se lève pour aller haranguer le couple.

— Ariane, s’il te plait. C’est l’anniversaire d’Elijah.
— Et alors, ça leur donne le droit de se comporter ainsi ? Demanda-t-elle d’une voix un peu forte.
— Y’a un problème ? Demanda Dominic qui avait entendu.
— Oui, commença Ariane.
— Non, répondit Andy.
— Mais enfin…
— Le dessert va bientôt arriver les amis, annonça Elijah qui revenait de la cuisine. Val, tu veux bien me donner un coup de main ?
— Bien sûr, répondit-elle en se demandant si l’intervention de Lij allait calmer les choses.
— Alors, c’est quoi le problème ? Insista Dom.
— Rien, il n’y a rien. Si on allait prendre un peu l’air ? Proposa Andy à sa compagne.
— Tu ne vas quand même te défiler devant lui !
— Il n’est pas question de se défiler, déclara Andy avec un regard d’excuse envers les autres.
— C’est pourtant l’impression que ça donne, ricana Dominic.
— Très bien, c’est répugnant ce que vous faites tous les deux, s’écria Ariane qui sentit le rouge lui monter aux joues. Il y a des hôtels pour faire ce… genre de chose !
— Quoi ? Ça te gêne que je l’embrasse ? T’es jalouse ? Andy n’est peut-être pas à la hauteur ?
— Espèce de…
— Je crois qu’on en a assez entendu, s’interposa Viggo.
— Je ne pense pas non, fit Dom hargneux. Je commence à en avoir assez de votre comportement.
— Nous ? S’étonna Ian.
— Ouais, j’ai l’impression que vous m’accusez tous du malheur de ce pauvre « billyboy » !
— Est-ce que ça a quelque chose à voir avec ton comportement de ce soir ? S’enquit Viggo.
— Oh lâche-moi toi aussi, avec tes airs de boy-scout !
— Dom, je voudrais que tu partes, déclara Elijah qui venait d’entrer dans la pièce suivit de Valérie.
— Ben voyons, encore une fois c’est de ma faute !
— S’il te plait, insista Lij. Je voulais juste partager un moment avec vous tous mais on ne peut pas dire que tu simplifies les choses. Je suis désolée, Jessika.
— Ce n’est pas grave, répondit-elle en comprenant qu’ils étaient allés un peu loin.
— Comment ça c’est pas grave, mais si c’est grave ! Je vais quand même pas me faire jeter parce que j’embrasse ma copine, non ?
— Il me semble qu’Elijah a été on ne peut plus clair, répliqua Viggo en s’approchant.
— Ne fais pas d’histoire pour rien, implora Ian.
— S’il te plait, murmura Jessika de plus en plus gênée par le comportement de Dom.

Dominic sembla se résigner avant de se retourner brusquement et de donner un coup de poing à Viggo qui réussit à l’esquiver de justesse. Karl vint lui porter secours et, à eux deux, ils réussirent à grand peine à maîtriser Dom. Jessika les suivit la tête basse, elle avait honte du comportement de son compagnon. Une fois de plus, il avait encore trop bu. Il avait commencé chez elle par un pack de bière et une bouteille de whisky. Valérie, qui venait de la cuisine des assiettes et des couverts dans les mains, les regarda surprise.

— Que… mais qu’y a-t-il enfin ?
— Un petit problème, répondit Ian, qui ne devrait pas tarder à être résolu.

La porte d’entrée claqua au même moment. Elijah, Karl et Viggo réapparurent quelques minutes plus tard. C’est à ce moment là qu’elle le sentit, ou plutôt qu’elle ne sentit plus rien. Le temps semblait avoir ralenti. Elle sentit qu’elle lâchait les assiettes qu’elle tenait et s’appuya contre le mur, derrière elle, avant de se laisser lentement glisser sur le sol. Personne ne semblait avoir rien remarquer, ils discutaient tous de l’altercation avec Dominic et n’avait pas entendu le bruit des assiettes tombant sur le carrelage.

— Viggo, murmura-t-elle d’une voix apeurée.

Le bruit des conversations couvrit sa voix. Elle paniqua totalement en constatant qu’elle ne pouvait plus se relever. C’est un cri d’animal effrayé qui leur parvint enfin.

— Viggo !!!

Il se tourna enfin vers elle et nota immédiatement que quelque chose n’allait pas. Son visage était blafard, des morceaux de porcelaine gisaient autour d’elle et son regard… son regard exprimait de la terreur pure.

— Mes jambes… je ne sens plus mes jambes, bredouilla-t-elle avant de fondre en larmes.

Un silence assourdissant se fit dans le jardin d’hiver. Viggo se précipita vers sa femme et la prit dans ses bras. Sans plus chercher à comprendre, il la souleva et sortit de la maison. Il l’installa avec douceur dans la voiture et fonça au Cedar Sinaï Hospital. Elijah et les autres n’avaient même pas eu le temps de dire un mot. Ils espéraient tous que rien de grave ne venait d’arriver.

***

Quelques heures plus tard.

Valérie avait été installée dans une chambre particulière. Viggo ne l’avait pas quittée à l’exception du moment où elle avait passé un scanner. Le médecin des urgences n’avait prononcé aucun diagnostique. Viggo avait vu sa femme subir plusieurs prises de sang sans dire un mot. Elle semblait totalement déconnectée de la réalité, il n’était même pas certain qu’elle fût consciente de sa présence.

— Chérie ?

Elle tourna son visage vers lui. Ses yeux étaient rougis par les larmes et son visage si pale. Il n’avait aucune idée de ce qu’il devait faire. Aussi, prit-il sa main dans la sienne en attendant des nouvelles qui ne tardèrent pas à arriver.

— Bonjour, je suis le docteur Kevin Lenco, déclara un homme brun d’une trentaine d’années en pénétrant dans la chambre. Mme Mortensen, j’ai les résultats de vos examens.
— Je vous écoute, déclara Valérie d’une voix éteinte.
— Les nouvelles ne sont pas bonnes, je suis désolée. Une tumeur fait pression sur le bas de votre colonne vertébrale, ce qui explique la paralysie qui, nous l’espérons, disparaîtra lorsque nous l’aurons ôtée.
— Vous n’en êtes pas certain ? S’étonna Viggo.
— Non, hélas, c’est une chose que nous ne saurons qu’après l’opération, expliqua Lenco.
— Vous avez parlé de tumeur, dit Valérie, est-ce… est-ce que j’ai un cancer ?
— Je ne vous cache pas que c’est une éventualité. Pour en savoir plus, j’aimerais pratiquer une ponction lombaire. L’analyse de quelques cellules nous dira si la tumeur est cancéreuse ou non.
— Et si c’est le cas ? Demanda Viggo.
— La première partie reste la même : une opération pour l’enlever. Ensuite, il y aura une chimiothérapie. Il y a de bonne chance de rémission, la médecine a beaucoup progressé.

Valérie serra les poings, elle sentait ses ongles entrer dans ses paumes mais ce n’était rien en comparaison de ce qu’elle éprouvait. Un cancer… elle avait un cancer et qu’importe ce que disait ce médecin, elle allait probablement mourir. Elle ferma les yeux pour refréner ses larmes. Il ne servait à rien de pleurer. Quand elle les rouvrit, le médecin était parti et Viggo avait la tête baissée.

— Je suis désolée.
— De quoi… Chérie, de quoi es-tu désolée ? Demanda Viggo en la regardant avec tendresse.
— D’être malade. Ce n’était pas le moment, tu pars demain… non, tout à l’heure et…
— Valérie, s’il te plait. Tout ce qui importe pour le moment, c’est toi.
— Mais…
— Il n’y a pas de mais. Le médecin a dit qu’il allait de te faire la ponction lombaire d’ici une vingtaine de minutes. Nous devrions avoir les résultats demain matin.
— Ton avion est à 6h.
— Il est hors de question que je te laisse, répondit Viggo d’un ton tranchant. Je vais passer un coup de fil à la production.
— N’annule pas. Dis leur que tu as besoin d’un jour ou deux mais n’annule pas, pas tant qu’on ne sait pas si j’ai un… un cancer, reprit-elle avec difficulté.
— C’est ridicule, je ne vais pas t’abandonner alors que tu as besoin de moi.
— Ce film repose sur toi, Johnston te l’a bien fait comprendre. Si tu les abandonnes, le film ne se fera pas.
— Bon sang, ma carrière est la dernière chose qui m’importe pour le moment. Comment peux-tu… ? Commença Viggo avant d’être interrompu par l’arrivée d’Elijah et de Ian.
— Du nouveau ? demanda ce dernier qui sentit la tension entre les deux époux.
— J’ai un coup de fil à passer, répondit Viggo avant de sortir de la chambre.
— On tombe mal ?
— Non, Lij, au contraire. Sauvée par le gong.
— Alors ? Nous avons vu le médecin entrer dans la chambre quand nous sommes arrivés, c’est pour cela que nous avons attendu.
— Une tumeur fait pression dans le bas de la colonne vertébrale. Ils ne savent pas encore si c’est cancéreux.
— Mon dieu, laissa échapper Ian en l’enveloppant d’un regard compatissant.
— Val…
— Je sais, Elijah. Vous devriez rentrer. Cela ne sert à rien de rester tous ici. Nous aurons la réponse demain matin et l’opération… je ne sais même pas quand elle a été programmée.
— Tu as besoin de quelque chose ? Demanda Lij.
— Non, rien. Merci. Merci d’être venu. Je suis désolée d’avoir gâché ton repas d’anniversaire. Si je suis encore… on se rattrapera l’année prochaine, dit-elle d’une voix cassée.
— Ne t’inquiète pas pour ça. Je repasserais demain, répondit-il en l’embrassant sur le front.
— Ok.
— Je ne serais plus à Los Angeles mais j’appellerais, promis Ian.
— Ce n’est pas…
— J’insiste. Repose-toi maintenant.
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Scilia
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MessageSujet: Re: Rencontre d'un certain type - Scilia   Sam 5 Fév - 20:08

Valérie hocha la tête, incapable de prononcer le moindre mot. Viggo revint quelques minutes après le départ des deux hommes. Le docteur arriva en même temps avec une infirmière et procéda à la ponction. Viggo sentit son cœur se fendre tandis qu’il tenait la main de sa femme qui souffrait visiblement. Lenco lui avait fait une anesthésie mais l’avait prévenue que cela restait tout de même assez douloureux. Elle n’avait qu’une envie : crier, hurler sa douleur, mais elle se contenta de mordre sa lèvre inférieure tout en se raccrochant à son mari. Quand enfin le prélèvement fut fait, elle s’endormit, vaincue par la fatigue et la douleur. Viggo resta à son chevet, il la regarda dormir, se demandant pourquoi la vie leur imposait une telle épreuve. Il ne trouva pas la réponse et finit par s’assoupir lui aussi.

***

Le lendemain matin

Valérie se réveilla. Il lui fallu un moment pour réaliser qu’elle n’était pas dans leur maison mais à l’hôpital. Tout lui revint en mémoire. L’opération, la tumeur, la ponction, le cancer. Viggo dormait dans une position qui était loin d’être confortable. Il avait rapproché sa chaise et posé la tête sur le lit. Il semblait tellement serein qu’elle n’eut pas le cœur de le réveiller. Il n’allait pas accepter sa décision pourtant… pourtant elle n’avait pas le choix. Elle l’aimait et avait décidé depuis le début de leur relation qu’elle ne serait pas un obstacle à sa carrière. Il devait partir pour l’Europe, pour tourner ce film dont le titre provisoire était « La vie de Frank T. Hopkins ». Elle soupira tout en se demandant comment le convaincre. Il était aussi têtu qu’elle par moments et ce n’était pas peu dire. Au fond d’elle, elle devait reconnaître qu’elle voulait qu’il reste, qu’ils affrontent ce cancer hypothétique ensemble mais ce n’était pas juste pour lui. Elle ne résista pas à passer la main dans les cheveux désormais blonds, mi-longs, de Viggo. Sa main caressa sa joue rugueuse avant de faire mine de la retirer mais il l’en empêcha. Il goûta la caresse sur son visage, son parfum, le calme qui régnait avant la tempête qu’il savait venir dans peu de temps.

— Tu auras du rentrer.
— Je ne voulais pas que tu te réveilles seule, répondit-il en s’étirant.
— Viggo…
— Je sais.
— Tu sais aussi que je ne changerais pas d’avis ?
— Oui, acquiesça-t-il avec un sourire en coin qui la fit fondre.
— Tu… tu as eu Johnston ?
— Il m’a accordé 24h, après il cherche quelqu’un d’autre.
— Tu dois y aller, insista-t-elle.
— Je dois surtout prendre un café. Tu veux quelque chose ?
— Oui, que tu ailles tourner ce film et que nous assistions à la première ensemble. Et puis, j’aimerai bien que tu me présentes Omar Sharif, je l’ai bien aimé dans Le prince du désert.

Viggo secoua la tête en songeant qu’il avait du épouser la femme la plus têtue du monde. Il l’embrassa avant de quitter la chambre, passant la main dans ses cheveux emmêlés. Valérie le suivit du regard avant de fermer les yeux. Quelques minutes plus tard, on frappa à la porte. Une jeune femme posa un plateau avec son petit-déjeuner devant elle. Quand Viggo revint vingt minutes plus tard, elle n’y avait toujours pas touché.

— Tu devrais manger quelque chose.
— Je n’ai pas faim.

Il poussa un soupir, inutile de tenter de la raisonner. Il reprit sa place à son chevet ainsi que sa main, il noua ses doigts à ceux de sa femme et c’est ainsi que les trouva le médecin quand il arriva en fin de matinée.

— Bonjour, comment vous sentez-vous ce matin ? Demanda Lenco en approchant.
— J’ai connu mieux.
— Je suis navré mais le laboratoire a eu un problème technique, les résultats vont être retardé de plusieurs heures. Je suis conscient que l’attente doit être insupportable mais…
— Vous ne pouviez pas savoir, l’interrompit Valérie.
— L’opération est prévue pour demain. Un collègue de Phoenix, le docteur Langstrom, qui a déjà opéré une tumeur située à cet endroit, sera la pour m’assister.
— Y a-t-il des risques particuliers ?
— Toute opération comporte des risques, monsieur Mortensen. Dans le cas de celle-ci, il y a principalement celui que la tumeur ait atteint la moelle osseuse. Si, comme le montre les images du scanner, elle fait juste pression sur la colonne vertébrale, vous pourrez probablement retrouver l’usage de vos jambes, dans le cas contraire…
— En conclusion, il faut l’enlever pour le savoir, déclara Valérie d’une voix éteinte.
— Parfaitement. Langstrom devrait arriver en fin d’après-midi, je viendrais vous le présenter.
— Merci, docteur.
— Si vous avez besoin de quoi que se soit…
— Oui, j’aimerai vous parler un moment, répondit Viggo. Je reviens tout de suite.

Valérie hocha la tête et le regarda suivre le médecin pour s’entretenir avec lui dans le couloir. Il avait fermé la porte et elle ne comprit pas ce dont il parlait.

— J’aimerai que les journaux connaissent le plus tard possible l’état de ma femme.
— Je réponds personnellement du personnel de ce service, monsieur Mortensen.
— Je sais ce dont sont capables les gens pour un peu d’argent.
— Par mesure de sécurité, votre femme a été inscrite sous un faux nom, comme vous le savez sûrement.
— Oui mais je doute que cela soit suffisant. On nous a certainement vu arriver. Il y a toujours un ou deux journalistes à l’affût de ce genre de nouvelle.
— Souhaitez-vous que je demande un gardien ?
— Non, cela ne ferait qu’attirer l’attention.
— Nous n’avons jamais eu à déplorer ce genre de problème avec les personnes célèbres que nous avons traités mais je vais rappeler certaines règles de prudence à mon équipe.
— Merci, docteur.
— Je vous en prie.

Viggo le salua avant de retourner au chevet de sa femme qui regardait par la fenêtre. Le ciel était d’un bleu éclatant, le soleil brillait, cela aurait été une journée parfaite si…

— Tu m’as parlé ? Demanda-t-elle en arrêtant le cours de ses pensées.
— Oui, je te disais que le docteur va faire en sorte que tu conserves l’anonymat le plus longtemps possible.
— C’est donc cela qui t’inquiétait ?
— Entre autre.
— A quelle heure est ton avion ?
— Valérie, nous en avons déjà discuté et…
— Conclut que tu devais te rendre au Maroc pour tourner ce film, l’interrompit-elle sèchement.
— Bon sang, tu…
— N’en démordras pas. Tes valises sont prêtes, tu as juste à passer les prendre à la maison et à filer à l’aéroport.
— J’ai quand même le droit de décider si… Que fais-tu ? Demanda-t-il en la voyant prendre le bouton pour appeler l’infirmière. Valérie, qu’est-ce que…
— Vous avez besoin de quelque chose ?
— Oui, du service de sécurité, répondit-elle avec détermination. Vous pourriez appeler quelqu’un, s’il vous plait ?
— La sécurité mais…
— Faites ce que je vous demande, mademoiselle, la coupa Valérie sèchement.
— Bien, fit l’infirmière avant de s’éclipser.
— Tu ne vas pas…
— Je suis désolée Viggo, je refuse que tu restes une seconde de plus dans cette chambre d’hôpital. Tu as un travail à faire, des gens comptent sur toi et…
— Tu vas me faire jeter de ta chambre ?
— C’est… c’est l’idée générale, effectivement, répondit-elle en évitant de le regarder dans les yeux.
— Excusez-moi, vous avez demandé un agent de la sécurité, fit un grand noir baraqué après avoir frappé.
— Oui, j’aimerais que vous raccompagniez ce monsieur à sa voiture et… et qu’il n’ait plus accès à cette chambre. Je ne veux plus le revoir.
— Sauf votre respect madame, ce monsieur est votre mari.
— Exact.
— Et vous voulez qu’il parte ?
— Oui. Il me semble que je peux encore choisir qui peut venir me rendre visite ou non ?
— C’est votre droit. Monsieur… si vous voulez bien.
— Je m’en vais mais…
— Ne rends pas les choses plus difficiles… s’il te plait.
— Je t’appellerai, dit-il avant de l’embrasser tendrement.
— Pardonne-moi, murmura-t-elle.

Il récupéra sa veste et précéda l’agent de la sécurité qui ne comprenait rien à ce qui venait de se passer. C’était bien la première fois depuis sa longue carrière, qu’une femme mettait son mari à la porte de sa chambre. L’infirmière refit son apparition quelques minutes plus tard.

— Vous avez besoin de quelque chose ?
— Cette fenêtre donne sur le parking ?
— Oui.
— Vous pouvez approcher mon lit, s’il vous plait ?

***

Viggo décrocha son portable dès qu’il fut sortit du Cedar Sinaï. S’il n’était pas là pour veiller sur elle, quelqu’un devait s’en charger et il ne voyait que deux personnes capables de tenir tête à sa femme. Son premier correspondant répondit à la deuxième sonnerie.

— Allo ?
— C’est Viggo.
— Tiens, je pensais à toi justement, je viens de lire un article sur toi dans… quelque chose ne va pas, s’interrompit Orlando en réalisant qu’il y avait quelque chose de bizarre dans le ton de son ami.
— Tu n’as eu personne depuis hier soir ?
— Eh bien, je suis dans l’avion qui me ramène à Los Angeles, j’ai passé quelques jours avec Raf, donc non. J’ai essayé de joindre Lij pour lui fêter son anniversaire hier mais personne n’a répondu alors qu’il était assez tôt… Il s’est passé quelque chose ?
— Valérie est au Cedar Sinaï. Attends un instant, déclara Viggo qui s’installa au volant de sa jeep pour poursuivre la conversation à l’abri d’oreilles indiscrètes.
— A l’hôpital ? Mais pourquoi ? S’inquiéta aussitôt l’anglais.
— Une tumeur… ils ne savent pas encore si c’est cancéreux ou non. Elle vient de m’interdire l’accès à sa chambre sous prétexte que je dois commencer un tournage au Maroc.
— Ça ne m’étonne pas d’elle, fit Orly avec un sourire dans la voix. Ecoute, je devrais être à l’aéroport d’ici deux heures.
— Ok, je t’attendrais.
— Tu vas partir ?
— Je ne sais pas encore, avoua Viggo en coupant la communication.

Il lança son portable sur le siège voisin et posa sa tête contre le volant. Il ignorait ce qu’il devait faire. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il ne voulait pas la perdre et que si les choses tournaient mal, il serait à des milliers de kilomètres de là. Il ignorait que quelques étages au-dessus, Valérie l’avait suivit du regard et monter en voiture. Elle regarda la jeep démarrer et ne put empêcher ses larmes de couler, la main posée sur la vitre.

A suivre...
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Rencontre d'un certain type - Scilia

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